‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 19 sur 139 · LE PANGERMAMS3IE PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

LE PANGERMAMS3IE PHILOSOPHIQUE

PREFACE

pures actions d'éclat qui l'ont ennoblie et la foni^jation des Ktats-Unis d'Europe ne suiïisent-elles pas à faire pardonner les abus inliuniains de la mainmise européenne? — Rien de plus vulgaire encore dans ses origines (pie la science naturelle moderne. Elle naît de ralchimie,qui a eu pour mobile la soif de l'or. Ees (irecs,dans un esprit de sysiémalisation trop tyrannique, avaient passé à côté des observations qui leur eussent ouvert les vérités principales. Il a fallu la longue patience et la modestie des (Germains pour laisser parler la nature sans la fausser. La passion de savoir, après avoir été pure convoitise, s est épurée chez eux par une lente sélection. Les observations de détail ont pu alors se coordonner dans des constructions audacieuses. L'idée de l'approximation, inconnue des (irecs, lit naître tout le calcul infinitésimal. L'idée des éléments est devenue, depuis Boyle, celle des atomes et des é([uivaleiits; et la matière, que les (irecs n'avaient pu saisir, s'est construite avec des matériaux pondérables. La pliysique mathématicjue put la capturer dans un réseau de calculs. La botanique dans ses diagrammes s[)écula sur des lleurs schémati(iues et irréelles, et expliqua ainsi toutes les lleurs existantes. Il n'y eut plus ce matérialisme confus, cette alchimie des Ames que suppose la religion chrétienne. Un mécanisme très conséquent apparut, qui rendit seul possible l'idéalisme, sans lequel les conditions de ce mécanisme ne peuvent pas même se déterminer. La philosophie critique, étrangère à toute prétention d'omniscience, éloignée aussi du mépris de la science, qui sont choses romaines et juives, surgit au terme de cette

longue évolution. La moralité germanique a dégagé des tâtonnements de la cupidité la justification éternelle de la pensée pure. Il est ap[)aru (pie la chose vue n'importe pas; V esprit qui voit imporle seul.

La civilisation subit la nuMiie épuration morale. L'industrie à l'origine est toute à base de lucre. Dans ses initiatives, elle est une des plus cruelles activités qui soient. Elle ne peut devenir (pie chez les (iermains rinstrument d'une civilisation sociale (pii relève la condition des uKeurs. C'est qu'il y faut sans doute, la forte individualité accapareuse j^ mais il y faut ensuite la lidèlc coopération. Rôles opposés entre lescpiels les Germains seuls savent la liaison, (liiez les Grecs, d'une si éclatante inventivité (les Alexandrins ont connu la machine à vapeur) le lien social man(piait. La fraude détruisait toute coopéralion. A Rome, c'est l'initiative qui se montrait faible chez les commerçants. Il fallut la prédominance des (iermains : alors, et dès le xiv*" siècle, avec Artevelde ou Etienne Marcel, l'industrie ne s'arrête plus. In Inimble tisserand, Eugger, entre à Augsburg en i3()7 : un siècle après, ses descendants sont les banquiers <|ui prêtent aux ducs et aux empereurs. ?]n regard (le cet énorme esprit d'entreprise, les corporations artisanes se fondent. Elles ne sont pas limitatives de liiidividualité : elles habituent les hommes à accepter une loi volontaire. Par elles, le travailleur acquiert la sécurité et l'aisance sans lesquelles on ne peut arriver à la liberté de l'esprit. Leur pensée reste le vivant esprit de la classe ouvrière allemande. Les villes libres allemandes sous la Renaissance

II'

LK PA\(ii:UMA\ISME PIII LOSOPIIIOL E

ont élé la charmante et Torle lloraison de cet es^unt eorporalit*.

Leui* ennemi était cependant lout proche : ce furent les princes. <* Le peuple hàtit les viMes, disait Erasme; h's princes les détruisent. « La linance bourgeoise elle-même d'un Fugger ou d'un Welser sert à alimenter les guerres oii périssent les lil)ertés municipales. Pas de pires aigrefins, dit Chamberlain, que les princes allemands. C'est au prolit de cette poignée de criminels qne se produit la concentration des terres et des pouvoirs, et ce sont eux pourtant que Luther soutenait. Faut-il s'en plaindre? Les grandes nations ne se fondent pas autrement. Des libertés personnelles inouïes sont nées de ces abus de la force. Cela suflil j)our qu'on n'ait pas à chicaner l'Histoire.

