‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 16 sur 139 · CIX · texte numérisé non relu

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la besogne d'interprétation tendancieuse à laquelle se refusait le maître. Par degrés le pangermanisme philosophique retourne ainsi au wagnérisme, oii il avait une de ses plus fortes racines nourricières.

Ludwig \\ ollmann est venu à la sociologie par le marxisme. Le parti socialiste allemand, dans lequel il faut admirer une des plus puissantes entreprises de réclame qu'il y ait au monde, lui promettait grand avenir. Il n'a pas été le principal, nuiis le plus ambitieux de ces jeunes tliéoriciens du nouveau prédestinationnisnie biologique. Pour leur positivisme, l'histoire miiverselle entière n'est qu'un fragment de l'évolution organique. W oltmann se préoccupa de découvrir les régularités de cette évolution ; de fonder cette biologie sociale ; de découvrir les lois de cette anthropologie poUtlque (i).

Son principe fut de juger toutes les organisations sociales (les mœur^ les morales, les lois, les constitutions), d'après la séh-ction qu'elles permettent ou entravent. Faites pour nous aider dans la lutte contre le (leliors ou pour écpiilibrer des antagonismes au dedans, quelle adaptation favorisent-elles? A quelles formes de domination sur le monde et sur les liommes ont-elles abouti? Car, au terme, c'est à ^'hiblir de telles formes qu'elles servent. Toute lutte l>c>iir le droit est une lutte pour la force, c'est-à-dire pour le pouvoir qui dispense de peiner. Il n'y a pas de civilisation supérieure sans une teciinologie qui

.■.fP„n"'''''f .^^'^'^'^'^"^^ '^ »'^^"*J«^' *^n 11»^'^ avec quelques collabo-

■ nfuroioloifisc/ie Unuc (jui rec-ut -rand accueil. Il a résumé ses «csultats personnels dans sa PoliUsCœ Anthropologie, iJo3

*ii

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asservira la nature, et sans une hiérarchie qui asservira les travailleurs, pour le prolit d'une élite assurée de loisir. L'homme est un animal dominateur, et riiistoire entière n'est que le bilan de ses victoires. Toutefois, le don de dominer, comme il est inégal en divers hommes, varie de peuple à peuple. L'anthropoloi^ie politique a pour première tàclie de définir les caractères d un « peuple de maîtres ». Les caractères tiennent à la race; et il ne faut pas définir la race par ses constantes physiologiques les plus visibles (comme la taille, le crâne, le pigment), mais par les variations germinales les plus invisibles, comme les

instincts.

Il y en a parmi ces caractères qui sont secondaires; aucun n'est inutile. La proportion des os et des muscles n'est pas indifférente, puisque d'elle dépend la vigueur militaire et industrielle. Les races à jambes fortes peuvent seules triompher militairement. La précocité sexuelle, la fécondité, la longévité, l'aptitude à racclimatation importent beaucoup. Les races blondes, tardiVes à l'amour, peu usées par ses excès, et de forte nataUté, conmient ne l'emporteraient-ellej^ pas tôt on tard sur les nègres licencieux, de vie courte et que le froid rend tuberculeux? Plus pourtant que ces earastéristi(iues de la vie musculaire on sexuelle, celles qui sont profoiKiément inscrites dans le système nerveux décident. « Le cerveau humain, disait un grand médecin allemand, Reil, est le berceau de l'histoire (i). » Est-ce un hasard si la pigmentation blonde est toujours accompagnée d'un cer-

Il V. W(>LT:*Ax:f, Polidsche Anthropologie, p. al^ô.

PRÉFACE

veau meilleur? Or, la taculté d'invention et d'assimilation originale dépend de la qualité du cerveau. Il n'y a pas de fait plus gros de conséquences. Car il signifie que la transmission d'une civilisation supérieure à une race inférieure est impossible sans mélange de sang. Les peuples nègres n'ont jamais adopté les civilisations méditerranéennes dont ils étaient voisins. La puissance des idées échoue contre les limites des aptitudes naturelles. Est-ce un hasard encore si les (rermains ont adopté vite et avec originalité la culture grecque et romaine, et s'ils ont adopté avec lenteur, à contre-cœur, une religion sémitique à peine hellénisée, le christianisme?

