Le machiavélisme est la seule morale en politique
Le principe londamental de la politique de Machiavel, et (nous l'ajouterons sans vergogne) aussi de la nôtre, et, selon nous, de toute doctrine politique qui s'entende elle-mcme, est contenu dans ces paroles de Machiavel : (. Quiconque fonde une République lou, plus généralement un État) et lui donne des lois, doit supposer que les hommes sont mauvais et ({ue, sans exception, ils lâcheront la bride à leur méchanceté intérieure, dès qu'ils en ti'ouveront une sûre occasion. »
Il .serait donc à souhaiter que nos hommes j)olitiques voulussent se convaincre des deux vérités qui vont suivre, el s'en pénétrer au point qu'ils ne les perdissent plus jamais de vue, et que jamais il ne s'élevât en eux le moindre doute à l'endroit de ces vérités, ou la moindre envie d'admettre une exception à leur sujet.
1. Votre voisin, à moins quil ne soit amené à vous considérer comme son allié naturel contre une autre puissance redoutable à tous deux simultanément, est toujours prêt à s agi'andir à vos dépens, à la première occasion où il le pourra avec sécurité. Il est obligé d'agir ainsi, s'il est sage, et ne pourrait pas s'en dispenser, fut-il votre frère.
2. Il ne suffit pas que vous défendiez votre territoire proprement dit. Il faut avoir les yeux ouverts sans relâche sur tout ce qui «eut avoir une influence sur votre situation. Ne tolérez à aucun prix qu'aucune chose, dans les limites de votre influence, soit modifiée à votre détriment, et ne tardez pas un instant, si vous pouvez modifier quelque chose à votre avantage. Soyez sûr en effet que l'autre agira de même, dès qu'il le i)Ourra. Si vous le négligez pour votre part, vous resterez en arrière de lui. Quiconque ne saccroît pas, diminue, pour peu que les autres s'accroissent. Il convient à un particulier de dire : «^ Je possède assez; je ne veux rien de plus. » Il ne court jjas le risque par une telle modestie de perdre ce qu'il possédait déjà. Il sait à quel juge s'adresser, si on venait à l'attaquer dans sa propriété acquise. Mais un Etat qui dédaigne de s'approprier, pour la défense de ses possessions acquises, les forces nouvelles qui s'ofl'rent à lui, ne trouve pas de juge à qui il puisse conter sa peine au jour où il sera attaqué dans sa possession ancienne, avec les mêmes forces peut-être qu'il a négligé d'acquérir. Pour qu'un Etat pût faire preuve, d'une façon continue, de ce désintéressement modeste, il faudrait ou bien qu'il fût particulièrement favorisé par sa situation, ou qu'il fût une proie j)eu tentante. Autrement, il se ferait détrousser bientôt même de ce dont il voulait modestement se contenter ; et ces mors ; « Je ne veux rien de plus, » auraient signifié en réalité : « Je ne veux rien avoir du tout et je ne veux pas même exister. » 11 va de soi d'ailleurs qu'il n'est ici question que d'États du pre-
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iiiior ordre, qui ont un poids propre dans le systènic politique européen, (>t nullement d'Mlats suhalternes.
Il résulte de là deux règles fondamentales. La première est colle que nous avons énoncée en même teu)]» (jue le s(>cond axiome ci-dessus: il laut saisir, sans tarder, toute occasion de se l'ortilier dans les limites de linlluence ([u'on exerce, et extirper immédiatement dans sa racine, et avant qu'il ait le temj^s de croître, tout mal qui nous menacerait à l'intérieur de ces limites.