Enlin, au sonnnet de cet édifice /lu savoir et de la civilisation, il y a la vultiuv. File est la volonté profonde qui a guidé l'architecte, et (pu est toute inspirée de l'instinct de la race. En présence du christianisme contradictoire que les (iermains reçoivent de mains impures, quel chemin allaient-ils suivre? Fallait-il systénmtiser l'absurde? Saint Anselme, saint Thomas. Uavmond Lulle ont essavé ainsi de saisir l'inintelligible dans les cercles concentriipies du syllogisme grec. Les (Iermains vrais ne peuvent consenlir longtemps à prolonger ce jeu verbal. Quand Occam ou Duns Scot contestent les universaux, reconnaissons-là h' premier soulèvement de l'instinct de race devant le christianisme, dont il ne veul garder que le contenu vrai. L'homme germanique découvre deux voies de délivrance, el ce

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n'est ni la soumission à la hiérarchie romaine ni la soumission à la règle logique. Ces voies s'appellent : 1° le mysticisme; 2° l'humanisme. D'une part, le Cermain se précipite donc d'un seul élan jusque « dans l'abîme sans fond » de Tessence divine (^xmz In den (rriind der i^runtlos isf), selon le mot du maître Eckart; et c'est là la vraie philosophie te a tonique, celle qui ne connaît pas Va angoisse flageolante » enseignée par Loyola, et qui n'a pas peur des peines éternelles, parce qu'elle n'attend rien même des consolations du paradis. Pour elle, le temps est comme l'éternité. <( La religion, a redit de nos jours Paul de Lagarde, est la présence immédiate du divin. » Par-dessus les grands mystiques français du moyen âge, pour ne pas parler des mystiques indous et persans, Chamberlain revendique pour les Allemands tout ce grand mouvement du mysticisme au moyen âge finissant. En regard, il place l'humanisme, qu'il réclame aussi pour les Germains. L'hunuinisme est le talent de discerner et d'apprécier la saveur et le prix du particulier. Tous les humanisles [)rennent la défense des langues modernes. C'est qu'ils veulent épanouir le génie propre de chaque peuple. La hiérarchie intellectuelle entre les hommes, la valeur du génie, personne ne la connaît mieux qu'eux. « L'activité de l'àme fait le génie, » disait ce grand Germain, Diderot; et Jean- Jac([ues Rousseau : « Sans héros, pas de peuple. » La modestie simple des Germains, qui s'incline devant les faits naturels, se reconnaît là; et quel fait pins évident dans la vie sociale que la supériorité du génie et de l'héroïsme? Or, la loyauté

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germanique assure seule aux hommes supérieurs la coopération fidèle et sans astuce qui a déjà fait le triomphe de la civilisation jçermanique. Loin qu'il y ait antagonisme entre le mysticisme et Yluimanv^me, il y a donc accord. Reconnaître à iout génie particulier sa valeur, c'est se courber devant des forces mystérieuses, et c'est une part de cette Gelassenheit, avec hupielle le mysticiue s'abîme dans la contemplation du divin. Pas de vertu plus haute, car il n'y en a pas qui accepte avec une simplicité plus confiante la présence active du divin parmi nous. C'est même cette vertu au juste qu'il faut appeler germanisme. La civilisation et la culture qui, parlant du Nord de l'Europe, rayonnent aujourd'hui sur le monde sont l'œuvre de ce germanisme |)urifié par degrés.

•< Or, cette n'uvre du germanisme est, sans conteste, la plus Jurande (jui ait été réalisée jusqu'ici par des hommes (i). -

l'ne obscurité, peut-être voulue, plane sur toute cette histoire de la civilisation esquissée par Chamberlain. On hésite : n'est-ce pas l'européanisme du Nord, (pii comprend avec les (iermains les Slaves et les Celtes, qu'il appelle germanique? Il le semble bien en de certains passages. Dans l'édifice élevé par la collai )oration européenne entière, c'est cependant pour les Allemands proprement dits qu'il réclame le mérite le plus grand, parce cpi'ils comprennent le mieux la loi sacrée, le devoir d'éliminer de la nationalité tout ce qui est contraire à ses ins-

(I) CuAMitKHLAix, Dic Gruiidla^en tU's XIX ten Jahrhiinderts, p. 725.

tincts profonds. L'histoire contemporaine la plus récente confirme cette vue ; et la guerre actuelle, selon Chamberlain, doit être victorieuse pour l'Allemagne, si la déduction longuement |)réparée par lui depuis vingt ans se trouve conforme au réel.