Enfin il y a le critérium de l'inégale énergie volontaire. (;'a été une vue profonde de Klennn, que de distinguer les races en actU^es et passives. Les races actives forment des peuples de chasseurs et de pasteurs; des peuples migrateurs, remuants, qui renversent des empires et en fondent ; qui ne supportent ni théocratie ni tyrannie ; insatiablement curieux, chercheurs infatigables, imaginatifs et de foi fervente.' Les races passives forment des peuples sédentaires, dépensée immobile, mais pacifiquement industrieux. Elles ont créé l'agriculture. Toute l'histoire primitive nous montre aux prises, dans un antagonisme naturel, ces peuples sédentaires avec les nomades plus énergiques. Au terme de la lutte, invariablement, une aristocratie d'envahisseurs s'installe sur ù race passive, à qui elle laisse l'agriculture ; puis toute l'activité politique du peuple nouveau, ainsi constitué, se dépense à intégrer la clas.^e ainsi subalternisée dans la vie de ses dirigeants. Les

Li: PANGERMANISME PHILOSOPHIQUE

convulsions d'Athènes tiennent à la révolte précoce du démos. Toujours, l'aristocratie se compose de ces beaux dolichocéphales blonds qui ont en tous pays fourni les conquérants. Les blonds Héraclides de Sparte sont venus du Nord. Tacite atteste que la décadence romaine commence avec la rareté des hommes blonds. C'est que 1 ame romaine était morte avec la race romaine, dont il se fit une effroyable usure. De tout cela quel enseignement tirer? Il faut interroger l'histoire et le temps présent pour leur demander quel est le peuple le plus ossu, le plus blond, le plus fécond, le mieux conservé dans sa fraîcheur de sang, le plus inventif, le plus audacieux, le plus capable de commander. Nul doute, pour Woltmann, que ce ne soient les Germains.

On peut aflirmer de tous les peuples que la quantité de race blonde qu'ils contiennent décide « de leur valeur civilisatrice » (i). Ce critère appliqué aux peuples modernes veut dire qu'ils valent à proportion de ce qu'ils contiennent de sang germanicjue.

La civilisation romaine croupissait dans le marécage de sa brachycéphalie brune et de son sémitisme. Viennent les barbares blonds. Quelques siècles passent ; et les familles nobles de toutes les grandes cités italiennes ont des noms de Germains; les noms de tous les :i:rands artistes, de tous les savants, de tous les lioiiiiues d'Ktat du Picmonl, de Toscauc, de, Venise sonnent f^ermanique. <)ui plus est, leurs yeux bleus dans leurs visages blonds leur composent une ]>liysiononiie du Nord qui décèle leur

(i \\(>LT>iA.\.\, l'olilische Anlhri>i>ologie, p. i<>;.

PnÉFACE

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origine. La Renaissance n'est donc pas un lait de contagion mentale; elle n'atteste pas l'inlluence brusque de l'antiquité retrouvée. Elle est un lail de race; et la lloraison des génies dans des régions longtemps infécondes commence lorsciue le mélange est assez étendu et assez profond avec les Gevmains (i).

On n'ajoutera rien de pire à cette série de sophismes, quand on aura <Ut que Woltmann les recommence pour la France. Est-il vrai que les formes essentielles du style roman, les chapiteaux cubiques à ornements végétaux et animaux," sont des vestiges de l'architecture en bois germanique, ou que les cloîtres reproduisent la log^fia (Laube) du primitif chalet francique et alémanique? Quand ce serait vrai, qu'est-ce que cela prouverait si c^n'est une migration de motifs ornementaux? Woltmann veut que tous les grands constructeurs de cathédrales soient des (îermains. De ce qu'Eudes de Montrcuil, ]{aoul de Coucy, Hugues de Vézclay portent des prénoms pris à l'envahisseur, il conclut à l'identité de sang. On aflirmerait avec autant de raison que nos prénoms bibliques ou grecs ou romains attestent une origine sémitique, grecque ou romame. Vieilles erreurs de méthode, trop souvent dénoncées. La langue et l'onomastique d'un peuple ixuvent avoir changé de fond en comble, que cela ne prouverait rien sur le mélange de sang qu'il a subi. Etudier deux cent cinquante portraits

