PREFACE CXIX
Gomment la nation allemande a-t-elle résisté? Eile trouvait les Celles chez elle, sur l'Elbe et sur le Danube. Ils rinfestaient du dehors. Des missionnaires irlandais ou gaulois lui apportaient leurs arts et le narcotique de leur religion. Par eux une sagesse d'eunuques lui était inculquée en paroles latines. Aujourd'hui encore, en foule, des prêtres (qui ne sont jamais blonds, mais gras et bruns, comme des Celtes) poursuivent cette tâche d'assoupir le fauve germanique. Plus subtilement encore les Celtes apportèrent leur culte sensuel et mièvre de la femme. La vertu allemande y résista. Pas une légende celtique qu'elle n'ait transposée en chevalerie spirituelle. A cela deux causes : i" la femme allemande, restée robuste et de tournure masculine, comme il convient à un peuple martial, ne se prête pas à ce culte de son sexe; 2" le peuple allemand, pour son bien, est peu artiste. Il reste pareil à ce qu'il fut, quand trois cents évêques réunis à Fulde (794 ap. J.-C.) répudièrent le culte des images. Ainsi la Réforme, qui brise les images des saints, avant tout, est une lutte de races : un déchaînement plébéien impétueux et dionysiaque contre une discipline sociale et contre des façons de penser qui sont contraires au sang germanique lui-même. Depuis le xvi" siècle, les deux civilisations, l'une dite catholique, en réalité celtoromaine, sensuelle, imagée, artiste et fine: l'autre dite protestante, en réalité germanique, iconoclaste et morale, s'alTrontent sur l'ancien lunes des Romain«, oii elles sont retranchées séculairement. Tous les grands poètes, l'humanisme et Gœthe, sont avec la culture imagée ; tous les grands philosophes tiennent