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pour la rcstaiiiation de raïuieii Saiiil-l^iipiro des Holiciislaurcn, t'iciuhi à l'Ilalie (i). Des raisons de eommei'ce, des raisons de sùrelé niililaire, de vitalité expansive la [)0ussent. INIais la c^éographie a toujours délimité le bassin oii devait se répandre la eouléc germanique.
De ee grand eorj)s du Saint-Empire, il reste une masse, solidement reconstituée en i8jo. Autour, eomme des moraines égarées par le glissement du vieux glacier médiéval qui s'est retiré, restent des blocs détachés : la Hollande, la Belgique, la Lorraine, l'Alsace, la Suisse; beaucoup d'enclaves dans les pays baltiques, la Transylvanie, jusqu'au fond de la Russie, attestent l'esprit aventureux d'une ancienne émigration. Comment le peuple allemand n'essaierait-il pas de réunir à lui ces fragments épars du germanisme? Pourtant la gloire de l'Allemagne, après avoir été longtemps sa plaie, c'est son émigration moderne. Elle date de la Renaissance. Les massacres de la guerre de Trente ans l'avaient interrompue. Au xix*" siècle, elle reprend. Des explorateurs, des savants, des commerçants, des missionnaires ouvrent les voies. Est-ce seulement pour connaître ? Il n'y a pas une de ces tentatives (|ui n'ait été, au fond, orientée vers des fins de puissance; et les plus désintéressées sont celles qui ont été les plus fructueuses prali(juement. Une fois les voies d'accès connues, le développement capitaliste y a poussé ses locomotives ou ses paquebots. Main-
i) Lamprecht, Deutsche Geschichte der Jüngsten Vergangenheit und Gegenwart, 191'i. t. 11, p. 222.
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U'iiaiil tous les continents, le Brésil, les États-Unis, les côtes de Chine sont peuplés d'Allemands. Et si « la mer qui trempe l'énergie morale, émancipe aussi le regard de l'esprit », comme le redit Lampreclil apiv's Hegel et Ralzcl (i), quoi d'étonnant que la nation allemande, enrichie, drue de capitaux impatients de se placer, gonflée de produits industriels à écouler, veuille diriger cette expansion dont ses citoyens, par millions, ont pris la libre initiation durant un siècle?
Quelle politique tirer de là ? Celle que dictera à la jalousie et à l'appétit allemands la comparaison avec les autres grandes puissances. Quelle apparence que la Russie, sans industrie adulte, la France sans natalité puissent exploiter leurs innnenses territoires? Dans le monde, ce qui décide, c'est la natalité et la puissance économique. Le globe est fait à souhait pour l'Allemagne et pourtant il n'appartient pas à l'Allemagne. Dans l'Amérique du Nord . le germanisme, qui a tant fait pour les États-Unis, sera absorbé par la nation américaine. Après avoir tout fait pour le monde, le germanisme européen, avec ses ramilications au dehors, sera-t-i! absorbé par la nation anglaise ?
Ainsi l'Allemagne, qui ne craint ni la France dépeuplée ni la Russie arriérée, et qui croyait avoir l'Autriche-Hongrie et l'Italie pour vassales, se reconnaît deux rivales aussi : l'Angleterre et les États- I nis. Périra-t-elle entre les deux, comme autrefois
[i] V. plus bas, p. 14-.