La seconde, c'est qu'il ne faut jamais se lier à la parole dautrui, quand on peut le contraindre à donner une garantie. Si momentanément il n'était pas possible d'obtenir cette garantie, il faut dès lors avoii- poui- préoccupation. princii)ale de se la procurer ultc'rieunMnent, afin de n'avoir que pour un minimum de temi>s à se contenter de la parole seule comme d'un gage. Il faut rester toujours en mesure d'obtenir coercitivement la bonne [foi : ce qui suppose qu'on demeure le plus lorl (non pas toujours en force absolue, ce qui ne dépend pas toujours de nous ; mais à l'intérieur des limites que nous avons suffisamment définies ci-dessus i. Il ne faut sous aucun prétexte s'écarter de cette condition d'une garantie coercitivement exigée; et, si l'on <'st en armes, il ne faut coûte que (îoùte, les déposer que le; jour où on la obtenue. Une défense courageuse peut réparer tous les dommages, et, si vous tombez, du moins tomberez-vous avec honneur. Une lache reculade au contraire ne vous sauvera pas de la perte, elle Jie vous donnera qu'un court délai d'une existence honteuse et déshonorante^ jusqu'à ce que vous tombiez d'une chute lourde comme un fruil trop mûr. Une telle conduite mène à ces paix " honorables », qui ne donnent même pas la paix, parce qu'elles laissent à l'ennemi le pouvoir intégral, sitôt la paix conclue, de reprendre ses desseins au point même où il les avait suspendus avant la guerre, qui lui avait imposé une inter-
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ruption momentanée. G'cst-à-dire que c'est nous qui sommes obligés de le laisser en paix ; mais il ne nous y laisse pas à son tour. Voilà pourquoi ceux qui ont affaire à de tels adversaires peuvent avec une sincérité entière vanter leur amour de la paix. On peut croire vraiment qu'ils aiment mieux voir leurs voisins regarder avec impassibilité et tolérer, jusque sur leurs frontières territoriales, le rapt commis à l'endroit de leurs alliés naturels, peut-être prédestinés par la situation et par le sang, et l'anéantissement de leur influence, que de les voir s'y opposer les armes à la main. La première méthode est en effet bien plus sûre que la seconde. Ils aiment vraiment la paix, leur paix ; et ils souhaitent de ne trouver nulle part de résistance, tandis qu'ils font la guerr<*. eX continuent à outrance la guerre contre le monde entier. Ne croyons pas que, si tous les princes pensaient et agissaient d'après les principes ci-dessus énoncés, ce seraient des guerres sans fin en Europe. Au contraire, personne ne songeant à commencer une guerre sil ne le peut avec profit, et tous étant toujours vigilants et attentifs à n'abandonner à j^ersonne un avantage, chaque épée maintiendrait au fourreau une autre épée. Il en résulterait une longue paix, qui ne pourrait être interrompue que par des événements fortuits, tels que des révolutions, des querelles de succession, etc. Plus de la moitié des guerres qui ont eu lieu sont nées de grandes fautes politiques des États attaqués; fautes qui donnai<Mit à l'agresseur lespoir d'un succès facile, les guerres auraient donc été évitées, si on n'avait pas fait ces fautes. Et comme il faut que la pratique des guerres ne cesse pas, si l'on ne veut pas que l'humanité s'assoupisse et se gâte pour l'éventualité d'une guerre tout de même possible, eh bien ! nous avons, même en Europe et surtout dans les autres continents, des Barbares en assez grand nombre qu'il faudra tôt ou tard incorporer par contrainte
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au doinaiuc de lu fivilisatioii. (^)ue la jeunesse euro- Ijéenne s'endurcisse à combattr«' des liurbares, tandis que dans la patrie commune personne n'osera lirer l'épee, puisqu'il verra l(>vées contre lui aussitôt desépées tout aussi aiguisées.