^ ji) L. WoLTMAN.N, me Germanen iind die Henaissanee in Italien,

LE PANGERMA.MSMK PHILOSOPHIQUE

PRÉFACE

criiommes illustres, iaire état chez Montaip^ne de son teint frais, chez La Fayette de ses yeux bleus, ciiez Mirabeau de sa crinière blonde, chez Danton de sa carrure athlétique, c'est superposer des puérilités pliysiolo^Jriques aux puérilités philologiques. Et à quelle conclusion veut-on en venir? Si tous les peuples supérieurs sont germanicpies dans leur élite; si tous les événements les plus graves de l'histoire de la civilisation n'ont été que des luttes lintre héros et nations germaniques, il est bien évident (jue le globe appartient aux Germains. Mais appartiendra-t-il aux Allemands?

La domination du globe est promise aux Allemands, s'ils sont seuls à ne pas s'appauvrir en lionimes blonds. En France, dit Woltmaim, les blonds les plus énergiques ont dos longlem[>s émigré. On les retrouve au Canada ou en Louisiane, oîi ils sont i)erdus pour la métropole. Ils émigrent dans les villes et s'y consument. Les guerres civiles, la persécution des Huguenots, les massacres de la Révolution les ont décimés. Mille mesures restrictives, le célibat des prêtres, la médiocre natalité générale, les empêchent de se muUiplier. Pour toutes ces raisons le courage Irançciis et la Ibrce d'expansion franvaise diminuent. Il reste donc que la lutte i)our la maîtrise du globe se concentre entre les nations de race germanicpie pure, de étales (pii font souche de blonds depuis des siècles, et dont tous les autres peuples tiennent leur part d'héroïsme et de génie. Si la grandeur d'un peuple se mesure à la quantité de conditions défavorables (ju il a su vaincre, nul doute que la plus grande

nation au monde ne soit l'Allemagne. Il était plus court de confesser celte foi sans phrases, au lieu de scruter les yeux bleus de Dante et les cheveux blonds de Mirabeau.

Cette argumentation aftirme la victoire finale de l'Allemagne, parce ({ue rAUenKigne, de toutes les races blondes, serait la plus pure. La cause réelle des décadences nationales serait à chercher non dans la décrépitude morale, mais dans les mélanges de sang imprudents que les nations* ont consentis. Mais qu'est-ce donc qu'une race pure? Et qu'est-ce que la décadence? Est-ce déchoir de la puissance militaire? In peuple est-il déchu parce qu'il s'est trouvé impuissant à épanouir l'essence profonde de sa personnalité collective? Ainsi se trouvent toujours connexes le problème de la race et celui de la culture ; et ils sont ainsi posés dans leur connexilé par Heinrich Driesinans.

Ce théoricien vient de Nietzsche, lui aussi. Il en vient, après avoir traversé le christianisme social I)réconisé jadis par le colonel pacitiste Moritz von Egidy et continué depuis, avec une couleur plus notablement germanique, dans les cénacles dont le pasteur Johannes Millier est l'orateur le plus adulé.

Nietzschéen faux ou vrai, c'est au pessimisme tragique d'un Hebbel que Driesmans remonte lorsqu'il définit toute vie par une agression carnassière, par n'i « bond de tigre » ayant pour mobile le besoin de

se rassasier (i). La civilisation change les formes de Fagression ; elle ne détruit pas l'appétit sanguinaire qui est dans les hommes. Lessing exécutant Klotz; Nietzsche « tranchant la gorge » aux formes traditionnelles du christianisme, sont de grands félins qui s'en prennent à des félins plus petits. Entre l'Allemagne, carnassier ivre de force, aux prises avec la France, félin moins fort, mais rusé et cupide, le litige n'est que de savoir quelle sorte d'appétit fauve l'emportera.

