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Très net chez Uat/el, nienaeanl chez Ailhiir Dix, le plan est beaucoup plus mas(pié dans riiistorien Karl Lamprecht. Il n'y avait pas de société paciliste internationale oîi ne figurât ce [)an}<erinaniste notoire, mais pas d'association de panLïcrmanisme militant oîi ne figurât ce pacitiste. Comment cela se peut-il ? Il ne tant pas le soupçonner de duplicité. In Allemand est un vivant antagonisme. Il est très capable de se dire pacifiste et d'exiger une fiolte qui « suffise à cette exigence première et dernière, l'anéantissement de l'ennemi (r) ». Ces velléités sonteiles conciliables?
« Qu'elle se répande donc à travers le monde, s'écrie Laniprecht, cette culture allemande de la guerre et de la paix ! fai >
Quand Lamprecht adhère au Verein für üiternationale Verstaendlgii/ig-, il propage « la culture allemande de la paix ». Quand il demande F« anéantissement de l'ennemi », il propage « la culture allemande de la guerre »; dans les deux cas, il est toujours un pionnier de la « culture allemande ». Mais, « l'anéantissement de l'ennemi » est « l'exigenGe première et dernière ». (]ette exigence satisfaite, il y a place pour la culture de la paix.
La chance de Karl Lamprecht, iini)atient sa vie durant de généralisations histori([ues dont il n'avait pas la force, a été de rencontrer à Leipzig un homme d'idées générales vigoureuses, Friedrich Ratzel. Il a pu alors greller sa sociologie historicpie fragile sur une sociologie géographique plus robuste. Mais il a
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PREFACE
été saisi à jamais par la pensée pangermaniste de Ratzel. Il g-lissait ainsi dans le sens de son inclination. Ses cours périodiques sur la î^uerre de 1870-71 à ri niversité de Leipzij? avaient toujours eu un succès de chauvinisme qui déchaînait jusqu'au délire le trépignement par lequel les étudiants allemands témoignent leur enthousiasme. Lamprecht est exac tement l'homme de sa doctrine; pour lui, toute la difliculté avait toujours été de savoir com»ment se concilient, dans leur influence historique, les mouvements 'd'une pensée sociale {soziale Psyche), où nous plongeons tous, avec l'action des génies qui en émergent. Il est emporté dans la grande marée de la mégalomanie collective des Allemands. Mais rencontre-t-il un vigoureux nageur, comme Hatzel, qui a choisi d'en suivre le courant le plus furieux, il se laisse prendre à la remorque.
Toute sa vie, Lamprecht s'était demandé à quoi tiennent les fluctuations de la conseience collective des peuples. La lecture de Marx l'avait convaincu que ces fluctuations sont dues à des causes économiques et à des luttes sociales. Alors Ratzel survint. Sans doute, la conscience collective est une mer traversée de courants. Encore lui faut-il un récipient. Elle a un fond sur lequel elle roule et qui fait sa pente, des digues qui la limitent. C'est le territoire qui fournit ces limites et ce fond. L'Allemagne, depuis des siècles n'a que deux frontières fixes, la mer au nord, les Alpes au sud. A l'ouest et à l'est, ses lisières ont toujours été mobiles. Pourtant même au sud, l'Allemagne, un temps, débordait. Ratzel, comme Bismarck, tient la Triple Alliance de 1878