‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 40 sur 135 · PREFACE CXXXI · texte numérisé non relu

PREFACE CXXXI

longue évolution, La moralité germanique a dégagé des tâtonnements de la cupidité la justification éternelle de la pensée pure. Il est apparu ([ue la chose vue n'importe pas ; Vesprit qui voit importe seul.

La civilisation subit la même épuration morale. L'industrie à l'origine est toute à base de lucre. Dans ses initiatives, elle est une des plus cruelles activités qui soient. Elle ne peut devenir que chez les Germains l'instrument d'une civilisation sociale qui relève la condition des mœurs. C'est qu'il y faut sans doute, la forte individualité accapareuse; mais il y faut ensuite la lldèle coopération. Rôles opposés ^ntre lesquels les Germains seuls savent la liaison. Chez les Grecs, d'une si éclatante inventivité (les Alexandrins ont connu la machine à vapeur) le lien social manquait. La fraude détruisait toute coopération. A Rome, c'est l'initiative qui se montrait faible <îhez les commerçants. Il fallut la prédominance des Germains : alors, et dès le xiv*" siècle, avec Arteveldc ou Etienne Marcel, l'industrie ne s'arrête plus. Un humble tisserand, Fugger, entre à Augsburg en iSlij : un siècle après, ses descendants sont les banquiers qui prêtent aux ducs et aux empereurs. En regard de cet énorme esprit d'entreprise, les corporations artisanes se fondent. Elles ne sont pas limitatives de l'individualité : elles habituent les hommes à accepter une loi volontaire. Par elles, le travailleur acquiert la sécurité et l'aisance sans lesquelles on ne peut arriver à la liberté de l'esprit. Leur pensée reste le vivant esprit de la classe ouvrière allemande. Les villes libres allemandes sous la Renaissance

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ont élé la cliarmanle cl l'oi-lc (loraisoii de cet cspril corporalif.

Leur ennemi clail c('|)CM(lanl loul pioche : ce furent les princes. « Le peuple hàtil les \illes, disait Krasnic; les princes les détruisent. - La linanc«' ])ourc:eoi?c elle incnic d'un Fusi:^er ou d'un Welser sert à aliuicnler les j^uerrcs où j)crisseut les libertés municipales. l*as de j)ires aiu^iclius, dit (Ihainherlain, que les [)rinces allemands, (rcst au prolil de cette poignée de criminels (pie se produit la concentration des terres et des pouvoirs, et ce sont eux pourtant que Lullier soutenait. Faut-il s'en plaindre? Les jurandes nations ne se fondent pas autrement. Des lil)ertés personnelles inouïes sont nées de ces abus de la force. Cela suldl pour qu'on n'ait pas à chicaner l'Histoire.

Enfin, au sonunci de cel édilice du savoir et de la civilisation, il y a la cul turc. KUe est la volonté profonde qui a guidé l'architecte, et qui est toute inspirée de l'instinct de la race. En présence du christianisme contradictoire (pie les Germains reçoivent de mains inqmres, quel chemin allaient-ils suivre? Fallait-il systématiser l'absurde? Saint Anselme, saint Thomas, Raymond Lulle ont essayé ainsi de saisir l'inintelliiçible dans les cercles concentri([ues dn syllogisme grec. Les (lermains vrais ne peuvent consentir longtemps à prolonger ce jeu verbal. Quand Occam ou Duns Scot contestent les universaux, reconnaissons-là le premier soulèvement de l'instinel de lace devant le christianisme, dont il ne veut garder que le contenu vrai. L'homme germani(]ue découvre deux voies de délivrance, et ce

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