Est-ce là une pure pliilosophie de force? C'est une philosophie de la vie, comme celle de Fiehte et de Hegel. La biologie contemporaine la nourrit de notions plus précises. Sa croyance ressoude lentement la tradition métaphysique interrompue par le positivisme. Pour Driesmans, la culture vraie est métaphysique. Elle consiste à se sentir un avec le fond même de la vie primitive, et à puiser, dans la profondeur de ce sentiment vital, une inépuisable énergie créatrice. Tous les peuples n'ont pas le don de pénétrer jusqu'à cette source des énergies vivantes. Fiehte l'avait dit. La nouvelle « anthropologie politique » retrouve sa doctrine.

L'antithèse établie par Fiehte entre Germains et Latins, il faut donc la généraliser. Elle existait déjà entre Hellènes et Sémites. Dans l'hellénisme primitif, que nous avons tant de peine à nous ligurer, une qualité semble avoir dominé : le prodigieux élan vital, le courage et la force de goûter intégralement

(i) Driesmans, Die plastische Kraft in Kiinst, Wissenschaft nnd Leben, 1898, p. 154. « Leben ist der innere Tigersprung, der Saeltigung irgend ^vclchc^ Art erstrebt. »

PRÉFACK

1 existence A,ns. doués, les (I.-ecs .u- faisaient ..u...e que <Ics Barbares de jfénie. Us eussent pu ne jan.a.s amver à la civilisation, sans le eontaet ave.une race bien plus superficielle, „,ais sou,,Ie, scep- ..|..e, dissolue, inlinin.ent supérieure toutefois dans toutes les inventions techniques, 1... sémites. Le contact alla jusqu'au mélange du sang. Ce fut 1--, pour les (irecs 1'. incitation à se civiliser » Il .«rtil .le ce mélange une Grèce sémitisée, habile cette fois |'<. tous les arts, nxais oi. la force hellénique mair.|»aa I excitation sémitique. Aussi la mesure parlaite règne dans l'art et dans la politique gre'cs des me. leurs temps. Ce temps ne dure pas. Par le démos i'"l"v de sang sémitique arrive trop puissant : alors le doute socratique monte ; la subtilité vainc augmente pour aboutir dans lalexandrinisme, au pur "icel, à la décadence. '

Celte histoire est à méditer. Elle a été celle de la tnince: et elle a failli être celle de T Allemagne. Il e.a. descendu par le Ji.tland un peuple vic-oureux el pro o„d, sevré de tout par la nature ingrate, alfamé de ous ses sens, les Cermains. Leurs appétits rel^...les en avaient fait le peuple le mieux fait pour •e .-eve et la méditation intérieure, mais aussi av ient : ' "»h; en eux le besoin inouï dune vie c< vraie . .tensihec par toutes les ivresses de la passion et de' »orce Ils enfoncent comme un eoiu dans un autre ••"P <■ ''« q"«l'tés tout opposées, les Celles : ceux-ci ;-b.les. migrateurs, pillards, non dénués de chevane. mais aimant mieux l'or que la terre et esclaves c femme plus qu.- de lor; habiles en toutes les ^•'".ques. el en ,,arliculier amis des belles ma-

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LE l'AXGERMAXlSME PHILOSOPHIQUE

PREFACE

nières; artistes, aisriuent séduits par les belles images; diserts, mais lià!)lenrs, remuants au moral comme au physique, éternellement mécontents et révoltés.

Par une elianee énorme pour eux, dans leur clioc avec les Francs, les Celtes sont écrasés. Ils ont [)our maîtresse la tribu jçermanique la plus rude, la plus cruelle, la plus inexorablement dominatrice, celle qui pouvait le mieux équilibrer leurs défauls. On sent dans tous les p;rands rois de France, en ('lovis, en Louis \I, en Louis XIV, cette force u^ermanicpie impétueuse (pii pétrit les nations. Toutefois contre ces dominateurs, le Celte astucieux se redresse. Il devient le virtuose de tous les arts, l'indispensalde amuseur. Il fournit à ses suzerains les valets et les courtisanes. Il les corrompt par la sensualité et le culte de la femme. Bientôt, c'est le verbalisme pur, l'orthodoxie romaine, ou son pendant moderne, Tatliéisme ; la vaine hâblerie des assemblées parlantes: ranarchie périodique et qui aboutit à des massacres, autant à ceux de la Saint - Barthélémy qu'à ceux des Révolutions modernes; une politique d'alcove, universelle de Louis XIV au Directoire et juscpi'aux plus modernes Présidents de la République. Ln peuple sans indépendance vraie, j^réji^aire, esclave de toutes les orthodoxies, ([u'il rejette ensuite dans un élan non moins unanime, capable d'improvisations de génie, mais retournant aussitôt à ses calculs de basse futilité ; voilà ce cpie devient une nation en qui le sanjç germanique a été refoulé par la souche celtique.

