‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 18 sur 139 · CXXVI I · texte numérisé non relu

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politique, demeure chez eux assez massif et central pour supjiorter la superstructure métaphysi([ue, trop audacieuse chez les peuples de l'Inde. Triplement par la civilisation, par le savoir, par la culture de l'esprit, les Geiniains sont ainsi des modèles.

S'ils n'ont pas été exempts d'erieurs politiques, ces erreurs sont réparables, parce (pie tout Ktat germani(pie repose sur cette base infrangible, une uïoralité d'Iionunes libres. Les Germains sont iidèles au maître choisi. Ils savent ([ue cette lidélité est lidélité à soi-même. Instinctivement, ([uand ils se font chrétiens, ils se détachent de Rome. Chaque royaume goth a son Kglise et ses prêtres, tolérajits pour les autres Eglises. Sans doute la méprise de Charlemagne fut énorme lors(|ue, acceptant l'onction pontificale, il se crut maître du pape : en réalité il consolidait l'autorité romaine. Il allait à rencontre de l'àme germani(pie elle-même, quand il prit à ce médiocre métis africain, saint Augustin, l'idée des conversions par le fer. Ces deux idées romaines, ILnipire et le Sacerdoce, entrent en Allemagne par lui. Ce sont des idées destructives toutes deux, l'une parce (pi'elle centralise, l'autre parce (pi'elle universalise à l'excès. Deux absolutismes depuis lors sont aux prises, par la chimère d'un enqiereur médiéval. Entre eux, le peuple allemand est broyé pendant huit siècles. Luther seul le comprit et en al)attit un : l'absolutisme pontifical. Par là, il redressa à jamais la nationalité allemande. C'est dans la pleine conscience de son acte, (pi'il s'écrie (levant les princes assendilés à Worms : « Si je ne vivais pas, aucun de vous ne vivrait ! » Quaiul il '

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n'aurait fait que cela, et (|uand il serait vrai, seloiije mot de Harnack, que sa doctrine est une « médiocre doublure du calliolicisme », il resterait le vérilable héros politique de rAllenmgne...

Le panîi:ernianisnie de Chamberlain, comme de Woltmann, contrairement aux doctrinaires catholiques, réclame tout à fait pour le compte des (iermains la Renaissance. Sans doute, elle est européenne. Mais si le l'oisounement d'hommes libres en Italie à partir de « quattrocento » a été un si court paroxysme, c'est <[ue le type même des .2:rands Italiens, d'apparence si visiblement germanique, s'est fait rare depuis le wii' siècle. C'est pourquoi l'Italie d'aujourd'hui, oii prédomine la descendance des esclaves syriens, est vouée à la perte, comme l'Espague avant elle a dépéri lentement. La France, pour ne pas mourir, a essayé de secouer le joui? de Rome par ses huguenots. A tort, ils ont semblé menacer la royauté, qui, après avoir été longtemps un boulevard contre Rome, s'est faite l'alliée du pape. De là l'émigration d un million des meilleurs Français, quand prédomina le fanatisme borné de Louis XIV. Il ne resta plus alors que la Révolution destructrice qui acheva de vider la France du sang germanique dont elle n'était déjà que trop appauvrie. Les peuples qui subsistent, ce sont les Anglo-Saxons, les Hollandais, les Scaudinaves, les Allemands, c'est-à dire les peuples du plus solide alliage germanique. Ils grandissent, tandis cpie les Latins catholiques s'elfacent de la carte. Signe certain que la politi<|ue de Luther a été la bonne. In instant on put douter de sa victoire, quand se dressa contre elle la machine de

PREFACE

guerre la plus redoutable qu'où eut vue, la discipline d'un Basque tenace, pur et fort, Ignace de Loyola. Pas de méthode plus sure pour détruire jusque dans ses bases physiques la liberté de l'esprit, que ce dressage impeccable, cette gymnasticpie précise des sens par lequel les jésuites savent asservir le vouloir et le jugement. Le jésuitisme a été (/as Lnijcrinanlsclie lu bedenlendster GestaU. Aujourd'hui il est sur que le germanisme ne sera entamé par rien, puis([ue l'ennemi le plus puissant et le plus astucieux, le jésuitisme, a échoué à le ruiner.

Cette œuvre du germanisme dans la science^ dans la clvUlsationj dans la ciiUnre de l'esprit, comment la qualifier? Elle est admirablement « organique », comme l'avaient vu (Wethe et (Icerres. Elle atteste en tout une force (fexpajisloft énorme, compensée par une non moins vigoureuse Joree de conceritfatlon. Ainsi équilibrés, les (iermains accomplissent un elfort vaste, souvent grossier dans ses mobiles, mais ([ui demande uni* énergie rude. On ne lait pas de l'histoire avec des vertus seules; des vices redoutables, l'avidité, la cruauté, la méconnaissance d(* tous les droits sont à la base de toute grande réalisation. Il suftit <pie l'œuvre juslilie les elfroyables nuiyens employés.

On se trompe si l'on croit que le savoir, qu'il soit découverte ou science théorique, est construit par une curiosité désintéressée. Aucune exploration de la [>lauète n'aurait été tentée sans le mobile de la iccherche de l'or. Une co:i(picte sanglante et injuste, une destruction presque totale des Peaux-Rouges : voilà l'auivre des Européens en Amérique. Mais les

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