PREFACE CXI II
origine. La Renaissance nest donc pas un fait de contagion mentale ; elle n'atteste pas l'influence brusque de l'antiquité retrouvée. Elle est un fait de race; et la floraison des génies dans des régions longtemps infécondes commence lorsque le mélange est assez étendu et assez profond avec les Germains (i).
C)n n'ajoutera rien de pire à cette série de sophismes, quand on aura dit que Woltmann les recommence pour la France. Est-il vrai que les formes essentielles du style roman, les chapiteaux cubiques à ornements végétaux et animaux, sont des vestiges de rarcliitecturc en bois germanique, ou que les cloîtres reproduisent la loggia (Laube) du primitif chalet francique et alémanique ? Quand ce serait vrai, qu'est-ce que cela prouverait si ce n'est une migration de motifs ornementaux? Woltmann veut que tous les grands constructeurs de cathédrales soient des Germains. De ce qu'Eudes de Montreuil, Raoul de Coucy, Hugues de Yézelay portent des prénoms pris à l'envahisseur, il conclut à l'identité de sang. On affirmerait avec autant de raison que nos prénoms bibliques ou grecs ou romains attestent une origine sémitique, grecque ou romaine. Vieilles erreurs de méthode, trop souvent dénoncées. La langue et l'onomastique d'un peuple peuvent avoir changé de fond en comble, que cela ne prouverait rien sur le mélange de sang qu'il a subi. Etudier deux cent cinquante portraits
(i) L. WoLTMANX, Die Germanen und die Renaissance in Italien,
CXIV I.F: l'.VNflKRMAMSMi: IMII I.OSOPIIIQL E
(riiomines illuslres, l'aire élat chez Montaij^ne de son U'iut IVais. chez La Fayette de ses yeux bleus, chez Mirabeau (U^ sa crinière blonde, chez üanton de sa carrure aUihliiiuc, c'est superposer des puérilités physiolo'2;iqiit's auv puéiilités philolo'J:i<iues. Et à ([uelle conclusion veut-on en vi-nir? Si tous les I)euples supérieurs sont içernianiques dans leur élite ; si tous les événenienls les plus graves de riiistoire de la civilisation n'ont été ([ue des luttes entre héros et nations germaniques, il est bien évident ({ue le globe appartient aux Germains. Mais appartiendra- t-il aux Allemands?
La domination (hi globe est promise aux Allemands, s'ils sont seuls à ne pas s'appauvrir en hommes blonds. En France, dit Woltmanu, lesblonds les plus énergiques ont dès longtenq)* émigré. On les retrouve au Canada ou en Louisiane, oîi ils sont perdus poui- la métropole. Ils émigrent dans les villes et s'y consument. Les guerres civiles, la persécution des Huguenots, les massacres de la Révolution les ont décimés. Mille mesures restrictives, le célibat des prêtres, la médiocre natalité générale, les empêchent de se nuiltiplier. Pour toutes ces raisons le courage l'rançais et la force d'expansion française diminuent. 11 reste donc que la lutte [»our la nuiîlrise du globe se concentre entre les nations de race germanique pure, de celles qui font souche de blonds depuis des siècles, et dont tous les autres peuples tiennent leur part d'héroïsme et de génie. Si la grandeur d'un peuple ' se mesure à la (piantité de conditions défavorables qu'il a su vaincre, nul doute (juc la plus grande