Ces règles sont confirmées, renlorcées. cl deviennent un devoir sacré par la considérulion supéi'ieure des rapports que le prince entretient avec sou peuple et avec toute l'humanité. Les peuples ne sont pas une propriéti' du prince. Il ne peut considérer comnu^ son ail'aire privée leur salut, leur indépendance, leur dignité, leur distinction dans l'ensemble de l'humanité. Il ne peut pas comnw'ttre des fautes à plaisir et, si les événements tournent mal, déclarer : « Oui, j'ai ccmiuiis des fautes. Mais quimj^orte? C'est moi qui en ai le douuuage et je le supporterai. » Consolations que pouriait se donner peutêtre le possesseur d'un troupeau si, par sa négligence, il en avait lait périr une partie. Le prince appartient à sa nation aussi entièrement que la nation lui appartient. Toute la destination de celle-ci, arrêtée dans le conseil éternel de la divinité, est déposée entre ses mains, et il en a la respfmsabilité. Il ne lui est null(>menl permis de s'écarter des règles éternelles que l'entendi'ment et la raison lixent pour l'administrai ion des Etats. Si, pour le dommage de sa nalion, il avait négligé, [)ar (xemple, la seconde des règles citées plus haut, il ne lui serait pas permis de s'avancer et de dire : « J'ai cru à l'humanité, à la bcmne foi, à la probité. » Un i^articulier ])ourrait répondre delà sorte. S'il périt ]»our s'être conduit ainsi, il périt pour lui-même. Le prince ne peut pas parler ainsi. Car il ne périt pas pour lui-même, el ne périt [)as seul. Qu'il eroi»^ en riiumanil('-, s'il le veut, dans ses allaires privées. S'il se trompe, le dommage ne frappera que lui. Mais ({uil n'aventure pas, sur cette foi, les destinées de la nalion. Car il n'est pas juste que cette nation, et avec elle peut-
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être d'autres peuples, et avec ces peuples, ^^eut-ètre les biens les j)lus nobles que l'humanité ait acquis dans une lutte de dix siècles, soient piétines dans la boue, à seule ßn qu'on puisse dire de ce prince qu'il a cru en l'humanité. Le roi est tenu aux lois générales de la morale, dans sa vie privée, comme le plus humble de ses sujets. Dans ses rapports avec son peuple pacifique, il est tenu par la loi et par le droit ; et il n'a le droit de traiter personne autrement que selon les lois existantes, bien qu'il conserve le droit de léi>iférer, c'est-à-dire de parfaire continuellement le régime légal existant. Mais dans ses relations avec d'autres Etats, il n'y a ni loi ni droit, si ce n'est le droit du plus fort. Ces relations déjjosent entre les mains du prince, sous sa responsabilité, les di'oits divins delà Majesté du Destin et du gouvernement du monde, et relèvent au-dessus des préceptes de la morale indivi- <luelle dans un ordre moral supérieur, dont le contenu matériel est renfermé dans les paroles : Salus et deciis popiili siiprema lex esto.
Or, il est urgent, selon nous, de renouveler, à l'usage de notre é])oque, cette façon plus grave et plus vigoureuse d'envisager lart de gouverner. La pliilosophie régnante en un temps donné, malgré la résistance que les i)raticiens et gens du monde opposent à cette idée, et si difficilement qu'ils se prêtent à la reconnaître, ne manque jamais pourtant de les atteindre par quelque voie et de les tranformer à son image. La philosophie régnante dans la dernière moitié <lii siècle écoulé était devenue bien plate, maladive et misérable. Elle ottrait comme son souverain bien une certaine Inimanité, une certaine libéralité, une certaine popularité. Elle suppliait qu'on voulût être de bonne composition et qu'on laissât aussi les choses aller à leur guise. Elle recommandait en tout la médiocrité dorée, la voie moyenne, c'est-à-dire cette fusion <le tous les contraires en un chaos confus. Elle était l'eu-
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iiemil' tir luulc gravité, de toute suite ilans les idées, de t<»ul enthousiasme, de toute grande pensée, de toute grantle résolution, et, plus gt-néraleinent, de toute réalitc' qui dé[)assait un peu la large et longue surlaee moyenne; tout particulièrement elle était amoureuse de la paix éternelle. Elle a répandu d'ime façon très sensible son influence énervante dans les cours et les cabinets.
Depuis la Rt'volution iVanvaise, les doctrines du drtjit des hommes, de la liberté et de Tegalite originelles de tous — qui, à vrai dire, sont les assises i'ondamentales. éternelles et inébranlables de tout ordre social auxquelles aucun Ktat ne peut contrevenir, mais avec l'intelligence exclusive desquelles on ne peut ni édifier ni atlministrer un Ktat, — ont été présentées par quelques-uns des nôtres aussi, dans la chaleur de la lutte, avec une insistance d'accent trop grande, et comme si elles menaient plus loin qu'elles ne mènent réellement. On a omis bien d'autres principes, qui eux aussi l'ont partie de la théorie politique. Exagératicm qui n'est pas restée sans une influence nuisible. Sans doute on n'a pas manqué, depuis, de combler à bien des égards ces lacunes. Mais il semble que ces écrits-là soient demeurés négligés, comme des exercices scolaires, comme un fatras de Faculté, indigne d'être touché par les mains des ])raticiens. Qu'il surgisse donc d'entre les morts un homme qui n'est ni un inconnu ni un homme sans renommée (i), afin qu'il leur montre le chemin à suivre.
