‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 27 sur 135 · PREFACE XCI · texte numérisé non relu

PREFACE XCI

plus philistin des peuples de se dire grec ; aux plus hyperboréens des barbares de se dire chrétiens. L'esprit européen se forgera d'un alliage plus complexe, que le creuset allemand ne peut pas contenir. Depuis lors, la querelle est ouverte sur la question de savoir ce qui est allemand et quel privilège de race ou de culture doit enorgueillir le peuple allemand. La domination politique est vaine sans un tel privilège ; et sans lui, elle n'est même pas certaine de durer. C'est l'inquiétude que trahissait, en 1890, un livre brillant, contesté, admiré, d'un écrivain qui épuisa par lui sa verve, mais qui, d'emblée, conquit la gloire : Rembrandt éducateur (Rembrandt als Erzieher), de l'archéologue Julius Langbehn.

Insolent livre dont le titre pastiché trahissait la rivalité avec Nietzsche. Le contenu par surcroît était anti-wagnérien et anti-nietzschéen à la fois. Il combattait en Wagner la révolte du Sud allemand et affirmait la suprématie du Nord. Il combattait en Nietzsche l'européanisme. pour affirmer la suprématie pangermanique.

Pourtant le problème qui se posait à l'Allemagne d'après 1870, personne ne l'avait discerné avec autant de perspicacité que Richard ^Yagner;et c'est au problème de Wagner que s'attaquaient tous ces jeunes pangermanisles, même quand ils se cUsaient anti-wagnériens. Que l'Allemagne de 18-0 fût forte, personne n'en doutait. p]lle était savante aussi, c'était l'évidence même. Mais de quelle qualité était sa civilisation intellectuelle ? Là-dessus les plus délicats, en Allemagne même, étaient pris d'hésitation. Ni la prédominance militaire, due à un bon corps

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