‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 111 sur 139 · La science germanique · texte numérisé non relu

La science germanique

Le repos n'est pas le mouvement, mais bien son opposé; de même les grandeurs égales ne sont pas inégales. Plutôt que de recourir à de semblables hyiDothèses, le Grec se fût brisé la tête contre un mur ; cependant le Germain a fait preuve ici (tout à fait inconsciemment) d'une intuition plus profonde de ce qui constitue essentiellement le rapport entre l'homme et la nature.

Il voulait connaître, non pas seulement ce qui est exclusivement humain 1 comme un Homère ou un Euclide; mais

surtout, au contraire, la nature en deliors de l'homme; et dans cette entreprise, sa soif passionnée de connaître lui a ouvert des voies nouvelles, qui l'ont conduit bien plus loin qu'aucun de ses devanciers. Et ces voies sont celles d'une sage adaptation. L'expérience, c'est-à-dire une observation exacte, minutieuse, infatigable, fournit à la science germanique sa large base, solide comme un roc, qu'il s'agisse de philosophie, de chimie ou de n'importe quel autre ordre de connaissances. L'aptitude à l'observation, et dans cette observation l'ardeur passionnée, le désintéressement poussé jusqu'au sacrifice, la probité, sont parmi les caractères essentiels de notre race. L'observation est la conscience professionnelle de la science germanique.

Roger Bacon dépense sa fortune en observations ; Léonard de Vinci prêche l'étude de la nature et consacre des années de sa vie à la notation exacte de l'anatomie intérieure et invisible du corps humain ; Voltaire est astronome ; Rousseau est botaniste...

Les dons d'observation exacte d'un Goethe sont universellement connus, et la carrière de Schiller débute par des considérations sur « la sensibilité des nerfs et l'irritabilité des muscles » ; il nous exhorte à étudier plus assidûment le mécanisme du corps si nous voulons mieux comprendre l'àme...

Soumission d'un côté à l'égard de la nature étudiée; autocratie de l'autre à l'égard de l'esprit humain, tels sont les caractères distinctifs de la science germanique.

Le Grec n'observait que très peu, et jamais sans opinion préconçue. Il se précipitait tout de suite vers la théorie et l'hypothèse, c'est-à-dire vers la science et la philosoi>hie. Il n'avait pas l'attention j^assionnée qu'exige toute œuvre de découverte. Par contre, nous possédons, nous Germains, une aptitude particulière à scruter la nature, et cette aptitude n'est pas une qualité su[)erfi-

IIOUSTON-STEW ART CHAMBERLAIN

cielle, mais elle se lie intimement aux plus profondes racines de notre être. Gomme théoriciens nous ne nous plaçons pas parmi les plus grands. Les philologues avouent que l'Hindou Pànini surpasse les plus illustres grammairiens de notre époque. Les juristes disent que les anciens Romains nous furent très supérieurs dans le domaine du droit. Lorsque nos navigateurs eurent fait le tour du monde, on dut nous prouver que la terre était ronde pour que nous nous décidions à le croire, tandis que les Grecs, qui ne connaissaient que le bassin de la Méditerranée, avaient depuis longtemps acquis celte certitude par la voie de la science pure. Dans la découverte, au contraire, nous n'avons pas de rivaux.

La condition essentielle pour la découverte, c'est une ingénuité d'Ame et d'esprit exemple de tout préjugé et semblable à celle de l'enfant. De là, ces yeux grands ouverts, ces yeux d'enfant qui nous séduisent dans le visage d'un Faraday. Tout le secret de la découverte se résume en ceci : laisser iDarler la nature. Il faut pour cela une grande maîtrise de soi, qualité qui manquait aux Grecs.

La supériorité de leur génie nous apparaît dans la force créatrice, celle du nôtre, dans la réceptivité...

L'observation est une école qui forme le caractère. Elle est une maîtresse de patience, elle réfrène la volonté propre, elle enseigne la sincérité absolue. Tel est bien le rôle qu'a joué dans l'histoire du germanisme l'observation de la nature.

La civilisation (j'entends le domaine entier de la véritable civilisation) constitue donc chez nous le point central. C'est là un trait de caractère excellent en tant que garantie d'équilibre.

La seule chose qui nous protège contre un excès de science, c'est notre « kultur ». Pourtant, nos dons naturels ne lui confèrent pas l'importance suprême dont elle

jouissait chez les Grecs. Personne ne i^eut i>rétendre que, chez nous, l'art soit une transposition de la vie, ou que la philosophie (dans son sens le plus noble, comme conception du monde) occupe chez nos dirigeants la même place que chez ceux d'Athènes.

Ihid., t. I, p. 786-787.

i5. Politique germanique.

Rome, la Réforme et la Révolution, voilà les trois facteurs de la politique qui continuent à agir jusque dans le présent.

Les peuples, comme les individus, arrivent parfois à une bifurcation; il faut bien qu'ils choisissent, à droite ou à gauche. Ce fut le cas au xvi*' siècle pour toutes les nations européennes, excepté la Russie et les Slaves, courbées sous le joug de la Turquie. Et la destinée de ces nations, jusque dans le présent, jusque dans l'avenir, reste déterminée par les décisions qu'elles prirent alors.

