‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 90 sur 139 · Le fond de culture de l'armée allemande · texte numérisé non relu

Le fond de culture de l'armée allemande

Je voulais montrer que Tesprit guerrier et la valeur militaire organisée sont un élément important de la meilleure culture, et, jusqu'ici, je n'ai fait qu'essayer de démontrer que l'on ne saurait concevoir la i)ersonnalité des Ariens et en particulier celle des Allemands, en tant qu'agent et produit de la culture, sans l'existence en elle d'un vif sentiment de l'honneur. Eh bien, le lecteur attentif va reconnaître maintenant que je ne l'ai pas égaré dans des digressions superflues, mais que. en faisant voir dans le sentiment de l'honneur la clef de voûte de toute culture supérieure, j'ai par là même démontré que l'esprit guerrier et la valeur militaire sont un élément indispensable de cette culture. Nous pouvons donc dès lors considérer comme les billevesées de cerveaux malades tous les arguments, -— qu'ils proviennent du « bon sens » d'un démocrate quelconque, des lubies sentimentales d'une Bertha von Siittner, du christianisma insipide d'un Tolstoï ou enfin de la fa^on de sentir non arienne des Juifs, — par lesquels on veut nous persuader que la guerre et le métier des armes sont une honteuse barbarie. Mais nous comprenons aussi que le sentiment de l'honneur vraiment sain, qui reste aussi éloigné de rhyperesthésie française que de la pachydermie chinoise et qui implique le respect le plus strict du s(^ntiment de l'honneur des autres, doit constituer la ligne de démarcation, séparation nette entre la guerre qui n'est que brutalité sanguinaire et celle qui est une force morale de premier ordre.

FRIEDRICH LANGE

De là résultent naturellement toute une série de conséquences. Il n'est nullement à craindre que tout ce que nous devons déduire logiquement de cette distinction rationnelle puisse jamais entrer en conflit avec notre sentiment immédiat. Au contraire : la profonde joie intérieure que tous les Allemands sains d'esprit éprouvent à sentir dans notre organisation militaire, la meilleure de nos institutions ; l'estime et l'aflection dont le soldat jouit chez nous ; la force expansive dont l'exemple de la Prusse a témoigné, sans rencontrer sur ce terrain les résistances ordinaires de l'Allemagne du Sud : tous ces sentiments immédiats, toutes ces forces spontanées ne font que nous montrer une fois de x^lus que la raison et la pratique de la culture se fondent ici en une pleine harmonie. Une armée de mercenaires ne pourrait jamais faire naître cette harmonie dans notre conscience de peuple civilisé, car une armée de mercenaires se sent rejetée hors de la respectabilité civile du reste de la nation, et elle n'en devient que plus facilement, dans les mains de celui qui est au pouvoir, un instrument docile pour tous les actes de violence et de cruauté, en un mot j)our tout ce qui est opposé à la culture. L'exemple de l'Angleterre montre précisément au inonde entier qu'une armée de mercenaires n'est plus compatible avec la conscience cultivée de l'humanité arienne d'aujourd'hui. Et si les Anglais ne savent pas rejeter à temps cette façon de faire la guerre contraire à la culture, et trouver le chemin du sentiment de l'honneur germanique ; s'ils ne peuvent ou ne veulent se contenter de la domination mondiale qui peut être acquise et maintenue d'accord avec la conscience plus juste et plus délicate d'une armée nationale, alors ils seront jugés définitivement i)ar la conscience des peuples civilisés, ce qui d'ailleurs ne saurait longtemps tarder. Une armée de milices ne présenterait rien en soi qui pût choquer le sentiment de l'honneur et la conscience des peuples civi-

LE PAXGERMAXISME PHILOSOPHIQUE

FRIEDRICH LANGE

lises. C'est l'idée favorite de tous ceux qui sont jaloux de la liberté individuelle. La conscience allemande, elle aussi, n'aurait rien à objecter à cette forme de l'organisation militaire : c'est en effet la forme qu'avaient adoptée nos plus lointains ancêtres pour combattre leurs ennemis ; c'est de cette façon que les Suisses ont jusqu'ici défendu leur pays, et que les Boérs de l'Afrique du Sud ont pu résister si longtemps à des forces colossales. Mais cette forme ne convient qu'aux organismes les plus simples ; les résultats qu'elle donne sont incertains, et le terrain qu'elle concède au besoin d'indépendance de l'individu, elle le ravit à l'influence d'une éducation militaire rigide et durable ; or, nous autres Allemands, dans la mesure où nous sentons sainement, nous avons appris à connaître dans cette discipline, non pas un mal, mais un bienfait.

