I.VI I.K PANCKIOI \MSMi: l'II 1 1.( )S()I'II lOlK
tk' mois pour nous iiiodciiics, à (|iii llüal paiail cliose toute temjjoiellc, el <|iii Icnoiis la science j>()ur licl(''r()ü:cnc roiicicicinciil à la icliinioii. N'csl-cf |)as jusleiiicnl la lilléi'alin'c tlu'oloi^icuie, (jui nous a liahilués à (Iislinu:u('i' cnlic le l(Mn|)oiol ot le spiiilucl, entre le savoii* el la croyance? Mais celle lilléialure, [)OUi- l"'i*ie(lr'icii Sclilei;-el, esl (h'-jà allcinle de dualisuie ,u:il)elin. Dans le clirislianisnie, rinléfi:!'ilé de I ànie est totale. ]^a rt'llexion ne s'y sépare pas de la foi révélée. Le lonianlisine calliolifjue adople doue l)ieu la philosophie de I^'iclite. à la eondilion (jn on y comprenne tout le lidéisme de .lacohi cl a\cc lui lous les synd)oles de la loi Iradilionnclle. De même lunilé de la \le, j)oui' les eallioliijues est tolale : c'est [)oui'quoi l'I^lal, selon Schletjel, doil être eliiélien, laute de (pioi il serait un s(]uelelle nioil, (jue la poussière attend. La seule véiité est la vie. Or, de la vie ou a le sentiment, et non rintelliu:ence. Le privilège allemand est ce sentiment inaltéré de la vérité vivante; et l'ohscurilé allenuiude. dont se plaign<'nt les étrangers, n'est que l'inslinet d'une destination non encore atteinte. Cette destination consiste pour le peu[)le allemand à hâter l'avènement de l'ordre moral dans le mon(l<' |)ai- l'hégémonie temporellement réalisée de la spiiilualilé allemande el chrélienne.
Ainsi se trouve résolu, par la marciie historique des événements, le problème posé par la philosophie allemande: et cette marche se prolonge i)ar des espérances qui sont toutes en laveur du germanisme. Faut-
PHKFACE I-VII
il donc croire que la métaphysique allemande tout entière soit viciée dans ses sources? Quand tous les métaphysiciens allemands auraient concouru à faire au peuple allemand sa mejilalité d'orgueil, ce ne serait pas une raison suffisante pour incriminer leur méthode métaphysique.
La philosophie allemande est une doctrine de la vie. Elle explique et interprète la vie à tous ses degrés, existence inorganique et organique, vie de l'âme et de rintelligence, vie des groupements humains, de la famille, de la société, de l'Etat, de l'humanité. Cette vie, elle en décrit l'activité et elle définit cette activité par sa fin. Elle ne conçoit cette fin que posée dans une pensée créatrice oîi sont fondées toutes les existences individuelles et collectives, ('onsidérée par cet aspect la philosophie allemande n'est que la religion cherchant à se comprendre. Ce n'est pas la méthode de sa réflexion qui est vicieuse. Mais Yobjet de sa réflexion étant une fervente croyance, toute la philosophie allemande est restée colorée de ce contenu religieux. Elle n'a pas plus de tares que les autres religions ; mais elle a les mêmes tares. Les religions évoluées sont une façon de concevoir l'existence des individus ou l'existence des collectivités comme prévue dans l'ordre universel de façon à n'en plus pouvoir disparaître. Dans le flot de ce qui passe, l'eff^roi, la tendresse et l'orgueil de l'homme essaient de fixer ces points immobiles : l'existence de son âme et l'existence de la cité qu'il aime. Il confie ces deux existences aux dieux qui veillent et qui ont le pouvoir magique d'assurerla durée. Toute religion occidentale est doctrine de la prédestination.
IXIIl I.K PANGERMANISMIC l'ill I.OSOI'II I(,)UE
()ii ne (loil pas s'étuiiiuT que, dans le peuple allemand, aux années de détresse, entre 1806 et i8i'3, les sources de la vie reliiçieuse aient jailli passionnément. Il est seulement remarquable que les relia^ions établies n'aient pas bénéiicié seules d'une dévotion accrue. Vue relii^ion nouvelle s'est l'ondée, d'ordre social, (pii, avec cette l'erveur, n'avait jamais existé que dans la France révolutionnaire menacée. Elle prit toutefois dans les milieux cultivés (lerAUemag^nedcslbimes méla[)hysi(iues qu'elle n'avait pas pu prendre en France, où les mêmes habitudes de pensée n'existaient pas.
L'âme de l'AUemas^ne, ne voulant pas périr, décréta dans un immense élan reli2:ieux (pi'elle était fondée dans l'éternel. A cela, rien que de légitime. On ne peut rien reprocher à une nation qui alimente son espérance cliancclante de cette foi qu'aucune âme de peuple ne périra. Chez le peuple juif cette croyance avait été incroyablement vivace. Le peuple allemand a puisé sa foi aux sources' bibliques juives. De là peu à peu un glissement de la doctrine. L'orgueil immanent à cette croyance biblique, joint au fanatisme déchaîné par la lutte d'alfranchisscment, propage dans le peuple allemand un délire religieux qui lui fait croire, comme aux Juifs, qu'il est le seul peuple élu. Les Juifs alléguaient leurs .luges et leurs Prophètes. Les Allemands allégueront leurs Uéformateurs oul'onction donnée séculairement à leur empereur. Le peuple allemand n'affirmera pas seulement sa vie éternelle ; tous les autres peuples, il les dépossédera du droit et de la capacité métaphysiques de vivre. Il les dira morts, des cette vie. Les Latins retombent en poussière, dès