n fie peut plus y avoir de petits États (n
La possibilité j^our les petits États de résister aux ^ands est dorénavant disparue, et la souveraineté des Etats allemands s'est déveloi>j)ée à une épo(|ue où cette possibilité n'existait déjà plus. Les États d'Allemag^ne ne sont donc pas passés de l'unité à la division absolue, mais ils ont passé tout de suite à des unions dune autre <*spèce. Lu masse ne s'est pas divisée en nombreux moiceaux qui soient restés quelque temps isolés ; au contraire, dans la masse se sont formés des no vaux nouveaux, autour desquels les parties détachées du tout se sont groupées, formant des masses nouvelles.
La religion et l'autonomie politique étaient autrefois les intérêts centraux qui groupaient les cor[)s d'État allemands; c'est autour de ces deux centres que gravitiiit leur système politique. Mais ces centres d'inté-
(i) On appelait lîeichsstfinde \Ktalsi tous les princes, barons, lîvèqnes, ou toutes les eor[><)rations (villes libres) qui jouissaient tle la « territorialité •>, sans avoir la souveraineté pleine et «entière, qui n'a]»parlenail «pi'à IKiopereur. Ces Stundc ne sont «levenns que peu à peu des Htats souverains.
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rêt ont disparu. La religion n'a pas été seulement conservée : l'esjjt'it de notre temps l'a soustraite à tout danger; de même les Etats ont acquis leur indépendance ; mais à côté de la puissance autricliienne, qui sous k' nom de monarchie universelle éveillait jadis des soupçons, s'est développée la monarchie ])russieiine qui, assez forte par elle-mèm(\ a tenu bon dans la Guerre de S<q)t ans, non seulement contre la puissance autrichienne, mais contre celle de ])lusieurs monarchies, et s'est, depuis lors, encore agrandie en Pologne et en Franconie.
Du fait de sa propre puissance, la l*russe est sortie d<' la sphère d'intéi'èt général qui fut celle du maintien de son indépendance ; elle ne doit donc plus être considérée comme le centre naturel des autres l^^tats qui veulent maintenir leur indépendance. Elle [)eut souhaiter l'ailiance d'autres l^^tats, elk» est en cela indépendante de l'appui des princes allemands, elle est capable de se délendre elle-mênie. L'alliance des Etats allemands avtîc eUe est donc inégale, car elle a moins besoin qu'eux île lette alliance et l'avantage est inégal aussi. La Prusse [)eut même éveiller des soui>çons.
U)id.y{). iili-ii^.
\. L'Allemagne ne pourra être unifiée que par la force.
Il est vrai que, sans doute, tout le monde gagnerait à <e que l'Allemagne devînt un Etat. Pourtant un pareil événement n'a jamais été le ju'oduit de la réllexion, mais bien de la violence, même en admettant (ju'il lut conl'orme à la civilisation générale et que le besoin eu fût ressenti de façon t)ro fonde et précise. La masse du peuple allemand, y compris les corps d'Etat qui le rejjrésentent, ne connaît que le morcellement des |)euplades
LE PANGERMANISME PIIILOSOPIIIQl E
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allemandes. L'union de ces peuplades lui est parfaitement étrangère. Il faudrait les pétrii* en un seul bloc par la force d'un conquérant, et les contraindre à se sentir partie intégrante de l'Allemagne.
Ce nouveau Thésée devrait avoir la magnanimité d'accorder au peuple qu'il aurait formé par la fusion des petits peuples dispersés, une part d'influence dans les affaires communes à tous ; comme une constitution démocratique, analogue à celle que Thésée donna à son peuple, est une contradiction à notre époque et dans de grands Etats, cette [)art d'influence serait celle d'une organisation ; il faudrait qu'il eut assez de caractère pour supporter la haine qu'ont supportée Richelieu et d'autres grands hommes, qui ont (h'truit les i^articularismes et
h's intérêts égoïstes des hommes