Comment la nation allemande a-t-elle résisté^ File trouvait les CeKes chez elle, sur l'Elbe et sur^e Danube. Ils 1 mfeslaient du dehors. Des missionnaires irlandais ou gaulois lui apportaient leurs arts et le narcotique de leur religion. Par eux une sa-esse d'eunuques lui était inculquée en paroles latines' \ujourd'lmi encore, en Ibule, des prêtres (qui ne sont jamais blonds, mais gras et bruns, comme des Celtes) poursuivent cette tache d'assoupir le fauve germanique. Plus subtilement encore les Celtes apportèrent leur culte sensuel et mièvre de la femme I a vertu alleuKmde y résista. Pas une légende celtique quelle naît transposée en chevalerie spirituelle \ cela deux causes : v> la iemme allemande, restée roJ>uste et de tournure masculine, comme il convient a un peuple martial, ne se prête pas à ce culte de son sexe; .> le peuple allemand, pour son bien, esl peu artiste. Il reste pareil à ce qu'il fut, quand fois cents evèques réunis à Fulde (;c)4 ap. J.-C.) ,,'.p„, |l'crent le culte des images. Ainsi la Réforme, qui i>nse les images des saints, avant tout, est une lutte ^ ^^ races : un déchaînement plébéien impétueux et ^ ^onysiaque contre une discipline sociale et contre des façons de penser qui sont contraires au san-^ germanique lui-même. Depuis le xvr siècle, les deux cnihsalions, l'une dite catholique, en réalité celtoromame, sensuelle, imagée, artiste et fine: l'autre < »te protestante, en réalité germanique, iconoclaste I' "iorale, s'alïrontent sur l'ancien lune, des Romains, ^>" elles sont retranchées séeulairement. Tous les ^^^ih poètes, l'humanisme et (nethe, sont avec la '^iture imagée: tous les grands philosophes tiennent

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pour la culture morale. Ce eonllit perpélue de vieux anlaa^onismes inscrils dans la race allemande ellemême. L'Allemaî^ne aurait peut-être péri dans le sehisme et dans les massacres, sans le peuple saxon <|ui s'est formé au nord et au nord-esf, d'un autre mélange. On l'appelail welCe au moyen à«:e ; on l'appelle prussien aujourd'hui. Tue troisième Allemagne est née, sla\o-germani(pie et réputée barbare, mais qui fut en réalité rénovatrice de la culture allemande. C'est aux Prussiens, à ee |)euple fruste, mais liéroupie, qu'il appartient de sauver le germanisme, dût |)arfois l'étreinte dont il le soutient èlre un peu trop vigoureuse, ^lais les hauts faits du peuple allemand, ainsi préservé de la dissolution, Driesmans n'éprouve pas le besoin de les ])rédire : ils seroni tels que les voudra la supériorité raciale démontrée de ce peuple.

Il n*en est pas moins vrai que le mélange germanoslave paraît même à Driesmaus un solide alliage d'oii tirer une civilisation. Ces éducateurs nouveaux de rAllemagne saveiil assez d'ethnographie, malgré leur dilettantisme, pour ne pas ignorer qu'il n'y a pas de races sans mélange*. Ce n'est pas à dire qu'ils tolèrent le mot scandaleux de Virchow : « Qu'est-ce qu'une race pure? C'est une énigme, dont personne ne sait le sens, en ce lemps d'égalité des droits. » Selon eux, il est d'une importance vitale pour les nations de ne pas s'abâtardir.

