‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 52 sur 135 · I . La Constitution de r Allemagne · texte numérisé non relu

I . La Constitution de r Allemagne

L'Allemagne n'est plus un ^îtat. Les anciens professeurs de droit politique qui, eu traitant du droit politique allemand, s'imaginaient l'aire de la science et s'efforçaient de définir le principe de la Constitution allemande, n'ont jamais pu se mettre d'accord sur ce concept; jusqu'au jour où les juristes modernes, renonçant à le découvrir, ont traité le droit politique non j)lus comme une science, mais comme la description de ce c{ui existe empiriquement sans être adapté à une idée ratioinielle, et n'ont cru pouvoir reconnaître à l'État allemand que le nom seulement d'empire ou de corps politique.

On ne discute plus pour savoir à quel concept correspond la (Constitution allemande. Ce qui ne peut plus être

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loiitu ]r('xi>tc |)lus. Si r.\lleiiiiij^iie «'tait un Mtat, «m ne [)«>ui'rail (loniicr à <'(t lüat on décomposition que le nom d'anarchie, que lui donne un juriste étranger; toutel'ois, sivs parties se sont reconstituées en Etats, auxquels moins un lien réel que le souvenir d'un lien ancien laisse une apparence d'unité...

Die \ erfdssiuig Deutschlands {La Constitution (le rAlle/nai^rie dans Jlegels Sàrnlliche Merke, t. YII, édition Georg Lasson, if)i3, p. 3. 1

•2. Le caractère po/itir/ue des Allemands.

1*1 us que tout autre peuple, engagés dans une éternelle contradiction entre leur exigence idéale et ce (jui arrive de contraire à cette exigence, les Allemands paraissent non seulement avoir la manie de la critique, mais encore, quand ils parlent dr leurs principes, être dépourvus de sincérité et d'honnêteté, parce qu'ils i)osent comme nécessaires leurs principes du droit et des devoirs, mais que rien ne se j)asse en réalité selon cette nécessité ; et euxmêmes sont absolument habitués, soit à voir leurs paroles contredire toujours leurs actes, soit à tàclier de présenter les évi'-nements sous un jour qui les modifie complètement, et d'ajuster à certains princi|»es l'explication qu'ils en donnent.

Mais celui qui voudrait juger de ce qui se passe ordinairement en Allemagne d'après le princij^e de ce qui doit se passer, c'est-à-dire d'après les lois politiques, se tromperait extrêmement. Car la décomposition d'un Klal se reconnaît essentiellement à ceci, que tout s'y l'ait en dépit des lois.

De même on se tromperait, à vouloir chercher dans la l'orme que i)rennent ces lois leur l'ondement et leur cause

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véritable. Car c'est justement à cause de leurs principes que les Allemands semblent déloyaux au point de n'avouer jamais ce qui est, et de ne jamais donner aux choses qu'une importance ou plus grande ou plus minime que leur portée véritable. Ils s'en tiennent à leurs concepts, au droit et aux lois, mais les circonstances n'ont pas coutume de s'y plier, si bien que le parti victorieux tâche, par des mots et par la force des concepts, d'adapter les unes aux autres. Mais le principe qui résume en soi tous les autres, c'est qu'il ne suffit ])as à l'Allemagne, pour être un État, d'avoir été jadis un Etat et d'avoir conservé des formes d'où la vie s'est retirée.

L'organisme de ce corps, qu on appelle la Constitution politique allemande, s'était formé au sein d'une vie toute différente de celle qui l'a animé plus tard et qui l'anime encore. Les formes de cet organisme expriment la justice et la force, la sagesse et la bravoure de temps anciens, l'honneur et le sang, le bien-être et la détresse de races depuis longtemps disparues, de mœurs et de circonstances avec elles abolies. Mais le cours des temps et la marche de la civilisation ont coupé les liens entre ce qui était la destinée de ce passé et ce qui est la vie du temps présent.

L'édifice où habitait jadis cette destinée n'est plus soutenu pai- la destinée de la génération présente ; étranger et inutile à ses intérêts et à son activité, il se dresse isolé de l'esprit du monde contemporain.

Si, d'une part, les lois ont perdu leur vie ancienne, d'autre part la vitalité actuelle n'a pas su s'enfermer dans des lois; chacune s'en est allée de son côté, s'est cristallisée à part; l'ensemble s'est dissocié, l'Etat n'existe plus.

Cette forme du droit politique allemand a son fondement dans la qualité par où les Allemands se sont acquis

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le plus de gloire, dans leur union »• de la libei'té. Alors que tons les antres peu])les de rEnrope se sont soumis à la d«)niinati<)n diin VAhI collectil". cest cet instinct (jui a empêché les Allemands de d<!veiiir un peuple subordonné à une puissance politiqiu^ collective. I/opiniàtreté du caractère allemand ne s'est pas laissé vaincre au point que les parties isolées renonçassent à leui- pailit ularisme au bénéfice de la société, s'unissent toutes dans une collectivité et trouvassent la liberté dans la libre et commune soumission à une autorité politique suprême.

/hid.. p. ()-S.

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