‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 17 sur 135 · I.XVI Li: PAN(;i:i!MA\ISMK IMIILOSOlMIIori · texte numérisé non relu

I.XVI Li: PAN(;i:i!MA\ISMK IMIILOSOlMIIori

d'Auguste eureiil le inalliciif de rencoiili'cr en (Icrnianic un peui)le aulrenieut dani^eicux ([ue « ce (eu de i>aille du pays des ('.elles et (pic lélau de ses patriotes ». Au eoutraire, la dynastie de Prusse commande à ce peuple dani<ereu\ (|ui bal lit \ aiiis. Et c'est pour([uoi le grand fantôme que Drusus avait vu se dresser sur le bord de l'Klbc et qui lui ciia : « Arrière ! » ne cessera pas de dominer l'horizon ( i).

Depuis lors la (iermanie est en marelie : et son empire est plus durable <pie celui de Rome, parce que, pourvu de toules les qualités romaines, il a su éviter les fautes des Romains, et qu'il ne renconln; pas d'ennemi qui soit son égal.

Mais si Tamphictyonie des Grecs n'a pu subsister devant le choc de Rome, et si la Rome inq)ériale n'a pu supporter le choc des (iermains, comment a pu être fondée cette Allemagne qu'il faul plus durable que la Confédération achéenne et que rEnq)ire romain? C'est le grand secret }i()liti(iue de la transformation d'une confédération diktats en Etat fédératif. Seuls des peuples germani(pi('s ont pu pénétrer jusqu'à ce secret. Sur l'histoire de la Suisse, <les Pays-Bas, des États-Unis, Treitschke fait cette étude d'histoire comparée. Ce sont les pays classiques de la vie fédérative. Pays de contrastes, tous trois : la Suisse, avec ses contrastes de climats et de religion, avec- ses vieux cantons ruraux opposés à ses villes: la Hollande, avec l'antagonisme de ses villes mari-

sions j^énérales nous soiil connues |)ar un discoui.s ilu24 niarsiiSbi, que l'on trouvera dans les lirdcn tind AiiJ'saetze, 190Ö.

(i) « Mais ce cri (VA/'i-irrr .', dit .Moiuuisen, nous le traduirons par : /•./* cn'iint ! "

PRKFACE LXVII

times zélandaises, de sa démocratie rurale frisonne, de sa noblesse belliqueuse des Gueldres ; les Etats- Unis avec leur aristocratie de planteurs au Sud, leur démocratie commerciale au Nord, leur libre agriculture dans le Far-West. Que nous enseignent ces trois grands peuples ? Que la confédération ne se transforme spontanément en Etat tedéralif que dans les démocraties. L'Etat fédératif suppose deux conditions : I" il faut que les membres de la confédération soient juridiquement égaux; 2" il faut que le pouvoir ceniral ne coïncide pas avec un des pouvoirs fédéraux. Conditions irréalisables toutes deux en apparence, si le pouvoir exécutif du Bundesstaat appartient à une dynastie. En Suisse, il n'est pas vrai, comme le croyait Zwingle, que « Ziïricb et Berne soient les bœufs qui traînent le char » : aucun helvétisme unitaire n'a pu s'établir. ]\i la prédominance de la province de Hollande aux Pays-Bas ni celle de la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis ne fondent une hégémonie. En Allemagne, il faUul briser les princes, avant de leur faire accepter l'Empire. Mais pourquoi se contenter de l'Empire fédératif, alors qu « entre la Prusse et ses confédérés il y a la dilférence de la puissance à l'impuissance » ? C'est là le secret allemand. La forme du Bundesstaat semblait interdite à l'Allemagne. Pourtant la force prussienne l'a créé : c'est que cette force fait prospérer les libertés qu'elle a su ménager. Ainsi se continue, dans des variantes nouvelles, la pensée de Fichte et de Hegel. De la comparaison entre la destinée allemande et les destinées des autres peuples, ces philosophes avaient conclu que

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