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(4) Ueber Mßcchiavelli : « In seinem (des Fürsten) Verhällniss zu andern Staaten gibt es weder Gesetz noch Recht, ausser dem Rechte des Staerkeren. » {NacJigelassene ^]'e^ke, t. III, 427.)
XXVin LE PANC.ER:\rAMSMK PIIILOSOPHIQI E
est ranatlièmc aux pacilisles du xviii'' siècle et lana" thème à ceux (jui ont traité comme exercices scolaires ses pro[)res écrits orientés par la pensée d'une Renaissance réaliste :
■' (hie surgisse donc d'eutro les morts un lioiiiiiie ([ui u'esl ni 1111 iiicoiiiui ni iia hoiuine sans rcnonnnée, alin (juil nionlre (aux praticiens) le chemin à suivre. »
Cv\ homme invo(pié par Fichte, pour définir les méthodes par lesquelles on peut réaliser le JJcutsch- Y;///i dans le monde, c'est Machiavel (i).
Il a fallu décrire cette histoire vraiment tragique de la pensée de Fichte, puisque c'est le sophisme imaginé par lui qui s'est retrouvé durant tout le siècle, chez ses disciples, dans Treitschke et Paul de Lagarde autant que dans Ferdinand Lassalle. L'histoire de sa pensée montre ce dont est capable l'orgueil allemand, quand la réalité, après lui avoir résisté, lui olIVe les chances dont alors il abuse. El le raisonnement (ju'il établit alors dans sa fureur vindicative, c'est celui-ci : « Le peuple métaphysiquement piV'destiné a le droit moral de réaliser sa destinée par tous les moyens de l'astuce et de la force. »
(i) Il va sans dirL- qu<- dans les écrits de Fichte entre i-g'i et i8i3 on trouvera beaucoup d'aphorisnies qui ne sont pas encore atteints par cette délorniation de la doctiinc. Il est facile de les grouper et de laisser croire que Fichte est un pur liberal républicain. La réalité est plus complexe. F'ichte est une des origines du pangermanisme, comme il est une des sources du libéralisme allemand. De même, en France, il y a déjà du bonapartisme -dans certaines théories révolutionnaires. Nous avons à faire <Euvre d'histoire et non de paradoxe facile et de sophistique brilan te.
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Fichte aboutit au machiavélisme : Hegel coumience par lui. Dans la criticjue écrite solitairement, en 18012, de la Constitution allemande par le jeune patriote, ce qui frappe tout d'abord, c'est l'élop^e qu'il fait de cette intelligence d'un homme d'État véritable, pleine du sens le plus grand et le plus noble, et qui fut Machiavel (i). Ses sarcasmes criblent le jeune prince, Frédéric II, qui, cherchant à réfuter le machiavélisme, ne sut lui opposer que « des lieux communs moraux, dont plus tard il a montré le vide, par ses actes et dans ses écrits » (ai. Aussitôt, en Hegel, une révélation se fait : les actes décisifs dans l'histoire des peuples, n'ont pas besoin, pour se justifier devant la raison, des lieux conmiuns de la morale privée. Hegel tout jeune eut rand)ilion de découvrir ce qui justifie ces actes décisifs, et d'écrire une théodicée de l'histoire. En quoi il reprend le rêve de tout le XA'iii" siècle, qui fut de diriger par la raison les États. C'est ce rêve qui inspire, en particulier, les hommes politiques de l'époque frédéricienne et josépliiniste. Leur sagesse bureaucratique ne réussit à enfanter que des créations sans lendemain. C'est dans la tourmente des guerres et des r>'Volutions que Hegel prétend discerner la raison qui mène l'histoire. Gageure paradoxale. L'histoire n'est-elle pas, par
(i) Hegkl, Die \'erjassang Deiitschlcuids. (Saei)ittiche n'e/'Ae, Ed. Lasson, t. VII, p. ii3.)
(2) « Par exemple, ajoute Hegel, dans la Préface à VUisloire de la première guerre de Silésie, où Frédéric II conteste que les traités lient les Etats quand ils ont cessé d'être conformes à leurs intérêts. »
XXX LE PAN(.KK.MA.\ISMi; l' Il II.OSOI'II I()li:
essence, le papliciiliei', rarcidenlel et l'illoi-iciue? C'est cependant cet ensemble d'accidents J)i'utau\ qu'il Tant considérer comme rationnel, si on ne veut jias désespérer de comprendre la destinée humaine.
A vrai dire, les faits n'entreraient même pas dans l'esprit, ne seraient même pas constatés, s'ils n'étaient en quelque façon intellij^ihles. Mais ce qui nous intéresse ici, c'est conunent le système entier de Hegel promet une destinée privilégiée au germanisme.
Cette gloiitication n'était pas la cojiséquence nécessaire du système. Elle est comme le reflet sentimental qui le baigne et qui lui vient des émotions de son tenq)s. L'bégélianisme, comme la doctrine de Fichte, est une philosophie de la liberté. Et pour lui la liberté, c'est l'esprit ayant conscience de soi comme de la réalité dernière. Sans la liberté, il n'y aurait pas d'existence vraie. Qu'est-ce, en effet, même pour le bon sens, que la vérité? p]lle est l'identité de l'être et de la pensée; et oîi donc cette identité paraît-elle plus profonde que dans un être pensant? En sorte que l'être est inconqilet, s'il ne se pense; mais la pensée vraie est toujours la conscience de ce qui est.
Ainsi les degrés de la vérilé soni les degrés de l'existence consciente. La simple vie biologi([ue, un corps uni à une àme, une portion de matière commandée par du spirituel, un réel oîi s'est allumée la conscience de ce réel, est une première vérité. C'est une vérité provisoire, j)uisque ce n'est pas tout le réel dominé par toute la pensée. Car, en dehors du vivant, ne subsiste-l-il pas un monde distinct de lui,