Nécessité de fonder une hégémonie mondiale
germanique.
Nous voulons et nous devons créer un Empire germanique allemand, un empire mondial sous l'hégémonie allemande. Pour y parvenir pratiquement, il nous faut :
a) Germaniser les Ëtats Scandinaves et les Pays-Bas (les dénationaliser dans le sens le plus faible du mot) ;
b) Il faut décomposer en leurs éléments les peuples « non germains », attirer à nous leur essence germanique, la rendre allemande et rex>ousser ce qui en eux est « non germain » .
Par là nous donnerons :
1° Une nouvelle vigueur au caractère germanique du peuple allemand ;
2* Nous affranchirons et nous sauverons chez les peuples « non germains » le sang germanique menacé de périr;
3"* Nous étendrons l'Empire sans tomber dans l'uni versa lisme;
4* Nous ferons retour à la race germanique primitive; en même temps que nous conquerrons des terres nouvelles, nous diffuserons notre race sur des domaines nouveaux; nous aurons ainsi un territoire plus vaste et une race plus pure
Il y a une grande difficulté pratique, en présence des croisements très fréquents du sang germain, à fixer nettement le critérium auquel se reconnaît le caractère germanique. Cette question est très délicate; strictement,
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d'après la science, il faudrait nous borner aux individusqui réunissent en eux tous les caractères spécifiquement germaniques. Pratiquement le résultat serait peu satisfaisant, car de tels individus sont rares chez tous les peuples que nous avons à considérer. Il faut donc adoucir la rigueur scientifique, ne pas restreindre la race aux Germains purs et accueillir aussi les « Germains partiels ». Nous luttons encore à Hieure actuelle pour la conservation de notre race. Que d'autres, dans l'avenir, suivent le progrès de la science et luttent à leur tour pour son degré de pureté et pour sa beauté!
Je ne veux pas anticiper sur l'avenir, je veux simplement enrayer la dégénérescence croissante. Il faut déterminer les caractères des métis germaniques qui seront les futurs habitants de la nouvelle Allemagne; il le faut pour des raisons pratiques et politiques.
Peut-on admettre un principe qui, de par son essence, exclurait des peuples que nous avions l'habitude de considérer comme les ramifications d'une seule race, qui limiterait la race germanique à un seul peuple, qui'n'est qu'une fraction du groupement ethnique admis jusqu'à présent? Peut-on faire d un tel principe une opinion po^ pulaire sans tendre à l'impossible? Je réponds affirmativement, mais je pose les conditions suivantes :
1° Qu'on donne au terme de Germain, réservé seulement aux Allemands, un sens aussi large que possible; 2« Qu'on ne fasse plus de distinction entre tous ceux qui font partie de l'Empire allemand et qu'on étende à priori le terme de civis germanicus à tous les Allemands de l'Empire. L'Empire étant solidement établi, on examinera avec d'autant plus de minutie critique les autres^ peuples et nous ferons appel à eux pour donner plus de vigueur à notre race...
Il y a quelque temps, le Kaiser prononça ces paroles : CMhs Romanus sum, « je suis Allemand ». Je fus un peu
troublé. Qa'élait-ce que ce droit de cité? Celui des Romains de vieille roche qui croyaient qu'en vertu d'une faculté inhérente à leur race, ils devaient gouverner le monde en qualité de Romains? Ou celui de Caracalla qui incarnait le cosmopolitisme romain universel et la soumission à FEmpereur. Lequel de ces deux rôles nous était dévolu, à nous, braves Allemands? Celui de l'homme libre et souverain, du Ckns Romaniis ou celui de bon Clçis subjecluSy de sujet des Hohenzollern, de bourgeois cosmopolite? Je ne pus donner de réponse au doute qui m'agitait.
Mais je repris ces paroles. Jp les méditai et j'en conclus qu'elles devaient signiiier : Civis Germaniciis siim, « je suis Allemand », de même qu'autrefois le Romain, en tant que CUns Romanus et en qualité d'homme libre, régnait sur le monde, de même l'Allemand en tant que Germain doit régner sur h; monde dans le présent et dans l'avenir comme Cwis Germaniciis. Je vis l'union germanique de FEurope centrale réalisée sous la bannière de la Civitas Germanica, du nouveau droit de cité allemand et germanique.
Ainsi, le fait d'avoir compris l'histoire et les fondements politiques d'un Empire d'origine analogue nous a amené à saisir une idée qui, je crois, nous servira. C'est à nous à tirer de la Civitas Rornana une leçon pour la Cii^itas germanique : l'Empire romain périt lorsqu'il renonça à la ciçitas et à toutes ses conséquences juridiques en faveur de l'humanité tout entière. Il faut donc doublement nous mettre en garde contre cette idée erronée, qui, de même qu'elle a ruiné l'antique Rome, nous ferait disparaître dans le goull're de l'humanité.
lhid,y p. 137, i4o, i4<)-i47-
JOSEPH-LUDWIG REIMER