Le théoricien de cette pureté nouvellement délinie est Houston-Slewart Chand)erlain. (Vest un

wagnérien militant et cullivé; et par lui le cercle se referme qui, par Richard Wagner, ramène à Fichte la pensée allemande contemporaine. Il faut dire que, s'étant longtemps occupé avec compétence de pliysiologie végétale, il apporte dans ses définitions une précision cjui fait défaut souvent aux ethnographes dilettantes qui collaborent avec lui à la Poiltisch-Antliropolog'ische Revue. Ses thèses, les voici.

11 n'y a pas de race originellement supérieure. C'est là une chance ; car aucune race ne s'étant conservée à l'état de pureté, il faudrait désespéj^er d'en voir une seule donner la mesure de ses aptitudes, si cette pureté était rectuise. La terreur éprouvée par Gobineau de voir se réaliser le chaos des nations, est superstitieuse. Les races deviennent nobles et pures, comme les arbres fruitiers, par greffe et par croisement. La sélection des bêtes de race précieuse se fait par un savant dosage de sang ; et la seule t>ureté qu'on réclame d'elles, c'est de conserver cet heureux dosage. Est-il besoin de dire que tous les éléments qui y entrent ne valent pas également? 11 y a des germes de croissance plus vigoureux en quelques races. Chamberlain croit aussi avoir observé qu'une prolifération dans un milieu sévèrement restreint intensitie les (|ualités des races d'élite. Les peuplades grecques et romaines ou les plus nobles tribus germaniques, les Francs et les Souabes, sont restées |>ures de mélange longtemps. Leur sang n'était-il pas déjà composite? Enigme de la préhistoire. Le préjugé de la pureté n'est pas entièrement dénué

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LE PAXflERMANlSME PHILOSOPIIIQL K

PIÎKFACE

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de rondenienr dans les lacos et dans les castes. Il reste qu'en lait il n'y a plus depuis longtemps de races pures et (jue les peuples les i)lus grands sont nés de mélanges ap|)ropriés, d'élémenls peutêtre eux-mêmes complexes. La civilisation grecque la plus haute n'a surgi qu'après les migrations (pii, de l'est à l'ouest, et inversement, mêlèrent toutes les tribus helléniques. Les Romains sont nés de deux tribus latines mêlées à une tribu sabine. Les Germains purs étaient de nature Iroj) brutale. Kn Bourgogne, oîi ils se mêlèrent aux Latins, il naquit une race riche en grands hommes. Plus au nord, quand les Francs se greffèrent sur une population gallo-romaiiu', il surgit vraiment un type nouveau d'humanité. L'Allemagne du Sud, à laquelle appartiennent Gœthe et Schiller, ne doit sa supériorité (pi'au mélange de sang celtique et germaniciue. La Saxe serait moins féconde en talents, sans la rencontre des Germains et des Slaves qui s'est faite sur son sol. A Berlin, la fusion des Brandebourgeois germano-slaves avec les huguenots français a donné une population d'hommes très vigoureux de caractère et très doués. Seulement, c'est un petit nombre de ces mélanges qui réussit et on n'en sait pas d avance le succès. Comment pouvait-on prévoir la mine chétive des métis issus de Péruviens et de Paraguayens ? Il n'y a pas de laboratoire ethnologique où puissent se faire des expériences de recherche. Ces expériences, l'histoire les fait en grand. Le malheur est que cette expérience des peuples, quand elle est achevée, a aussi consommé leur destinée. Après Marins et Sylla, quand se

généralisii raffranchissement des esclaves, des lorrents de sang africain et syrien passèrent dans le sang romain. Cette Rome métissée ne lut i)lus capable d'imposer au monde sa supériorité.

L'enseignement que la science naturelle ne peut encore nous donner, la science historiciue doit le déurager. Sa tache est de mettre en lumière cette loi sacrée du devenir des hommes, à savoir que « la nation est le récipient oii se forme la race ». lue nation ne se forme pas par une analyse chimique, [)réoccupée d'isoler un élément pur. Elle naît d'une lente synthèse organique. L'apparition des héros et des génies lient aux qualités élaborées dans cette grande synthèse populaire. Ladestinée de no! repeuple est confiée à chacun de nous. A nous de dire si nous voulons ou ne voulons pas nous ennoblir, et quels mélanges de sang nous consentirons, pour que notre civilisation soiL productive de grands hommes. I^ vie de l'esprit se réalise en chacun de nous par le corps. Ce que nous pouvons acquérir par l'emprunt des idées est peu de chose auprès de ce cpie nous enseignent les cent mille ancêtres dont la voix se fait entendre dans notre sang. Aucune Renaissance ne s'apprend. Les (irecs et les Romains ont pu réveiller des forces endormies. Mais Dante serait plus original, s'il n'avait connu ni Virgile, ni saint Augustin. Xi Shakespeare, ni Michel-Ange ne savaient le latin. La culture vraie se i)répare et se transmet par hérédité physiologique.