La France a voulu, plus tard, faire violemment volteface ; mais la Révolution lui coûta plus cher que ne coûta aux Allemands leur terrible guerre de Trente Ans, et ne leur donnera jamais ce qu'ils ont manqué l'occasion d'acquérir au moment de la Réforme. Les Germains, au sens étroit du mot (Allemands, Anglo-Saxons, Hollandais et Scandinaves), dans les veines desquels coule un sang demeuré beaucoup plus pur, gagnent sans cesse en force depuis ce tournant de leur histoire. Nous avons donc le droit de conclure que la politique de Luther fut la bonne.

Nous resterons fidèles à nous-mêmes, comme le voulait Shakespeare, et notre seul but sera d'agir de notre mieux, dans les limites prescrites au Germain par sa nature.

nOUSTON-STEWART CHAMBERLAIN 343

Nous marcherons, conscients de notre but, en nous défendant contre les puissances de l'anti-germanisme, et nous ne chercherons pas seulement à étendre notre empire sur la surface de la terre et sur les forces de la nature, mais nous viserons à nous soumettre sans réserve le monde intérieur, et nous saurons pour cela proscrire sans ménagement ceux qui, sans appartenir au même idéal, prétendraient s'ériger en maîtres de notre pensée.

On dit souvent que la politique ne doit pas connaître de ménagements. Pourquoi n'appliquer cette formule qu'à la seule politique? Garder des ménagements, c'est commettre un crime envers soi-même ; garder des ménagements, c'est faire comme le soldat qui s'enfuit de la bataille, oftrant à l'ennemi ses « ménagements » pour cible. Le devoir le plus sacré du Germain est de servir le germanisme. Nous considérerons comme les plus grands et nous célébrerons en conséquence, dans tous les domaines, ceux qui auront favorisé avec le plus de succès l'essor de Tiime germanique, ou soutenu avec le plus de ténacité la prépondérance du germanisme.

Ibid.y t. I, p. 854.

Joseph-Ludwk; REIMER

L HEGEMONIE UxXIVERSELLE DE LA RACE GERMANIQUE

JosEPH-Li DwiG REIMER est encore un jeune écrivain. Sa notoriété repose tout entière sur cet ouvrage qu'il a intitulé Ein pangermanisches Deutschland: (Une Allemagne pangermanistej, et qui, en i<k).5, iit une si rapide fortune. 11 ne la mérite qu'à titre de synthèse. Reimer est un anthropologistc de l'école de Ranke, et c'est à lui qu'il doit ses notions sur 1 idée de race. Mais cette anthropologie, il prétend l'appliquer a la politique. Ça été aussi bien l'idée de Ludwig W oltniann, et celle qui a présidé à la fondation d'une lievue d'anthropologie politique ( Politisch-anthropologische Revue), parue depuis 1902, et où écrivent, à coté de Ludwig Woltluann, des écrivains tels que le germanisant Ludwig Wilser, et les ethnographes Kreitschek, ou J. Lange, von Ujfalvv! von Ehrenfels. J ^ »

Bien qu'il doive beaucoup aussi à Gobineau et à M. Vacher de Lapouge, comme tous les panégyristes allemands de la suprématie raciale des Germains, c'est Houston-Stewart Chamberlain qui est son vrai maître. Et par lui, il rejoint les pangermanistes de la vieille observance, un Paul de Lagarde, un Friedrich Lange, ceux pour qui le souci de la suprématie allemande était un souci religieux. Reimer est comme eux un fondateur de religion. Mais son protestantisme nouveau, très mtolérant comme celui de Lagarde, est positiviste, comme celui de Friedrich Lange. Il prétend renouer le lien du sentiment et de la science. Le christianisme, qui a subi déjà tant de sécularisations, à commencer par celles qui lui viennent des Eglises, si étrangères le plus souvent à sa vie intérieure, en subit une dernière par ces théoriciens de la genèse biologique des idées. L'amour du prochain, sans distinction,

JOSEPII-LUnwiG REIMER

e grand humanitarisme chrétien est repoussé comme contraire a la philosophie des races. L'humanité nouvelle ne doit coinprendre que des Germains; et ce sont des Germains seulement qu il faut secourir.

ceftaii'^e^^tX^'n '"r ^^^^^'^^^^^^ '^^ ^^gne d'ailleurs une certame égalité libérale. Naumann a pour disciples, dans lol^dre pohtique, ces jeunes pangermaiistes de l^nthropo logie. Ils repoussent 1 mternationalisme socialiste comme conduisant au chaos ethnique. Ils croient à la sélection p^r

des territoires qui seront nécessaires à nourrir le peuple élu Mais ce peuple, gouverné par un césarisme dén ocrallaue' sera un peuple libre. Ce serait une erreur de croirque'e pangermamsme est un idéal conservateur. Une fois denlus comme a propos de Harden, de Naumann, de Friedrich Linge' de Wol manu, et de tant d'autres, nous avons à faire remfr-

rst^asle^Hh'" 7'" '^'^^'"'^ '^ l'Allemagne libérale. Ce

n est pas le liberahsme ancien sans doute; mais c'est le seul

iberahsme dont l'Allemagne soit capab e aujourd'hui Ce

amb tions ; et comme il ne peut offrir au peuple un culte aussi entièrement dévot de la monarchie que les parlfs co ! servateurs 1 lai offre le culte du peuple ^lemand^îû^L'me La monarchie et le peuple ainsi se rejoignent dans un césa: risme nouveau qui serait, s'il réussissait à s'établir, îapL prodigieuse entreprise d'oppression que le monde ai vue

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