Oui, certes, nous dit-il, dans cette guerre entre nations du Nord, Allemands, Français, Anglais, Russes, il s'agit au fond d'une hil te fratricide entre (icrmains. La supériorité pourtant du savoir, de la civihsation, de la haute culture est du coté (k's Allemands seuls. Seule la science allemande a été assez déshitéressée et assez universelle pour faire les con- (piètes sur lesquelles s'est édifiée la triomphante industrie allemande; seule aussi elle a donné à cette industrie Tarrière-plan moral sur lecjucl elle se détache. Pas de grande (cuvir ou de grand homme allemands, sans cette foi en une destination morale de tous les actes germaniciues. In Hismarck ne vit (pie de la croyance en un ordre divin, oii une place d'élite esl réservée à la nation allemande. Beaucoup de talents faciles manquent aux Allemands : ils tomhcnl au rang de valets, dès qu'ils ne sont pas des rêveurs et des héros, des créateurs et des maîtres. H n'y a pas d'Allemagne sans idéalisme. La raison inavouée de la haine des peuples contre l'Allemagne est qu'ils sentent cette force du rêve allemand, mortelle à toute leur civilisation matérialiste. La guérie l>résente est donc bien une lutte d'àmes. Chamberlain laisse de côté les Russes, masse énorme et lourde; t't la France, trop débile. Les nations qui comptent lH>ur lui, ce sont les Ftats-I nis et l'Angleterre. Les Ktals-l nis pour longtemps encore se recueillent;

mais TAnglclerre élale sa prétention d'hégémonie. ('Jianibei'lain croit bon de proclamer alors qne l'Allemagne ne craint ni l'Angleterre, ni les Etats-Unis. Elle ne cédera à pcrsoime. Elle ne peut pas accepter une paix modérée, parce qu'il n'y a pas de compromission quand il s'agil d'idéal. Les Anglais visent à imposer au monde l'uniformité hrilannicpie d'un idéal de négoce. Les Allemands veulent la variété des nationalités cl des coutumes. Qu'on permctle à la leur de subsister, ils sont surs d'être bientôt les premiers. Et quand ils seront les premiers, ils réaliseront leur destination divine (i >.

« II vaut mieux le dire ouvertement : il faut que l'Allemagne devienne la première puissance du monde, et l'Allemagne peut devenir la première puissance du monde. L'Allemagne sera — pour peu qu'elle le veuille — la première puissance du monde (2). >

Cette volonté de dominer est son devoir profond et essentiel, si elle ne veut pas d'une Europe oîi triompherait une civilisation de lucre par la victoire* de l'Angleterre. L'idéalisme n'aura de place dans le monde que le jour oii la pensée allemande et la langue allemande seront préférées par tous les hommes cultivés. Ce jour-là l'humanité éprouvera « la transformation intérieure qui vient de la culture allemande révélée >. C'est là sans doute une <luestion de force ^ et la force ne fait pas défaut à l'Allcmai^ne. Il nous était toutefois nécessaire de

i! II. -St. (aiAMiiEiiLAix, Idéal iiiul Macht, igiC», p. '^3-35, «< Doutselihind braucht nichls weiteres, als die Freiheit, das zu leisteii, was es zu leisteii belsphigt ist, uni bald iiiibestritjen an dcr Spitze aller Yoelker zu stehen. Dann erst wird t>s in (1er Lai;e sein, seine gœUliclie HesUnimung zu erlullen. » rj] Ibîd.y o. 35.

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savoir que le néo-wagnérisme à son tour professe la |)hilosophie de la force et pactise avec le militarisme allemand.

Parmi les rédacteurs de la PolUisch-anthropohtginche Revue, un jeune fanatique, Joseph-Ludwig Ueinier, tire les conclusions de tout ce vaste enseignement (i). Il fait la liaison entre ces sociologues et les pangermanistes politiques. De ses maîtres Chamberlain et Woltmann il a les aflirmations philosophiques énormes et creuses avec le dilettantisme solennel et vaticinant : et il reprend imc à une leurs thèses principales : i" il y a un seul type d'homme supérieur : le Celto-Slavo-Germain du Xord européen; ^i" toute culture de l'esprit traduit les instincts profonds de la race. Elle est intransmissible autrement que par le sang. Elle ne se confond pas avec la civilisation, qui est perfectionnement externe des moyens de confort matériel; 3" est-ce à dire (|u'il n'y a pas de rapport entre la culture et la civilisation ? D'une prodigieuse poussée, les ((ualités de la race rompent la gangue de la civilisation acquise ou empruntée. La culture de l'esprit, déterminée toujours par la race, et la cwllisation, modifiée peu à peu par elle, se trouveront donc en liarmonie à la longue. La vertu propre des Germains est l'énergie physique et intellectuelle. PhysiqueniiMit, cette énergie se traduit par la fécondité pullu-

