‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 83 sur 139 · Varianlsme · texte numérisé non relu

Varianlsme

« La guerre et l'art. » Voilà une devise grecque, allemande, et arienne. C'est dans l'épopée, la forme vraiment arienne de la poésie, qu'elle s'incarne le plus fidèlemenl. Elle s'est exprimée tout d'abord dans l'Iliade. Et à des époques plus récentes, elle réapparaît toujours au moment décisif. C'est dans le nom même du héros-poète anglo saxon que l'union de la guerre et de l'art célèbre son plus éclatiint triomphe. Shakespeare s'appelle Speerschiitiler (celui qui brandit le javelot) et les noms ont toujours une cause : un des ancêtres du poète a certainement dû s'illustrer par les armes. C'était à l'époque guerrière de la vieille Angleterre. Dans des temps plus l)aisibles, la force physique se transfoi'me en force spirituelle, la puissance guerrière en puissance artistique. Shakespeare représente l'esprit germanique dans toute sa complexité, c'est-à-dire dans toute sa personnalité. 11 a rassemblé dans ses teuvres tous les dieux des Germains, il incarne en soi l'esprit germanique et arien le plus élevé. La phrase si belle de Schiller : (^ Lancer le javelot et honorer les dieux », vit en lui comme elle vivait

JULIUS LANGliEHN

dans les Germains et les Ariens. Et elle conduit droit au sommet du monde, k L'esprit universel parle par la bouche de Shakespeare, il est lui-même l'esprit universel », déclara hardiment Gœthe, et il ne s'est pas tromjîé. Homère et Shakespeare, Gœthe et Schiller prêchent la même sagesse ; c'est une sagesse du corps aussi bien que de l'âme, et notre sentiment le plus intime, quand il n'est pas faussé, lui obéit aujourd'hui encore. Si l'on examine attentivement la mission que doivent remplir les Allemands modernes, on verra qu'elle est la même aujourd'hui qu'autrefois. Ils doivent être ce que leurs ancêtres ont été, ce pourquoi la nature elle-même les a créés : ils sont, ils ont été, ils seront des Ariens. Ils doivent vivre, lutter et même mourir pour la conservation de ce caractère qui leur est inné. Car, il faut bien le dire, le sang — le vieux sang des ancêtres — n'a de valeur que lorsque pour lui d'autre sang est versé. La vie est un état de défense; notre propre sang s'insurge contre le sang étranger. C'est ainsi que le sang arien veut s'insurger et s'insurgera victorieusement contre tout autre sang. Dans ses dieux il n'honore que luimême, et avec ses jai>elots il vise et atteint le sang étranger. Pour lui, il a son art; contre les autres, il a sa guerre. Sa vie, ses tendances, ses actes sont liés à ces lieux facteurs. Par ce signe il vaincra.

On frissonne de crainte devant les dieux ; et le frisson — to shake — est le meilleur apanage de l'homme, lorsqu'il se transforme en un mouvement de défense du bras (jui brandit le javelot. Alors les forces de l'âme et du corps se combinent pour engendrer la force suprême du peuple. Elle existe chez les Ariens, chez les Allemands, en Shakespeare. Javelot (Speer) et armée (Ileer) riment bien ensemble. Le vieux javelot arien a récemment repris sa place d'honneur dans l'armée allemande : c'est la lance des uhlans. II servira, il faut qu'il serve à

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défendre les biens et les dieux de la Patrie. L'Arieii porte le javelot; et ce dernier décrit une ligne qui va droit de notre propre cœur au cœur de Tennemi. C'est une matliémati({ue guerrière et artistique, arienne, divine !

Le premier devoir qui s'impose à l'Allemand d'aujourd'hui, c'est de délimiter, en tout sens, sa culture et su personnalité, de les établir fortement et de les approfondir. Il faut qu'il mesure jusqu'où s'étend son horizon, et il devra s'elForcer de le remplir entièrement. Il lui faudra se poser nettement en face de ses frères ou de ses ennemis intellectuels. Il lui faudra considérer et évaluer à fond les moyens qui peuvent servir à son auto-éducation future. Il lui faudra combiner ses qualités guerrières et artistiques avec ses qualités purement humaines.

In trinitate rohiir.

Ihid.^ p. 211.

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