La fidélité germanique
Jules César avait reconnu tout de suite chez les Germains leur valeur guerrière, leur incomparable fidélité et 11 avait recruté parmi eux autant de cavaliers qu'il eu avait pu obtenir. A la bataille de Pharsale, si décisive pour l'histoire du monde, ils se battirent pour lui • les Gaulois romanisés avaient trahi Tlmperator à l'heure du penl; les Germains, au contraire, montrèrent autant de hdelité que de courage. Cette fidélité au maître qu'ils ont choisi volontairement et de leur propre initiative est le trait le plus significatif du caractère des Germains • ce seul trait nous suffit pour reconnaître un sang germanique parfaitement i)ur.
On a beaucoup raillé les armées de mercenaires allemands, et pourtant, comme en elles on distingue bien le métal précieux de la race ! Le premier en date des monarques romains, Auguste, forma de Germains sa garde du corps. Où aurait-il pu trouver ailleurs cette fidélité absolue ?
Pendant toute la durée de l'Empire romain d'Occident et d'Orient, ce même poste d'honneur est confié aux mêmes hommes. Mais on remonte toujours plus liant dans le Nord, car le fléau de la déloyauté pénètre toujours plus avant avec la prétendue . culture latine >, • enfin, un siècle après Auguste, ce sont des Anglo-Saxons
LE PANGERMANISME PIIILOSOPHIQUK
et des Normands qui montent la garde autour du troue de Byzance. Pauvre garde du corps germanique! Les principes politiques qui forgeaient, par la violence, avec les éléments du chaos, un ordre apparent, lui étaient aussi peu accessibles que les disputes sur la nature de la Trinité qui lui coûtèrent plus d'une goutte de sang. Mais il y a une chose qu'elle comprenait : la fidélité envers un maître librement choisi. Tacite a dit dans ses Annales : « Nul mortel ne passe les Germains en fidélité î »
Cependant, la fidélité ne doit pas être posée comme une vertu spécifiquement germanique. Elle apparaît en effet chez toutes les races demeurées pures ; elle n'apparaît nulle part davantage que chez les nègres et — je le demande — quel être humain peut donner des preuves plus éclatante de sa fidélité que le chien? Pour définir le caractère primordial du Germain, il faut donc montrer quel est le caractère particulier de cette fidélité germanique, et pour cela, il faut mettre en lumière que le principe central de toute la vie spirituelle du Germain,
c'est la liberté.
En effet, le signe distinctif de sa fidélité, à lui , c'est qu'elle se détermine elle-même, librement... Cette fidélité et cette liberté ne dérivent i>as l'une de l'autre. Elles sont deux aspects du même caractère, selon qu'il manifeste plutôt sa nature intellectuelle, ou sa nature morale. Le nèirre et le chien servent leur maître quel qu'il soit : c'est la morale du faible ou, comme dit Aristote, île tout être « né esclave ». Le Germain se choisit son maître, et sa fidélité est donc fidélité envers lui-même; c'est la moi-ale de l'homme ^ né libre ». Or, le monde n'avait jamais encore connu cette vertu telle qu'elle se manifesta chez le Germain. L'infidélité de l'aiKHre de la liberté, ou poésie et en ijolitique, de cet Hellène si merveilleuse
HOUSTON-STEWAKT CHAMBERLAIN
ment doué, fut de tout temps proverbiale. Le Romain n'était fidèle que dans la défense de son bien, et la fidélité allemande resta pour lui « incomprise », comme dit Lamprecht... Nous trouvons ici chez le Germain une harmonie supérieure du caractère. Aussi pouvons-nous dire qu'il n'existe sur le globe terrestre aucun homme, même parmi les plus illustres, qui l'ait surpassé. Un fait certain, c'est que si l'on veut expliquer la grandeur historique du Germain en la résumant d'un seul mot, il faut nommer sa fidélUé. Elle est le point central doii l'on peut embrasser du regard sa personnalité tout entière.
Ibid., I, j). 5o5 sq.