‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 88 sur 139 · L'idéal du germanisme pur · texte numérisé non relu

L'idéal du germanisme pur

Notre peuple a passé au cours de l'iiistoiro par les conditions d'existence, les dispositions d'esprit et les modes les plus diverses, et aujourd'hui, chacun des membres vivants de notre nation entend définir son propre germanisme dans la souveraineté de sa conscience : néanmoins, et cela est remarquable, on obtiendrait une majorité considérable, si l'on faisait une enquête sur cette question : à quelles époques de notre histoire l'esprit allemand vous semble-t-il avoir revêtu son expression la plus pure? Sans doute, il y aurait de fortes divergences sur les points de détail, cependant, dans l'ensemble, les voix des hommes compétents se rassembleraient autour de quatre grandes époques : les grandes invasions, les communes , la Ré l'orme et les guerres libératrices de i8i3-i5. Cet accord, auquel se rallieraient probablement les étrangers, montre nettement que, chez tout Allemand, en dépit de l'écart qui peut séparer de la normale ses façons de penser et de sentir particulières, il y a, x)résent dans son esprit, un concept idéal du germanisme pur, qui lui a été inculqué par l'école, sans doute, mais a été ])lus tard confirmé aussi i)ar l'expérience de la vie, et qui prouve, en tout cas, que le sang de nos pères fait naître en nous un besoin commun, d'ordre intellectuel et moral, une puissante inclination qui nous porte vers cet idéal.

Cet idéal qui, jamais réalisé, est l'objet de nos aspira-

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tions continuelles, est donc la seule matière véritable, le seul contenu toujours vivant du germanisme pur dans notre conscience. C'est l'impulsion inexprimée, insondable et pourtant toujours efficace, qui fait que nous choisissons ce que nous choisissons, que nous aimons ce que nous aimons, que nous combattons ce qui nous est antipathique. Quand cet instinct sommeille en nous, ou quand il se confond avec le paisible courant de nos habitudes, il est difficile que nous en prenions conscience; mais, lorsque le temps et les circonstances apportent de nouvelles tûclies au seuil de notre âme, alors, x)lus ou moins consciemment, c'est à cet idéal que nous demandons le critère dont nous avons besoin i)our nos jugements et dans nos sentiments sur ce qui nous jîaraît naturel ou contre nature, désirable ou exécrable. C'est ici que se révèlent les diftérences et les limites des caractères nationaux; c'est là le domaine dans lequel chaque peuple doit résoudre, par les moyens qui lui sont propres, les problèmes qui se posent en commun à Tliumanité civilisée.

Ibid., p. 1 40-141.

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