‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 37 sur 135 · CXX. l.K 1'AN(U:HMAMSMK 1'IIIL()S()1MII()UK · texte numérisé non relu

CXX. l.K 1'AN(U:HMAMSMK 1'IIIL()S()1MII()UK

pour la c'tilliirc inoi-ale. Ce coiillil pcrprhic de vieux aulau^onisnics iuscrils dans la race allemande ellenièuie. T/Alleina'J:ne aurail |)eut-ètre |)éri dans le seliisnie et dans les uiassaeres, sans le [)eu|)le saxon <(ui s'est Ibi'nié au uoi-d el au uoi'd-esl, d'un auli-e mélange. On l'appelail welle au moyen àj^e ; ou \'i\]}y>elle |>i'ussien aujourd'hui, lue troisième Allemagne est née, slavo-j^ermani(pie el ré[)utée baihai-e, mais (jui fut en réalité rénovatrice de la enllnrc allemande. C'est anx Prussiens, à ce peuple IVusIe, mais liéroï([ue, (pi'il appartient de sauver le germanisme, dût parfois l'étreinte dont il le sontient èlre un peu trop vigoureuse. Mais les hauts faits du j)euple allemand, ainsi préservé de la dissolution, Dricsmaus n'éprouve pas le besoin de les j)ré(lire : ils seront tels (pie les voudra la supériorité raciale démontrée de ce peuple.

Il ncn est jias moins vrai que le mélange germanoslave parait même à Driesmans un solide alliage d'où tirer une civilisation. Ces éducateurs nouveaux de l'Allemagne savent assez d'ethnographie, malgré leur dilettantisme, pour ne pas ignorer qu'il n'y a pas de races sans mélange. Ce n'est pas à dire qu'ils tolèrent le mot scandaleux de Virchow : « Qu'est-ce qu'une race j)urc? C'est une énigme, dont personne ne sait le sens, en ce temps d'égalité des droits. » Selon eux, il est d'une iuq)ortancc vitale pour les nations de ne pas s'abâtardir.

Le théoricien de cette pureté nouvellement définie est Houston-Stewart Chamberlain. C'est iwi

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wagiiérieii miliLiuit et ciiUivé; et par lui le cercle se referme qui, par Richard A\ agner, ramène à Ficlite la pensée allemande contemporaine. Il faut dire que, s'étant longtemps occupé avec compétence de physiologie végétale, il apporte dans ses définitions une précision qui fait défaut souvent aux ethnographes dilettantes qui collaborent avec lui à la Politisch-Anthropologische Revue. Ses thèses, les voici.

Il n'y a pas de race originellement supérieure. C'est là une chance ; car aucune race ne s'étant conservée à l'état de pureté, il faudrait désespérer d'en voir une seule donner la mesure de ses aptitudes, si cette pureté était requise. La terreur éprouvée par Gobineau de voir se réaliser le chaos des nations, est superstitieuse. Les races deviennent nobles et pures, conmie les arbres fruitiers, i)ar greffe et par croisement. La sélection des bêtes de race précieuse se fait par un savant dosage de sang ; et la seule pureté qu'on réclame d'elles, c'est de conserver cet heureux dosage. Est-il besoin de dire que tous les éléments qui y entrent ne valent pas également? Il y a des germes de croissance plus vigoureux en quelques races. Chamberlain croit aussi avoir observé qu'une prolifération dans un milieu sévèrement restreint intensifie les ([ualités des races d'élite. Les peuplades grecques et romaines ou les plus nobles tribus germaniques, les Francs et les Souabes, sont restées ])ures de mélange longtemps. Leur sang n'était-il pas déjà composite? Enigme de la préhistoire. Le préjugé de la pureté n'est pas entièrement dénué

