I. Rapports de la civilisation et de la culture
Si nous voulons apprécier la valeur d une race au ix>int de vue humain et social, il nous faut établir une distinction entre la civilisation et la culture. La culture a ses racines dans le cœur même de la race ; elle est l'expression des rapports entre une âme et le monde qui l'entoure. Pour être logique, il faut poser, dès le début, ce principe que toute culture a une origine qui lui est propre. Ce n'est qu en second lieu que nous pouvons en apprécier l'aptitude à la civilisation. Cette culture n'est pas susceptible peut-être de favoriser l'éclosion d'une civilisation, ni même d'en suivre le développement.
JOSEPIl-LUinVIG REIMER
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A chaque race correspond une culture unique qui ne vaut que pour le groupe ethnique où elle a pris naissance. En la comparant à celle d'autres races, nous on découvrons le caractère spécifique; sa valeur est diflcrente suivant le milieu, suivant le degré de civilisation. Kinégalité des races apparaît : i** dans le rapport étroit de la culture et de l'aptitude à la civilisation — ceci est primordial : la culture des Germains, par exemple, est nettement la condition première de notre civilisation européenne actuelle par laquelle nous faisons la conquête dn monde; 2° dans le niveau de civilisation que la race a atteint. La civilisation de la race germanique et des branches qui en dépendent sera toujours supérieure à celle d'une race étrangère.
En résumé, la culture de notre race est spécifique, c'est pourquoi tout croisement avec une race étrangère sera nuisible. La culture de notre race a une valeur unique pour nous, et tout ce qui vient du dehors, quelle qu'en soit la perfection, exercera une action contraire à notre idéal, à nos conceptions, à nos sentiments.
Notre race avec sa culture est supérieure à toutes les races et à tous les peuples de la terre; l'harmonie entre notre culture et notre civilisation est parfaite. Notre civilisation a atteint un tel degré de perfection qu'elle surpasse et domine, d'une façon jirodigieuse, celle des autres races et autres peuples de la terre.
La culture et la civilisation agissent réciproquement l'une sur l'autre : la civilisation sera donc un moyen de plus en plus parfait pour réaliser les fins de la culture .... ■ • • •• • • ...«••••"
On ne peut pas considérer séparément le milieu et la
race.
La race, dans l'Histoire, nous apparaît pour ainsi dire sous deux aspects, sous deux formes diiférentes : l'une s'est déveloï)pée dans les temps préhistoriques les plu-
reculés, elle constitue la partie immuable, inébranlable, l'essence même de la race; l'autre, variée, mobile, est soumise aux mille incidents fortuits de la vie quotidienne et exprime les liens qui nous unissent à la nature et à la civilisation.
Le fond primitif, l'essence de la race, se découvre dans la culture ; celle-ci est déterminée et limitée, inhérente à la race dont elle est l'àme en quelque sorte. La civilisation représente un second aspect ethnique ; elle est beaucoup plus étendue, plus variée que la culture et reflète les influences diverses exercées par les milieux difl*érents. Je ne veux pas séparer entièrement ces deux concepts, ni faire ici de distinction tranchée, c'est impossible. Je ne veux pas dire que la culture et la civilisation ne puissent pas subir ou exercer des influences communes. Il y a eu des peuples et des races qui, à une haute civilisation, ont uni une culture inférieure (Carthaginois, etc.), d'autres, qui ont allié une civilisation peu développée à une culture des plus hautes. La capacité de culture, abstraitement parlant, désigne une forme d'humanité supérieure qui se manifeste chez l'artiste, le penseur, le philosophe, l'inventeur. La capacité de civilisation désigne l'aptitude à créer pour l'organisme des possibilités vitales de plus en plus nombreuses, sans avoir vraiment égard à ce qui constitue l'essence de l'être humain; si bien qu'un homme d'une civilisation des plus raffinées peut être un barbare et une brute. La civilisation qui n'est pas essentielle, mais secondaire pour l'homme, peut amener une évolution ascendante de l'humanité. A un certain degré de son développement on verra si la culture et la civilisation peuvent s'harmoniser.
La culture germanique, par exemple, nous presse vers une civilisation plus haute et plus harmonieuse. La civilisation ne peut donc atteindre un degré supé-
JOSEPH-LUDWIG REOIER
rieur, que si elle a ses racines dans la culture de la race. Le mot de « civilisation » que Ton entend partout ne doniir aucune indication sur la valeur que possède, au point de vue de la culture, l'état de choses ainsi désigné. Si la civilisation a atteint un certain déveloj)pement, comme chez nous, par exemple, elle sera de plus en plus subordonnée à la culture de la race.
La culture n'est pas susceptible d'être transmise, la civilisation Test jusqu'à un certain point.
Il est même possible qu'une race étrangère emprunte à une autre son milieu artificiel (sa civilisation) et en subisse l'influence. Le Japon nous oiïre de cela un exemple frappant, mais encore incomplet. L'action réciproque du milieu et de la race avait créé au Japon une organisation sociale caractéristique et qui constituait la vieille civilisation et la vieille culture japonaise.
Il y a quelque dix ans les Japonais furent initiés à notre civilisation. Ils firent la connaissance de notre milieu social artificiel; ils en reconnurent la supériorité, s'y jetèrent aveuglément, soutenus par leur vieille civilisation aux fondements solides. Ils imitèrent les détails extérieurs, les gestes sjiontanés et instinctifs qui caracté risent notre milieu social. On i)ut aussitôt constater le contre-coup sur le milieu de cette race. La race \)v\l un aspect européen, elle se rapprocha de notre civilisation, elle, adopta même les idées de notre socialdémocratie. J'ai entendu un Japonais, Katayama, faire un rapport pour une revue sociale- démocrate, sur le mouvement prolétarien au Japon; suivant l'exemple donné par les Allemands en i8jo, les prolétaires osèrent protester contre la guerre avec la Russie, qui était une question vitale pour tous les Japonais insulaires : un enfant aurait pu se gausser d'une telle manifestation prolétarienne. Ainsi les Japonais nous olfrent un exemple frappant de la souplesse de la civilisation et de la facilite
avec laquelle se transmettent les habitudes du milieu artificiel.
Qui pourrait croire que les Japonais sont devenus vraiment des Européens, qu'ils ne se distinguent plus des Germains parce qu'ils ont adopté nos idées socialistes? Sans doute, ils ont emprunté notre costume, mais leur race est restée immuable. Ils ont copié notre civilisation, ils ont établi une organisation sociale semblable à la nôtre, mais ils n'ont pas pu s'assimiler notre culture que nous avons dans le sang. Il faut attendre pour voir ce que deviendra cette civilisation qui leur a été imposée, qu'ils ont acceptée non de leur propre gré, mais bien par la force des choses.
Celui qui considère les Japonais comme des alliés de demain n'a pas le sens des différences biologiques; il ne sait pas établir de distinction entre les époques historiques, il confond la civilisation et la culture et se trompe comme celui qui accorde plus d'importance au milieu qu'à la race.
Ein pangermanisches Deutschland (Une Allemagne pangennaniste, Berlin, 1905), p. 3i-32, 3o4-io5.