(i) Joseph Ludwig Uki.mek, Ein pangermanisches Deulschlaiid,

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lante. Inlcllectiiellement, elle dompte les forecîi naturelles : elle crée ce machinisme prodigieux, qui a transformé FAllemaurne; et voilà Fori^^inalité de sa civilisation contemporaine; 4' enlin, à toute civilisation, à toute culture profonde de l'esprit une armature politique est nécessaire (pii les abrite et les fasse durer. Pas de prolificité allemande sans terres nouvelles. Pas de machinisme allemand, sans débouchés. Ce sont là des nécessités vitales. Elles sont des postulats des (pialités raciales des (ierniains.

f On voit le plan qui se déduit de ces prémisses. Des peuples décrépits, et tout d'abord tr^s Français, sont un obstacle à l'AlIemaorne. Il faudra donc dépecer la France. La Picardie, l'Artois, la Normandie sont à intégrer franchement dans l'Empire d'Allemaîi^ne, avec toute la Uelgique. L'Est et le Midi, vassalisés, seraient colonisés intensivement par l'Allemaorne, de façon à ce que la race allemande, installée en force sur le glacis de ses frontières, atteigne jusqu'à la Méditerranée; voilà le programme de dépècement, l 'U groupe de vingt millions de Français groupés autour du Plateau Central garderait seul provisoirement son indépendance nationale et son gouvernement républicain. Encore l'extinction des « Non-Germains » y serait-elle à souhaiter. Mais dans les pays où les Allemands coloniseront, pour conserver la pureté de leur race, ils ne toléreront entre (lermains et Non-Germains que des unions stériles. La nouvelle anthropologie politique sait des méthodes par lesquelles on |)eut <' éviter la conception dètres nouveaux », et elle

PREFACE

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entend en user par V « intervention régulatrice de

l'État».

Ce sont là propos d'énergumène. Mais l'atmosphère surchautTée des milieux politiques allemands engendre d'elle-même ces plans délirants. Inspirés d'un astucieux calcul ou d'une incroyable aberration d'orgueil, une même croyance les inspire : celle de Thégémonie à la fois nécessaire et providentielle de l'Allemagne. Pour l'anthropologie politique pangermaniste, le passé européen est rempli de deux luttes, celle de la France contre l'Allemagne, celle de la Prusse contre l'Autriche. Jl faut y voir deux épisodes prolongés d'un même grand fait : celui de l'organisation de l'Europe centrale. Tant que durait le Saint-Empire déclinant, forme politique romaine imposée à des Germains incapables de la tolérer, la France put l'emporter. Ce fut la faute de la catholique Autriche. Les guerres prussiennes contre l'Autriche sont à concevoir comme une restauration du principe germanique le plus l)ur dans une Allemagne qu'il fallait d'abord réformer. Seule la nationalité épurée par le refoulement du catholicisme put vaincre la France. La Réforme, Frédéric II, Bismarck ont été les trois étapes d'une même marche offensive. Une quatrième étape reste à faire :

<. Il faut que l'Allemagne acquière l'hégémonie absolue dans rKumpe centrale et occidentale et qu'elle annexe sinmllanément, ou peu de temps après, les provinces allemandes autrichieimes (i). »

Bon gré, mal gré, les petits États Scandinaves,

(i) Ueimëu, Ibid.^ p. 121.

LE PANGEHMAMSMK PHILOSOPHIQUE

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hollandais, suisses, balkaniques, se joindront à elle, suivant des conditions qu'elle dictera. Le nouvel Empire allemand a été, dès ses origines, un véritable Saint-Empire, saint non par la grâce du pape romain, mais par la noblesse de la race germanique. Sa tiiche, toutefois, ne vient que de commencer. Elle s'accomplira sous un « césarisme épuré » et démocratique. Les sociologues anthropologistes, eux aussi, essaient de séduire les masses libérales. Ils offrent à ces multitudes des proies géantes. Jls sont assurés que ni la lièvre de la convoitise, ni plus tard la digestion des proies, ne laisseront place à l'esprit critique.

'< Ce qui importe, c'est que la conceptiou des dirigeants soit exacte. Pour nous, profanes, il nous suffit d'entrevoir, dans un avenir proche, la probabilité d'une évolution qui oblige l'Allemagne et ses maîtres à en venir aux fins que j'ai indi(|uées (i). »

Ces fins, c'est la victoire des Germains d'Allemagne débordant de leurs frontières, et fondant, au dehors, un inonde nouveau, ï « Empire de la race et de l'humanité germaniques étendues sur le monde (2) ».

JV. — La Gleurk au sehvice de la Prkdestinatiox

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