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(le roiuk'iucnl dans les races et dans les castes. Il reste ([n'en lait il n'y a plus depuis long^temps de races pures et (jue les peuples les plus grands sont nés de niélanu:es apiu'opriés, d'élémenls ])eulètre eux-mêmes complexes. La civilisation greccjue la plus haute n'a surgi qu'après les migrations (|ui, de l'est à l'ouest, et inversement, mèlèient toutes les tribus helléniques. Les Romains sont nés de deux tribus latines mêlées à une tribu sabine. Les (îermains purs étaient de nature trop brutale. Kn Bourgogne, oîi ils se mêlèrent aux Latins, il naquit une race riche en grands hommes. Plus au nord, quand les Francs se greffèrent sur une population gallo-romaine, il surgit vraiment un type nouveau d'humanité. L'Allemagne du Sud, à laquelle appartiennent Gœthe et Schiller, ne doit sa supériorité (ju'au mélange de sang celtique et germanique. La Saxe serait moins féconde en talents, sans la rencontre des Germains et des Slaves qui s'est faite sur son sol. A Berlin, la fusion des Brandebourgeois germano-slaves avec les huguenots français a donné une population d'hommes très vigoureux de caractère et très doués. Seulement, c'est un petit nombre de ces mélanges qui réussit et on n'en sait pas d'avance le succès. Comment pouvait-on prévoir la mine chétivc des métis issus de Péruviens et de Paraguayens? Il n'y a pas de laboratoire ethnologique oïl puissent se faire des expériences de recherche. Ces expériences, l'histoire les fait en grand. Le malheur est que cette expérience des peuples, quand elle est achevée, a aussi consommé leur destinée. Après Marius et Sylla, quand se

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généralisa l'affranchissement des esclaves, des torrents de sang: africain et syrien passèrent dans le sans; romain. Cette Rome métissée ne fut plus capable d'imposer au monde sa supériorité.

L'enseignement que la science naturelle ne peut encore nous donner, la science historique doit le dégager. Sa tâche est de mettre en lumière cette loi sacrée du devenir des hommes, à savoir que « la nation est le récipient où se forme la race ». Une nation ne se forme pas par une analyse chimique, préoccupée d'isoler un élément pur. Elle naît d'une lente synthèse organique. L'apparition des héros et des génies tient aux qualités élaborées dans cette grande synthèse populaire. Ladestinée de notre peuple est confiée à chacun de nous. A nous de dire si nous voulons ou ne voulons pas nous ennoblir, et quels mélanges de sang nous consentirons, pour que notre civilisation soit productive de grands hommes. La vie de l'esprit se réalise en chacun de nous par le corps. Ce que nous pouvons acquérir par l'emprunt des idées est peu de chose auprès de ce que nous enseignent les cent mille ancêtres dont la voix se fait entendre dans notre sang. Aucune Renaissance ne s'apprend. Les Grecs et les Romains ont pu réveiller des forces endormies. Mais Dante serait plus original, s'il n'avait connu ni Virgile, ni saint Augustin. Xi Shakespeare , ni Michel-Ange ne savaient le latin. La culture vraie se prépare et se transmet par hérédité physiologique.

On le voit, l'éternel problème revient toujours, fuyant et fatal, et sur le([uel il ne faut pas se tromper : qu'est-ce que la culture de l'esprit et comment

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pciit-on la perpélucr ? l^llc n'est ni le savoir, matériel ou lliéori(|ne, ni la civilisation, économique ou intellectuelle. Découvrir nialéiiellement la lene, organiser en un système de notions les connaissances ainsi acquises, vjilà le savoir. Exploiter la terre j)ai' les moyens a2:ricoles ou industriels les plus appropriés, ovij:aniser des .ü:roupcmcnts humains qui vivent dans des cités ou dans des églises, pour (jue l'ordre social soit assuré, voilà la civilisation. Avoir uiu' philosophie de la vie, religieuse et morale, et l'extérioriser par l'art, voilà seulement oîi commence la culture de l'esprit. Ce sont trois plans superposés de l'activité extérieure et mentale. Entre eux, il n'y a pas nécessairement communication. Il y a des races expérimentées et industrieuses, qui sont très savantes et civilisatrices, mais incapables à jamais de culture supérieure : les Juifs et les Chinois sont de ce nombre. 11 y a des races presque tout à fait étrangères à la civilisation économique et politique, comme les Indous, qui sont inliniment savantes et d'une haute culture. La destinée d'un peuple est consommée, selon qu'il a choisi de se mêler à une de ces races civilisées, mais non cultivables ou cultivables et non encore civilisées.

