La culture germanique est supérieure à la culture
grecque.
J'ai rappelé la phraîse de Schiller : « Quel est le moderne qui, individu contre individu, osera disputer au citoyen d'Atbènes la palme de l'humanité? » Chacun comprend ce <(ue le noble poète veut dire, et pourttint, cette phrase provoque des objections décisives. Que signillc la « palme de l'humanité »? Ici encore, c'est le concept abstrait d'humanité qui égare notre jugement. Les citoyens libres d'Athènes possédaient chacuu vingt esclaves. Il leur était donc facile de trouver des loisirs pour exercer leur cori)s, étudier la philoso[>hie et cultiver les arts. Au contraire, notre culture germanique » toujours été ennemie de l'esclavage. (Combien y en a-t-il
H0USTON-STEW.4RT CH.VMBERLAI.V
parmi nous, depuis le roi jusqu'au joueur d'orgue de
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demande Scluller. Je prendrais Friedricli Schiller luimême par la main et je le mènerais au milieu des pi. s grands hommes de tous les grands siècles de ia Grèce G
laissant tout nu dans le gymnase, mais son cœur et son esprit apparaîtraient, toujours plus sublimes, a Usure
tingences de la vie. Je proclamerais alors, sans craindre d être contredit : « Ce moderne vous est supérieur à to is par son savoir, par ses aspirations, par son idéal mo^a Gomme penseur, il vous dépasse de beaucoup, et comme poète ,1 est presque votre égal. » Quel artiste grec pou"!
a 1 2 r . " ' *"^P'-««-°"? Et la Grèce entière
a-t-die jamais produit un homme digne de disputer à
Oœthe la palme de l'humanité ?
Ibid.
i3. La religion germanique.
Avec Jesus-Christ, le génie religieux absolu était apparu au monde. Personne n'était aussi capable de comprendre cet e voix divine que le Germain ; les plus grands' pTtr 'le 1 Evangile a travers l'Europe sont tous des Germains et le peuple germanique tout entier s'attache aux paroles
IwtrS'' "^ r ""^''"^ ^' """''' superstition. I ourlant 1 tvangile disparait et la grande voix se tait.
LE PAxVGERMANISME PHILOSOPHIQUE
car les enfants du chaos ne veulent pas abandonner ces sacrifices sanglants de victimes expiatoires, que les meilleurs esprits parmi les Grecs et les Hindous avaient rejetés depuis longtemps, et que les plus grands prophètes du judaïsme tournaient en dérision depuis des siècles. A cela se joignent toutes sortes de magies cabalistiques, et, venue de l'antique et malsaine Syro-Égyi>te, la transsubstantiation; et cette mixture, arrangée et complétée grâce aux chroniques juives, telle est désormais la religion des Germains.
Le plus grand danger qui menace l'avenir du Germain réside, à mon avis, dans le défaut d'une religion véritablement jaillie de sa nature propre et la reflétant : c'est là son talon d'Achille .
La véritable école, et la j^lus haute, capable d'aifranchir le monde du joug de l'hiératisme historique, c'est la mystique, la philosophia teutonica, comme on l'a appelée. Une intuition mystique poussée jusqu'à ses dernières conséquences résout l'une après l'autre, en allégories, les données dogmatiques.
Ce qui reste ensuite n'est de même qu'un symbole, car la religion n'est plus une conviction, un espoir, une certitude, mais bien une expérience, un événement réel, un état immédiat de l'àme. Lagarde dit quelque part : c La religion est présence immédiate; » ce point de vue est mystique.
L'expression la plus achevée d'une religion mystique absolue, nous la trcfivons chez les Aryens de l'Inde ; mais nos grands mystiques germaniques diffèrent à peine de leurs prédécesseurs ou contemporains des bords du
Gange.
En réalité, une seule chose les sépare : la religion hindoue est d'origine purement indo -germanique et le mysticisme y trouve sa place naturelle, admise par tous; tandis que dans une religion faite de l'alliage de l'histoire
HOUSTON-STEWART CHAMBERLAIN
hébraïque avec la magie pseudo-égyptienne, il n'v a pas de place pour le mysticisme qui, par suite, a été parfois tout juste toléré, et le plus souvent persécuté par nos diverses confessions.
Celui qui interprète mécaniquement la nature empirique perçue par les sens, celui-là a une religion idéaliste, ou il n'en a pas du tout ; s'il en a une autre, il se ment à lui-même, consciemment ou non.
Le Juif ne connaissait aucune espèce de mécanisme. Depuis la création ex nihilo jusqu'à l'avenir messianique rêvé, il n'apercevait que l'arbitraire tout-puissant ; aussi n'a-t-il jamais rien découvert. Une seule chose lui est nécessaire : le Créateur. Au contraire le mécanisme conséquent, tel que nous, Germains, l'avons créé, tel que nous ne saurions désormais nous y soustraire, ne comporte qu'une religion tout idéale, c'est-à-dire transcendantale, telle que le Christ l'a enseignée : « Le royaume de Dieu est en vous. 9
La religion n'est pas, à nos yeux, une chronique, mais une expérience, une expérience interne et immédiate.
Ibid., t. I. 777.