Irandcur de l'idée d'un Empire chrétien <^er/nanl(/iic
L'idée de l'Empire chrétien reposait sur la conception d'une grande autorité protectrice s'étendant sur tous les pays cl peuples chrétiens, et émanant d'une puissance fondée sur le droit; la force qui devait maintenir et contenir ce tout, on la cherchait ou on la sui)posait surtout
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dans l'unité des croyances chrétiennes. Dès que celle-ci manqua, tout l'édilicc dut crouler, et dans le conflit des temps postérieurs, l'org^anisation artificielle d'un équilibre purement dynamique et d'une égalité républicaine g-énérale des Etats, dépourvue de tout esprit chrétien et même d'une ferme conviction, n'a pu produire, comme l'apprend l'expérience, qu'un très mauvais succédané à cette union des États et à cette union des peuples des pays occidentaux de l'Europe qui i^emontait aux premiers temps du christianisme, et finalement elle n'a amené qu'une tristesse chaotique et une organisation anarchique dans la révolution générale des mœurs non chrétiennes. Une confiance presque héroïque, ou ne faut-il pas dire plutôt une confiance naïve, dans cette unité spirituelle et sa durée illimitée, se manifeste en particulier dans le partage de l'Empire carolingien, partage conforme d'ailleurs aux vieilles coutumes et au droit successoral des grandes familles ; de cette manière on pensait en effet pouvoir concilier la nécessité d'un souverain proche, pour le gouvernement intérieur d'un ]iB.js de dimension moyenne, avec l'unité de l'ensemble de la monarchie. Si nous voyons même un homme d'une intelligence haute, d'un esprit aussi réfléchi et aussi prévoyant que Charlemagne, cliercher à atteindre ce but, s'il crut possible de concilier ainsi l'unité de la monarchie avec un partage entre les frères sous la prééminence de l'aîné, il nous faut réfléchir sérieusement avant de nous prononcer làdessus avec les idées de notre temps et de notre politique.
Ibid., p. 84.