Ce danger est grand, Chamberlain nous en prévient, comme autrefois Fichte, Paul de Lagarde, Constantin Frantz et Richard Wagner. Nous avons une tribu hébraujue installée dans les interstices de notre société. Pas de race plus vraiment matérialiste et idolâtre, plus pauvre d'instincts religieux; pas de race non plus dune volonté plus énorme, et d'un aplomb plus véjiément. « Seuls les Israélites

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sont des hommes vrais, » disait Philon le Juif; et le Deutéronome prédisait (cliap. VII, 6) à Israël : « Tu dévoreras tous les peuples que le Seigneur le donnera. » Entre ces hommes, durs de cœur et dinlelligence limpide, mais étricpiée, et les Aryens, confus, fous de la joie de vivre, pillards et ivrognes, puis brusquement arrêtés par l'énigme de la vie et noyés dans leur rêve, quelle ressemblance ? (^u'on ne nous cite pas Thomme qui surgit en Palestine et qui proclama le premier que le royaume de Dieu est intérieur. Ce fut un Galiléen, du pays des païens {GelLl hagi>oylm), de la région dévastée au temps des guerres assyriennes, et qui se reconstitua par infiltration d'hommes blonds venus du Nord. C'est un Aryen blond que Jésus ; et les Germains reprennent un héritage aryen, quand ils se disent chrétiens.

Cette nation toutefois des Germains, Houston- Stewart Chamberlain veut qu'on lélargisse. Il veut qu'on y comprenne toutes les grandes races du Nord. Les Celtes géants et blonds que décrivaient les historiens romains, faits pour la guerre et l'aventureuse migration, sont mystiques entre tous les peuples, comme l'atteste VÉpitix^ aux Galates ; ils ont fourni lous les grands théologiens d'Irlande, Scot Érigène et Duns Scot, ou le grand platonicien breton Pierre Abélard ; ils ont créé une poésie celtique, supérieure par la profondeur à toute poésie franque : ils méritent vraiment le nom de Germains. Et comment refuser de reconnaître une race supérieure dans les Slaves? Ils ne sont pas du tout nécessairement des mufles camus coilfés de cheveux

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plais et noirs coinnic on se l-es ligure en Allemac^ne^ mais grands o[ Monds dans tout le Nord et dans l'Esl russe, ou en Pologne. Ils sont, plus que tout autre peuple, dans leur variété serbe, attachés à la lidélité, à riionneur plaeé au-dessus de tous les biens. Ils ont fondé, par les Tcliè(|ues, le eliristianisuie luissile. Oui certes, ils méritent d'être appelés une nation germanique.

Par Germains, Chamberlain entend donc une race préhistorique, d'oîi sont sortis par sélection les Germains purs, les Celtes et les Slaves. L'histoire de l'Europe septentrionale, c'est-à-dire la seule qui compte depuis les Grecs et les Romains, est l'œuvre collective de ces trois races sélectionnées. Le [)angermanisme de Chand)erlain est le plus raffiné (]u"il y ait eu, parce qu'il se hausse jusqu'à ce degré d'impartialité et jusqu'à ce vaste plan d'avenir qui demande aux Celtes et aux Slaves de continuer avec les Germains purs une collaboration Iraternelle, oii ces derniers toutefois seront les chefs.

La doctrine romantique d un Friedrich Schlegel revit ainsi dans Chamberlain. Il croit décrire, ([uand il parle des Germains, la seule histoire qui soit comparable à celle des Grecs, parce que seuls les Germains ont des aptitudes universelles connue celle des Grecs et (pie, très solides par le savoir et par leur facilité à se civiliser, ils sont cependant protégés de l'immobilité chinoise ou du matérialisme juif par le don qui les prédestine à la culture la plus haute, le sens de l'éternel. Mais ils sont aussi préservés du (lésé(iuilibre indou, parce que le sens de la civilisation, de l'organisation éc()n<)mi(pie et

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