‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 38 sur 139 · Comment le peuple allemand est prédestiné à réaliser · texte numérisé non relu

Comment le peuple allemand est prédestiné à réaliser

le christianisme.

La nation germanique avait en soi le sentiment de l'unité naturelle, ce que nous pouvons appeler Gemiit. (Test cette totalité voilée et vague de res[>rit par rapport à hi volonté, état où l'homme trouve en lui-même une satisfaction tout aussi générale et indéterminée. Le caractère est une forme déterminée du vouloii' el de l'intérêt, qui s'affirme ; l'état de sentiment tfue nous définissons ne se pose pas de lins précises, richesse, lionneur ou rien d'approchant, il ne s'applique à aucun état ol)jectif, mais intéresse l'état d'àme tout entier, il consiste à se complaire en soi d'une façon toute générale, Iln'ad'autio contenu que la volonté en tant que volonté formelle, el la liberté purement subjective en tant que mentalité s})écifique {Eigensinn). Dans cet état, chaque disposition ])articulière acquiert de l'importance, parce que le sentiment s'y adonne tout entier; mais comme, d'autre part^ il ne s'attache t)as à la détermination d'un but délini, jamais il n'en vient à isoler des passions violentes et mauvaises, il ignore le mal même. Dans le sentiment, cette distinction n'existe pas; dans l'ensemble, il fait plutôt l'impression d'une intention constamment bonne [ein Wohlmeinen). Le caractère en est le contraire.

Tel est le principe abstrait des peuples germaniques, et la face subjective qui s'oppose à la face objective mani-

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feste dans le christianisme. Le Gemiit n'a jias de contenu délîni. Dans le christianisme, au contraire, ce qui importe, c'est la chose, le contenu conçu comme objet. Mais c'est dans le Gemiit que réside ce besoin d'une satisfaction toute vague et générale, qui, d'autre part, nous est apparue comme le contenu même du christianisme. L'indéterminé conçu comme substance, objectivement, c'est l'absolue généralité, Dieu; mais le vouloir individuel doit être racheté en Dieu, et c'est le second élément de l'unité chrétienne concrète. L'indétermination absolue doit contenir en soi toutes les déterminations particulières; c'est en ce sens qu'elle est indéterminée; le sujet est détermination pure et simple; l'un et l'autre sont identiques. C'est ce que nous avons décrit d'abord comme le contenu du christianisme, puis, de façon subjective, comme état de sentiment (Gemùt).

. . . Ainsi il se trouve que les deux principes se correspondent et que les peuples germaniques, comme nous l'avons dit, ont en eux la capacité de servir de supports au principe supérieur de l'esprit.

Nous avons dit que la destinée des peuples germaniques était d'être les supports du principe chrétien et de réaliser les fins de la raison absolue. A l'origine, il n'y a que vouloir trouble, le vrai et Tinlini n'étant qu'à de lointains arrière-plans. Le vrai n'est encore qu'à l'état de hut idéal, car le sentiment n'est pas encore purifié... La religion se présente avec le veto qu'elle oppose aux violences des passions et les exaspère d'iibord jusqu'à la lureur; la violence des passions s'exagère encore par le trouble d'une mauvaise conscience, et parvient à un paroxy.smc qu'elle n'aurait peut-être i^as atteint si elle navait pas rencontré de résistance. Nous assistons alors à Teirroyablc spectacle des plus horribles excès dans toutes les dynasties royales de ce temps [Glovis, les Mél'ovingiens, les dynasties thuringiennes...]. Le principe

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LE PANGERMANISME PHILOSOPIIJQl E

ohrétieu demeure comme un idéal dans les ((eurs; mais eeux-ci restent d'abord grossiers. La volonté qui est véritiihle se méconnaît elle-même et se sépare de sa lin véritable par des lins particulières et limitées; mais dans cette lutte contre elle-même, et malgré elle, eUe produit pourtant ce qu'elle veut; elle lutte contre ce qu'elle veut réellement et le ri'alise par là même, car elle est déjà réconciliée en soi. L'esprit de Dieu vit dans l'Kglise; il est l'esprit tpii ai»it intérieurement; mais c'est dans le siècle (jue l'esprit doit se réaliser, <lans une matière qui ne lui est [)as encore appropriée; cette matière n'est autre (|ue la volonté subjective qui porte ainsi en elle une contradiction. Du coté religieux, nous voyons souvent qu'un homme qui, toute sa vie, s'est débattu et a combattu parmi les réalités, qui s'est adonné de toute la force de son caractère el <le sa passion aux all'aires et aux plaisirs de ce monde, rejette soudain tout cela loin de lui et entre dans la solitude ridigieuse. Mais, dans le monde, ou ne renonce pas à la lâche dont nous parlons; il faut l'accompliï-: et, linah'ment, il apparaît que res[)rit trouve dans l'objet même »le sa résistance la lin de sa lutte et son apaisement ; il devient manifeste que les all'aires temporelles sont dt'jà de l'activit»' spirituelle.

Nous voyons pai* là que les individus et les peuples considèient souvent comme leur plus grand bonheur ce t[ui est leur malheur, et inversement combattent comme la pire calamité ce qui est leur bonheur. La vvflté, en ht repoussant, on l'embrasse (il. L'Europe parvient à la vérité à force de lavoir repoussée.

Ibid., p. 5o5; 4'-i^-4^^> 4'^9"4^0-

II) Kii Iraiicais dans \v Icxlr.

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