Nachgelassene Werke ( Ouvrages postJi lun es) , i835, t. m, 420 sq.
I C'i'sl-à-dire pircist'iueiil Macliiavcl. Suit dans le texte de Fichte une .série d'extraits tirés du Prince. Les écrits« demeurés néglif^és », et qui apportaient un corrcclif aux doctrines de la Révolution, sont ceux de T'iehle.
HEGEL (i7;o-i83i)
On s elîraie d'avoir à entrer dans le système de Hegel. On connaît trop de commentateurs ({ui, s'y étant engagés, n'en sont plus jamais sortis. Vestig-ia terrent. Mais il ne s'agit pas ici de prouver si nous avons saisi le mystère de la dialectique hégélienne et mis à nu les concepts préjudiciellement existants dans l'esprit sans lesquels la réalité observable ne serait jamais comprise. L'acte de comprendre est aiTaire de jugement ([uotidien. Le métaphysicien ne comprend ni autrement ni mieux que Thomme du peuple intelligent les faits de la nature et de l'esprit. Le métaphysicien s'occupe seulement de déterminer les conditions de l'intelligibilité de ces faits; et ces conditions sont d'alK)rd dans l'esprit.
Mais entre la pensée et l'être il y a des caractères connnuus, qui font que la pensée peut coïncider avec l'être dans cet acte qui s'appelle la perception du vrai.
Nous pouvons négliger ici cette recherche difficile. Hegel a été un observateur minutieux de tous les aspects de la vie ; et la vie de l'esprit, profonde, torrentielle, religieuse, comme elle est la préoccupation de tous les philosophes allemands, est aussi la sienne. Cela ressort protondément de la découverte de ses écrits de jeunesse, publiés par Xohl, et de l'interprétation de ces écrits par Wilhelm Dilthey (i). En cela il est un vrai romantique. Mais l'effort de Fichte qui consiste à recueillir dans des concepts le contenu sentimental de la vie intériem*e, Hegel le reprend avec plus de continuité et de force. Le sentiment romantique et ÏAufIdaeruiig rationaliste trouvent en lui leur synthèse. " Il a donné au romantisme, dit Kai'l Rosenkranz, la clarté sur lui-même par l'analyse scientifique de son principe enraciné, d'une j)art, dans le christianisme, d'autre part, dans le germanisme lai. >
Le christianisme et le germanisme sont donc ses deux points de départ. Des fragments sur la vie de Jésus et sur la
I W. DiLiiiEY, Der junge Hegel (Silziins^sberichte de l'Académie <le Berlin, 1908.)
;3) K. RosEXKRAXz. Hegel als deulseher Xaiionalphilosoph, 1S70, p. 2S5.
3<) I.F, PWGKiniAMSMK PII II.OS<)l'HI()lK
vir «l(\s prciniors chrélioii.s, (k'-coiivcrls dans ses papiers posllmiiK's et (pii (latent de sa pc'riode bernoise, ont ('-té snivis peu de temps a])rè.s [)ar les IVaj'inenls sur lu Co/istilutio/i (hrAUenuiiine '.Die Vci-fassiuiii- Ih'utsclilaiuls^ 1S02); sur Les /'(iro/is sci('ftti/i(/ii('s de considcrrr le droit naturel { ['eher die ^f.'issetiae/ia/fliehefi Jle/inndluiimsartefi des Xatn.-ree/tts, 1802). 11 s'y joindra i>lus tard le memoire sur les Dé/ihérations de l\[ssemblt'e des États du royaume de \\iii-teinheri>- 1 Ver/iandlnni>en in der Versammlung der Landstaende des Koenii>reirlis Wiirttemheri>- in Jahre i8i5-i()); sur le lieformbill a/ii^-lais, i83i; la. l'/iilosophie du Droit (1820) cl le cours sur \ii I'/iilos(>/)hie de l'Histoire (\H2'2-i8'i(}), dont nous n'avons ])ai' malheur cjuc tle.s rédaetions d'élèves.
