V. — Action dk ces Ciioyaxces
I On objectera : « ()ue peuvent quelques livres de pliilosophie, même fanatiques? Les hommes dac-
II) Vox BiiKNii.uiiii, Vom henUgen Krieir, t. I ,,8 2) Id., .\olre menir, Ira.l. E. Simonnot', p. jî.
(î Von BiiiiMiAKDi, Soliv menii; trad.'si
luonnot, p. -i.
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PRE FACE
CXLVir
tion qui ont la responsabilité du pouvoir et les foules par qui se déchaînent les i^^rands mouvements d'opinion lisent-ils des livres ? » Ce scepticisme fait trop petite l'action des idées. C'est par un livre vénéré que les hommes d'Occident ont su qu'il y avait un peuple qui se croyait l'élu de Dieu; et tous les peuples depuis ont taché de détourner sur eux ce priviléi^e d'habiter dans la prédilection divine. Il y a des livres puissants. Les livres de Fichte et de Hes^el sont de tels livres. Il n'est pas nécessaire qu'ils aient été lus de beaucoup d'hommes. Et à vrai dire ils s'alimentent de la croyance vulgaire des lïonmies autant qu'ils la créent. Ce sont de puissants condensateurs électriques, qui capturent rénerii:ie dilluse fournie par des sources éparses, et la renvoient inlensiliée, dirii^eable, et ca[)al)le de formidables efforts.
« (Qu'est-ce (["ui fait d'un homme un grand liomme? » se demandait Ferdinand Lassalle, à pi'opos de Fichte. Et il donnai! cette réponse hégélienne :
« Une chose fait le «•raiid lioniine : c'csl de condenser en lui comme dans un lover l'esprit de sa nation : et par cette condensation de ïexpriincr et de V amener à ii' épanouir... Une ualion ne peut célébrer un grand liominc qu'en célt'ljrant son propre esprit natiimal... L'esprit allemand en tant qu'il reconstruit le monde dans son cœur (détruit [)ar le criticisme) s'appelle Fichte (i) .»)
Cette construction de la pensée spéculative allemande, c'est une nation qui s'agrandit selon sa
r Lassalle, Die Philosophie Fichtes iind die lîedeiUuuiç des doiitsehen VolUsîreists, i8()2. (lleden iinid Sehrifteii, Ed. Berustein, 'Vi t. L IT3, 44o.)