ne peut pins y avoir de petits Etats (i
La possibilité pour les petits Etats de résister aux gi'ands est dorénavant (lisj)arue, et la souveraineté des États allemands s'e.st développée à une époque où cette possibilité n'existait déjà plus. IjCS Etats d'Allemaa^ne \\r sont donc pas passés de Tunité à la division ab.solue, mais ils ont passé tout de suite à des unions dune autre espèce. La masse ne s'est pas <livisée en nombreux morceaux qui soient restés quelque temps isolés ; au contraire, dans la masse se sont formés des noyaux nouveaux, autour desquels les parties détachées du tout se sont groupées, formant des masses nouvelles.
La religion (!t l'aulonomie politique étaient autrefois les intérêts centraux (pii groupaient les corps dlüat allemands; c'est autour de ces deux centres que gravitait leur système politique. Mais ces centres d'inté-
(i) On appelait ReidissUhide (États) tous les princes, barons, évèques, ou toutes les corporations 'villes libresi qui jouissaieiil de la « teri-itorialilé », sans avoir la souveraineté pleine et entière, qui n'aj)papl<'nait (iii'à l'Kmpereur. Ces SUitide ne sont devenus (|ue peu à peu des I-llats souverains.
iiKGF.r, 41
l'êt ont disparu. La religion n'a pas été seulement conservée : l'esprit d<' notre temps l'a soustraite à tout danger; de même les Etats ont acquis leur indépendance ; mais à côté de la puissance autrichienne, qui sous le nom de monarchie universelle éveillait jadis des soupçons, s'est dc-veloppée la monarchie prussienne qui, assez forte ytav elle-même, a tenu bon dans la Guerre de Sept ans, non seulement contre la puissance autrichienne, mais contre celle de ])lusieurs monarchies, et s'est, depuis lors, encore agrandie en Pologne et en Franconie.
Du l'ait de sa propre puissance, la Prusse est sortie de la sphère d'intérêt g-énéral qui fut celle du maintien de son indépendance : elle ne doit donc plus être considérée comme le centre naturel des autres Etats qui veulent maintenir leur indépendance. Elle peut souhaiter l'alliance d'autres lüats, elle est en cela indépendante de l'appui des princes allemands, elle est capable de se défendre elle-même. L'alliance des Etats allemands avec elle est donc inégale, car elle a moins besoin qu'eux de cette alliance et l'avantage est inégal aussi. La Prusse peut même éveiller des soupçons.
Ihid., p. iifi-iij.