‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 39 sur 135 · C.XXVIII I K I>\\r.El!>IAMS:MK PlIII.OSOl'IIIQUE · texte numérisé non relu

C.XXVIII I K I>\\r.El!>IAMS:MK PlIII.OSOl'IIIQUE

n'aurait fait (jue cela, et (jiiaiid il serait vrai, selon le mol de llarnaek, (pie sa doetriiic est une « médiocre douhliire du calliolicisnie », il resterait le véritable héros j)olili([ue de rAlIcniagne...

Le pangermanisme de ('.liand)erlain, comme tle \V()llmann, eonlrairemcnl aux doelrinaires catlio- Hipies, réclame tout à lait pcuir le compte des (icrmains la Renaissance. Sans tloute, elle est européenne. Mais si le foisonnement d'hommes libres en Italie à partir de « quattrocento » a été un si court paroxysme, c'est que le type même des i^rands Italiens, d'apparence si visiblement germanique, s'est fait rare depuis le wii' siècle. G'esi pourquoi l'Italie d'aujourd'hui, où prédomine la descendance des esclaves syriens, est vouée à la perte, comme l'Kspagnc avant elle a dépéri lentement. La France, poui' ne pas mourir, a essayé de secouer le joug de Rome par ses huguenots A tort, ils ont semblé menacer la royauté, qui, après avoir été lou'Ji^tcmps un boulevard contre Rome, s'est faite l'alliée du pape. De là l'émigration d'un million des meilleurs Français, quand prédomina le fanatisme borné de Louis XIV. Il ne resta plus alors que la Révolution destructrice ([ui acheva de vider la France du sang germanicpie dont elle n'était déjà que trop appauvrie. Les peuples (pii subsistent, ce sont les Anglo-Saxons, les Hollandais, les Scandinaves, les Allemands, c'est-à-dire les peuples du plus solide alliage germanique. Ils grandissent, tandis (pie les Latins catholiques s'eiTacenl de la carte. Signe certain (pie la politique de Luther a été la bonne. Un instant on put douter de sa victoire, (pumd se dressa contre elle la machine de

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guerre la plus redoutable qu'on eût vue, la discipline d'un Basque tenace, pur et fort, Ignace de Loyola. Pas de méthode plus sûre pour détruire jusque dans ses bases physiques la liberté de l'esprit, que ce dressage impeccable, cette gymnastique précise des sens par lequel les jésuites savent asservir le vouloir et le jugement. Le jésuitisme a été das Unçjermanische in bedeiilendater Gestalt. Aujourd'hui il est sûr que le germanisme ne sera entamé par rien, puisque l'ennemi le plus puissant et le plus astucieux, le jésuitisme, a échoué à le ruiner.

Cette (eu vre du germanisme dans la science, dans la civilisation, dans la ciiUure de l'esprit, comment la qualifier? Elle est admirablement « organique », comme l'avaient vu Gœthe et (iœrres. Elle atteste en tout une ,orce d'expansion énorme, compensée par une non moins vigoureuse force de concentration. Ainsi équilibrés, les Germains accomplissent un edbrt vaste, souvent grossier dans ses mobiles, mais qui demande une énergie rude. On ne fait pas de l'histoire avec des vertus seules; des vices redoutables, lavidité, la cruauté, la méconnaissance de tous les droits sont à la base de toute grande réalisation. Il suffit que l'œuvre justifie les effroyables moyens employés.

On se trompe si l'on croit que le savoir, qu'il soit découverte ou science théorique, est construit par une curiosité désintéressée. Aucune exploration de la planète n'aurait été tentée sans le mobile de la recherche de l'or, une conquête sanglante et injuste, une destruction presque totale des Peaux-Rouges : voilà l'auvre des Européens en Amérique. Mais les

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pures actions d'éclat qui l'ont ennoblie et la fondalion des Ktals-Unis d'Europe ne sullisent-elles pas à taire parilonner les al>ns iidiunuiins de la niaiinnise européenne? — Rien de plus vulgaire encore dans ses origines que la science naturelle moderne. Elle naît de l'aleliiniie.qui a eu pour mobile la soil'de l'or. Ees (lrecs,dans un esprit de syslémalisalion trop tyrannique, avaient passé à côté des observations qui leur eussent ouvert les vérités principales. Il a l'ail u la longue patience et la modestie des Germains pour laisser parler la nature sans la fausser. La passion de savoir, après avoir été pure convoitise, s'est épurée cliez eux par ime lente sélection. Les observations de détail ont pu alors se coordonner dans des constructions audacieuses. L'idée de l'approximation, inconnue des Grecs, lit naître tout le calcul infinitésimal. L'idée des éléments est devenue, depuis Boyle, celle des atomes et des équivalents: et la matière, que les Grecs n'avaient pu saisir, s'est construite avec des matériaux pondérables. La pbysique nuitliématique put la capturer dans un réseau de calculs. La botanique dans ses diagrammes sj)écula sur des fleurs schématiques et irréelles, et explicjua ainsi toutes les Heurs existantes. Il n'y eut plus ce juatérialisme confus, celte alchimie des âmes que suppose la religion chrétienne. Un mécanisme très conséquent apparut, qui rendit seul possible l'idéalisme, sans le<juel les conditions de ce mécanisnu' ne peuvent pas même se déterminer. La [)liilosoplii(' critique, étrangère à toute prétention d'omniscience, éloignée aussi du mépris de la science, qui sont choses romaines et juives, surgit au terme de celle

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