On le voit, l'éternel problème revient toujours^ fuyant et fatal, et sur leciiiel il ne faut pas se tromper : qu'est-ce que la culture de l'esprit et connnent

CXXIV LE PANGERMANISME PHILOSOI>ni<,)L E

peut-on la perpétuer ? Elle n'est ni le savoir, matériel ou tliéori(iue, ni la civilisation, économique ou intellectuelle. Découvrir matéiiellement la terre, organiser en un systèjne de notions les connaissauces ainsi acquises, vjilà le sm^oir. Exploiter la terre par les moyens agricoles ou industriels les plus appropriés, organiser des groupements humains qui vivent dans des cités ou dans des églises, pour (pie l'ordre social soit assuré, voilà la civilisadon. Avoir une philosophie de la vie, religieuse et morale, et l'extérioriser par l'art, voilà seulement où commence la culture de Vesprit, Ce sont trois plans superposés de l'activité extérieure et mentale. Eurre eux, il n ya pas nécessairement communication. Il y a des races expérimentées et industrieuses, qui sont très savantes et civilisatrices, mais incapables à jamais de culture supérieure : les Juifs et les Chinois sont de ce nombre. Il y a des races presque tout à fait étrangères à la civilisation économique et politique, comme les Indous, qui sont infiniment savantes et d'une haute culture. La destinée d'un peuple est consonmiée, selon qu'il a choisi de se mêler à une de ces races civilisées, mais non cultivables ou cultivables et non encore civilisées.

Ce danger est grand, Chamberlain nous en prévient, comme autrefois Fichte, Paul de Lagarde, Constantin Frantz et Hichard Wagner. Nous avons une tribu hébraïque installée dans les interstices de notre société. Pas de race plus vraiment matérialiste et idolâtre, plus pauvre d'instincts religieux; pas de race non plus dune volonté plus énorme, et d'un aplomb plus véhément. « Seuls les Israélites

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sont des hommes vrais, » disait Philon le Juif; et le Deutéronome prédisait (chap. VII, (>) à Israël : « Tu dévoreras tous les peuples que le Seigneur te donnera. » Entre ces hommes, durs de cœur et d'intelligence linqjidc, mais étriquée, et les Aryens, confus, fous de la joie de vivre, j>illards et ivrognes, puis brusquement arrêtés par l'énigme de la vie et noyés dans leur rêve, quelle ressemblance? (^u'on ne nous cite pas riiomme qui surgit en Palestine et qui proclama le premier que le royaume de Dieu est intérieur. Ce fut un Galiléen, du pays des païens (Gelil hag\^'oyim)y de la région dévastée au ^temps des guerres assyriennes, et qui se reconstitua par infdtration d'hommes blonds venus du Nord. C'est un Aryen blond que Jésus ; et les (iermains reprennent un héritage aryen, quand ils se disent chrétiens.

Cette nation toutefois des Germains, Houston- Stewart Chamberlain veut cpi'on Télargisse. Il veut ([u'on y comprenne toutes les grandes races du Nord. Les Celtes géants et blonds que décrivaient les historiens romains, faits pour la guerre et l'avenlureuse migration, sont mystiques entre tous les peuples, comme l'atteste VEpitj'e aiix Galates ; ils ont fourni tous les grands théologiens d'Irlande, Scot Erigène et Duns Scot, ou le grand platonicien breton Pierre Abélard ; ils ont créé une poésie celli(iue, supérieure par la profondeur à toute poésie franque : ils méritent vraiment le nom de Germains. Et comment refuser de reconnaître une race supérieure dans les Slaves? Ils ne sont pas du tout nécessairement des mulles camus collfés de cheveux

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