‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 60 sur 135 · I . (hialités des Gcrniains /»rimilijs · texte numérisé non relu

I . (hialités des Gcrniains /»rimilijs

Lauteur vient d'exposer la décadeuc(> de ri^iupire romain: le Sénat n'avait plus rien de sa grandeur i)assée, Kome commonçall à perdre de son importance.

A eette même époque les incursions fréquemment répétées des peuples du Nord commençaient à devenir de plus en plus menaçantes, et le danger que l'on avait longtemps redouté à distance devenait une réalité toujours plus prochaine. Déjà la première invasion des Cimbres et des Teutons, — qui n'était pas le l'ait d'une armée avide de pillage ou cherchant à fonder quelque colonie militaire, mais bien de toute une race émigrant avec femmeset enfants, — avait jeté l'etlroi dans Rome alors à l'apogéede sa puissance militaire, mais déchirée par des luttes intestines. César n'avait épargné aucun elïbrt pour faire la conquête absolue de la (laule, qui dès lors se latinise de plus en plus dans ses mo'urs et sa langue. Il ne rencontra nulle part autant de résistance que chez les peuples germaniques; et le plus grand souci, dès lors, du Romain, souverain du monde, fut toujours d'assurer par de forts travaux de défense et par des troupes en armes les frontières du Rhin et du Danube contre les attaques des Germains.

Parmi ces peuples de race allemande, les Goths étaient particulièrement puissants : partis des îles Scandinaves, ils s'avançaient profondément dans l'intérieur du i)ays germanique, surtout vers l'est et plus tard vers Tonest. On ne put les em[)ècher de s'établir dans les jirovinces^ du nord-est, sur les bords de la mer Noire. L'empereur Décius trouva la mort en les combattant, et on dut leur céder par traité la Dacie {)ostéri('ure. Constantin les vainquit il est vi-ai, mais il préféra cependant, lui aussi,

conclure avec eux une paix avantageuse, et gagner leur amitié pour lui-même, leur jeunesse virile pour l'armée romaine.

La plus ancienne constitution germanique était une très rudimentaire aristocratie naturelle de la liberté; la tribu qui formait un tout ou un peuple était une confédération, une association des hommes libres et nobles sous l'autorité d'un prince héréditaire ou de chefs d'armées et de ducs élus; de ces associations sortit plus tard chez quelques j»euples une royauté proprement dite.

Tout homme libre portait les armes. Les travaux étaient exécutés par des valets et des serfs : prisonniers de guerre, anciens habitants des pays conquis, condamnés qui avaient perdu noblesse et liberté. Lorsque les Romains entrèrent en relations plus étroites avec eux. ils étaient déjà en partie devenus des agriculteurs.

Le sol n'était pas encore aussi généralement ni aussi rigoureusement découpé en propriétés privées, cadastrées et encloses; beaucoup de terrains étaient biens publics, i't, par suite, les tribus pouvaient, pour peu qu'une circonstance les y invitât, quitter d'autant plus facilement leur lieu de séjour et émigrer.

L'auteur explique comment, par suite de la nature du sol couvert de forêts, de la rigueur du climat, de l'accroissement de la population, ces peuples ont été particulièrement entraînés à l'émigratioa :

C'est d'ailleurs un véritable besoin, pour chaque Etat et pour chaque peuple à un degré déjà avancé, et même au degré le plus avancé de la civilisation, de se déchargei' pour ainsi dire de son superflu, de se transplanter vivant, en un mot de fonder des colonies et d'avoir des colonies. Ceci est la loi souveraine, la règle d'hygiène naturelle

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t[ui préside à l'évolution des peuples: et là où ce besoin ne se luit i)as sentir d'une façon aussi pressanle, nous somuies en présence d'une exception; on trouvera et on pourra loujoui-s lormuler les raisons [»articulières qui ont empêché jusqu'alors l'appai'ition (le ce lîesoin; ir>t ou tard la nature le crée toujours.

Dans leurs descriptions du pays gejiuain les Romains ont, à vrai dire, souvent pris pour un peuj)le ce qui n'était ([u'une Gonlédération, ou compté autant de tribus qu'ils rencontraient de noms empruntés les uns à la nature particulière d'un tout petit l>ays, les autres à un métier particulier, non sans les malentendus (jui proviennent de leur ignorance de la langue. Mais au total, d'après les descriptions des Romains et d'après la situation g'éographique des ditîérents peuples, on peut distinguer déjà très exactement les trois ou quatre principales nations allemandes, telles qu'elles se retrouveront [»lus tard en Allemagne : elles se répandirent dans les i)ays latins en semparant des provinces de l'Empire romain alors en pleine dissolution, et ont servi de base à l'évolution ultérieure des différentes nations de l'Europe moderne.

Entre tous les peuples allemands, c'est chez les Goths que s'est le mieux développée la monarchie proprement héréditaire, avec la famille des Amales chez les Goths de l'est et celle des Baltes cliez les Goths de l'ouest. Les historiens romains de l'époque célèbrent abondamment leur héroïsme guerrier et leur noblesse de cœur, ainsi que leur haute et élégante stature. Les Goths furent les premiers et les seuls promoteurs de la migration des peuples proprement dite, tout à fait indépendante de l'ébranlement a.siatique, qui ne se produisit que beaucoup plus tard. Dès le m'' siècle les Goths occupèrent les pays de la côte septentrionale de la mer Noire, et de là se répandirent dans la Grèce jusqu'à Athènes.

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A vrai dire, la puissance mondiale de Rome, de même ({u'elle est sortie des g-uerros civiles, s'est effondrée bien plus par suite des dissensions et de la corruption intérieures que par l'action des Goths, avec lesquels les Romains auraient pu facilement vivre sur le pied de paix, s'unir et jj^u à peu fraterniser jusqu'à ne faire qu'un seul peuple, tentative qui fut faite à différentes époques sous les meilleurs empereurs. Les Goths étant parmi toutes ces populations germaniques les [)lus forts et les plus puissants, avec leur aide les Romains auraient pu facilement se défendre contre tous les autres Germains, et la migration des peuples, c'est-à-dire la fusion de la force naturelle germanique, plein*' de vigueur et de santé, avec la race et la culture romaines déjà atteintes par une dégénérescence profonde que le christianisme même n'était pas parvenu à vaincre dans la vie publique et le gouvernement, cette fusion aurait pu se réaliser par des voies pacifiques: l'humanité aurait ainsi pu faire l'économie des longues guerres chaotiques et de la longue période de transition qui suivit.

Philosophie der Geschieh te. i Philosophie de l'Histoire.! 1828, dans Sämtliche Wet-ke, -r éd. 184G, t. XIV, p. 'io, 3i , 3.K 36. 39, 41, 43.

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