Ces ouvrag-es sont d'un aecès direct. Ils ältesten I condjien Hegel a su d'histoire et combien il s'est passionne- pour la réalité politi(pi(» contemporaine. Le raémoii-e sur la ("institution de l' Allenutg-Ui' exhale la jdainte douloureuse d un patriote allemand. L'admiration de Hegel pour lionaparle est avant tout un élan de son âme vers un sauveur tyran ni([ue qui saurait reconstruire l'.Ulemagne, eonuiie Xapf)léon a reconstruit la l'rance. Il y laut des méthodes qui naieut rien d'une morale bourgeoise. Fichte, pour linir, s'est réfugié <lans le machiavélisme. C'est par le machiavélisme que Hegel commence. " 11 ne peut être (juestion ici de choisir les moyens. Des memlires gangrenés ne j)eiivent être guéris avec de l'eau de lavande 111. » Il n'y a pas de crime à détruire, par tous les moyens de la l'orce, le crime inexpiable qui consiste à laisser l'Allemagne morcelée. 11 faut la l'orce du conquérant, celle d'un Thésée on d'un Hichelieu, ])our pétrir la masse allemande. « Le concept et l'intelligence s':scitent contre eux une telle nu'*lianc.e qu'ils sont tenus de sejustilier par la force. Alors seulement l'honinu^ se soumet à eux. La guerre esl donc le seul moyen par lequel puisseni s'al'lirnuîr les j)euples méconnus. (^)uant aux droits particuliers allirmés par le peuple allemand, aux concepts tlont il est le support et qu'il doit faire triomiiher, on les trouvera dans les textes (pie nous avons empruntés à la l'hiloso/diie de l'ilistoire. Mais ])our assurer ce triomphe, il ne suffit pas d'un l'état parlementaire du modèle anglais. llcg(ü ne consent })as à une monarchie dép(jssédée de tout j)Ouvoir réel. L'l'>tat est souverain absolu, il ne peut pas morceler celte souverainelé. El la collaboration parlementaire elle-même ne peut être qu'un rameau de la volonlé rovale, où cette souverainelé de l'Ltat est condcn-
12) Die Verjassiin^i Diiiisclitands. Dans ï{ogr\:> Siinitliclie ]\'ci-!.f. l'.d. Geor'' La.sson. I \II, p ii.j.,
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séc indivisiblenient. On sait que c'csl lu l'idée mènie de la monarchie prussienne d'aujourd'hui.
Lucien Herr écrit avec raison : Il est incontestaljle que la docti'ine de Hegel dut à la Prusse la rapidité triomphante de sa lortune. Elle fut la doctrine oÜicielle et imposée, et luimême ne mit aucun scrujjule à employer contre les dissidents l'autorité complaisante de l'I-.tat. Mais il n'est pas exact de dire ({u'il mit sa pensée au service de l'autoritarisme prussien par complaisance et par servilité. La monarchie autoritaire et le bureaucratisme de la Prusse restaurée lui apparurent, sinon comme le signe, du moins comme le régime le mieux adapté aux conceptions politiques qui résultaient de son système. »
On lira sur Hegel : K.viîl Roskxku.wz, (reorg- Wilheh/i Hegels Leben, 1844; — et du même auteur : Hegel als deutscher National Philosoph: — Rudolf Haym, Hegel und seine Zeit; — la vaste monographie de Kimo Fischkr, dans sa Geschichte der neuren Philosophie, t. Yll: — Benedetto Choce, Cii) che (' vivo e ciij che è iiiorto della Filosojia di Hegel, 1907 ; — l'article Hegel dans V Allgemeine deutsche Biographie, t. XI, 1880, ])ar ,1. E. Erdmann: — l'article Hegel dans la Grande Encyclopédie ^ t. XIX, et peut-être mon propre article Hegel dans le Supplément du Dictionnaire d' Economie politique, par Li':ox S.w > 1894 1-