‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 45 sur 139 · I. Qualités des Germains primitijs · texte numérisé non relu

I. Qualités des Germains primitijs

L'auteur vient d'exposer la décadence de l'Empire romainle benat n avait plus rien de sa grandeur passée, Home com> inençait a perdre de son importance.

A cette même époque les incursions fréquemment répétées des peuples du Nord commençaient à devenir de plus en plus menaçantes, et le danger que l'on avait longtemps redouté à distance devenait une réalité toujours plus prochaine. Déjà la première invasion des Gimbres et des Teutons, -qui n'était pas le fait d'une armée avide de pillage ou cherchant à fonder quelque colonie militaire, mais bien de toute une race émigrant avec femmes et enfants, -avait jeté l'ellroi dans Rome alors à l'apogée de sa puissance militaire, mais déchirée par des luttes intestines. César n'avait épargné aucun elFort pour faire la conquête absolue de la Gaule, qui dès lors se latinise de plus ( n plus dans ses mœurs et sa langue. 11 ne rencontra nulle part autant de résistance que chez les peuples germaniques; et le plus grand souci, dès lors, du Romain, souverain du monde, fut toujours d'assurer par de forts travaux de défense et par des troupes en armes les frontières du Rhin et du Danube contre les attaques des Germains.

Parmi ces peuples de race allemande, les Goths étaient particulièrement puissants : partis des îles Scandinaves ils s'avançaient profondément dans l'intérieur du paysgermanique, surtout vers l'est et plus tard vers l'ouest On ne put les empêcher de s'établir dans les provinces du nord-est, sur les bords de la mer Noire. L'empereur Décius trouva la mort en les combattant, et on dut leur céder par traité la Daeie postérieure. Constantin les vainquit il est vrai, mais il préféra cependant, lui aussi

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conclure avec eux une paix avantageuse, et gagner leur amitié pour lui-même, leur jeunesse virile pour l'armée romaine.

La plus ancienne constitution germanique était mu» très rudimentaire aristocratie naturelle de la liberté; la tribu qui formait un tout ou un jjeuple était une confédération, une association des hommes libres et nobles sous l'autorité d'un prince héréditaire ou de chefs d'armées et de ducs élus; de ces associations sortit plus tard chez quelques j^euples une royauté prox)rement dite.

Tout homme libre portait les armes. Les travaux étaient exécutés par des valets et des serfs : prisonniers de guerre, anciens habitants des pays conquis, condamnés qui avaient perdu noblesse et liberté. Lorsque les Romains entrèrent en relations plus étroites avec eux, ils étaient déjà en partie devenus des agriculteurs.

Le sol n'était pas encore aussi généralement ni aussi rigoureusement découpé en proj)riétés privées, cadastrées et encloses; beaucouj) de terrains étaient biens publics, et, 2>ar suite, les tribus pouvaient, pour peu qu'une circonstance les y invitât, quitter d'autant plus facilement leur lieu de séjour et émigrcr.

L'auteur explique comment, par suite de la nature du sol -couvert de l'orêts, de la rigueur du climat, de raccroisscmeut de la population, ces peuples ont été particulièrement entraînés à rémigration :

C'est d'ailleurs un véritable besoin, pour chaque État et pour chaque peuple à un degré déj à avancé, et même au degré le plus avancé de la civilisation, de se décharger pour ainsi dire de son superflu, tle se transplanter vivant, on un mot de fonder des colonies et d'avoir des colonies. Ceci est la loi souveraine, la règle d'hygiène naturelle

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(jui préside à révolution des peuples; et là oii ce besoin ne se fait pas sentir d'une fa^on aussi pressante, nous sommes en présence d'une exception ; on trouvera et on pourra toujours lormuler les raisons particulières qui ont empêché jusqu'alors l'apparition de ce besoin; tôt ou tard la nature le crée toujours.

Dans leurs descriptions du pays germain les Romains ont, à vrai dire, souvent pris pour un peuple ce qui n'était qu'une Conlcdération, ou compté autant de tribus qu'ils rencontraient de noms empruntés les uns à la natu!-e particulière dun tout petit pays, les autres à un métier particulier, non sans les malentendus (jui j)roviennent de leur ignorance de la langue. Mais au total, d'après les descriptions des Romains et d'après la situation géographique des différents peuples, on peut distinguer déjà très exactement les trois ou (juatre principales nations allemandes, telles qu'elles se retrouveront plus tard en Allemagne: elles se répandirent dans les pays latins eu s'emparant des provinces de l'Kinjjire rouiain alors en pleine dissolution, et ont servi de base à l'évolution ultérieure des diUérentes nations tle l'Europe moderne .

Entre tous les peuples allemands, c'est chez les (ioths que s est le mieux développée la monarchie tu'oprement héréditaire, avec la i'amille (k^s Amales chez les Goths de l'est et ceHe des Haltes chez les (ioths de Fouest. Les historiens romains de l'époque célèbrent abondamment leur héroïsme guerrier et leur noblesse de cceur, ainsi <iue leur haute et élégante stature. Les Goths turent les premiers et les seuls promoteurs de la migration des peuples proi)rement dite, tout à l'ait indépendante de l ébranlement asiatique, qui ne se produisit que beaucoup plus tard. Dès le iii« siècle les Goths occupèrent les I)ays de la cote septentrionale de la mer Noire, et de là se répandirent dans la Grèce jusqu'à Athènes.

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A vrai dire, la puissance mondiale de Rome, de même (ju'elle est sortie des guerres civiles, s'est effondrée bien plus par suite des dissensions et de la corruption intérieures que par l'action des Goths, avec lesquels les Romains auraient pu facilement vivre sur le pied de l)aix, s'unir et peu à peu fraterniser jusqu'à ne faire qu'un seul peuple, tentative qui fut faite à dille rentes époques sous les meilleurs empereurs. Les Goths étant parmi toutes ces populations germaniques les plus forts et les plus puissants, avec leur aide les Romains auraient pu facilement se défendre contre tous les autres Germains, et la migration des x^cuples, c'est-à-dire la fusion de la force naturelle germanique, pleine de vigueur et de santé, avec la race et la culture romaines déjà atteintes par une dégénérescence profonde que le christianisme même n'était pas [)arvenu à vaincre dans la vie i)ublique et le gouvernement, cette fusion aurait pu se réaliser par des voies pacifiques; l'humanité aurait ainsi pu faire l'économie des longues guerres chaotiques et de la longue période de transition qui suivit.

PhUosophie der Geschichte. (Philosophie de l'Histoire.) 18128, dans Sdmtliche Werhe, 12' éd. 1840, t. \\\\ p. Jo, 3i , 35, 36, 39, 4^ , 43.

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