Il reste donc que c'est la Prusse, si souvent regardée de travers à cause de ses éléments slaves, qui a, en organisant la première une armée permanente dont la discipline repose sur le sentiment de l'honneur le plus vif et la discipline la plus rigoureuse, résolu par là même, non seulement pour les peuples de la rive droite de l'Elbe, mais à vrai dire pour tout le peuple allemand, le iiroblème d'une organisation militaire vraiment nationale. Pratiquement capable de combattre et de surmonter tout danger qui peut nous menacer ; s'accordant de la façon la plus harmonieuse avec tous les sentiments, toutes les impulsions guerrières du peuple allemand ; éducation sûi'e pour former à l'obéissance aussi bien qu'au sentiment de l'honneur ; gardienne de toutes les formes de l'esprit chevaleresque; orgueil qui est le fruit d'une éducation trop solide et trop sérieuse pour dégénérer jamais, autrement que par exception, en vanité ou en fanfaronnade : ainsi édifiée avec les éléments virils du sang allemand, notre armée nationale a réellement une trop haute

aoy

valeur en elle-même pour n'être considérée que comme l'écorce et le toit protecteur de notre culture. Non, elle est le noyau, elle est la moelle de cette culture, aussi bien en elle-même que par l'influence qu'elle exerce sur les autres domaines de la culture...

Je fais un si grand cas du fond de culture allemande de notre armée, je suis si loin de considérer cette armée comme un t mal nécessaire » que, pour sauvegarder cet élément de culture, je sacrifierais au besoin d'un cœur léger plus d'une de ces revendications politiques, auxquelles nos démocrates attachent une si grande importance.

Ibid., p. 222-226.

Li invK; WOLTMAXX

l'anthropologie politique du paxgehmanisme

LuDWiG WOLTMANN a été un publicislc socialiste ié[)Utt' très brillant et à qui on promettait un grand avenir. 11 n'est plus, croyons-nous, parmi les vivants; ou, s'il survit, il serait plus digne de compassion qu'un mort. 11 a été longtem])s le collaborateur d'Eduard Bernstein aux Do/airnente des Socialismus, édités entre 1901 et 1904. Il y signait du pseudonyme de Doubleyouy qui traduit en anglais l'initiale de sou

nom.

L'interprétation biologique des faits intellectuels et moraux, mise à la mode par la brusque fortune posthume du système de Nietzsche, n*a pas manciué de trouver des adhérents parmi les socialistes. Ç avait toujours été rell'ort du socialisme allemand, déjà dans Marx et dans Engels, puis, plus grossièrement, dans l'ouvrage de Bebel sur la Femmr, d'établir un lien entre le transformisme biologiciue et It matérialisme historicpie. Woltmann essaya de pousser ces recherches. Une part essentielle de < rinfrastruelure » sur laquelle repose la civilisation intellectuelle et morale des hommes est, pour lui, biologique. Il s'agit de découvrir un lien entré révolution anthropologicpie et l'évolution politique des races. Grave problème que Woltmann aborda avec des principes empruntés au système de W'eismann. Kien n'atteste mieux la dégénérescence des méthodes de la recherche sociale en Allemagne que le succès do ces tentatives dilettantesques. Sans observation précise, avec des aflirraalions massivement appuyées sur la fragile théorie weismannienne des plasmas germinatifs, Woltmann prétend aborder les problèmes obscurs de la transmission héréditaire des ([ualités mentales ou de la sélection des génies.

Son échafaudage de conjectures aboutit à conclure <iuc l'homme élancé, blond, à dolichocéphalie frontale, c'est-à-

LUDWKi WOLTMAW

'2.HJ

dire la race européenne du Nord, aulieinent dit la race ^evmanique, représente l'élite de l'humanité, et (jue cette race est présente physiologiquement dans tous les peuples suixrieurs. Son germanisme est outré, jusqu'à ne pas tolérer le mélange des Allemands avec d'autres Germains. Mais ce sont des types allemands qu il retrouve dans les hommes supérieurs de tous les peuples voisins de l'Allemagne Bieiilaisant mélange, qui toutefois ne s'est elfectué que par la guerre. Ce darwinisme social (lui allait jusqu'à [iréconiser la lutte des races par la guerre pour arriver à mie meiUeini' sélection des hommes et, par elle, à un épanouissement plus

complet des civilisations sui>érieures, n'a nulh-ment fait exclure \\oltmann du parti socialiste. On en jugera j)ar l'indulgent compte -rendu des Dolwmentc des Soeialismns, juillet it)o3

On sera moins étonné (pie Friedrich Ral/el, malgré ses reserves, témoigne de la complaisance aux théories de Wol'inanu : « Nous ne doutons pas, dit-il, (pic des recherches purement mductives, comme par exemple celles annoncées par Woltmann dans son Anthropoloi^ie politique (ioo3) qui cherche à déterminer analyti(piement les origines "raciales des promoteurs des grands mouvements dans un peuple ne soient d'une grande utilité le jour où on les pratiquera a'vec ime absence totale de prévention en faveur de l'une ou de 1 autre race. Peut-être ainsi l'historien, appuvé sur des observations précises touchant l'histoire de la Renaissance, pourrat-ilalhrmer avec certitude l'importance décisive d'éléments de race germanique en Italie. .. Et l'ethnographe Helmolt ajoutait : .. Cette certitude — bien (pie je reconnaisse tous les mentes de sa très sérieuse investigation — ne me paraît encore nullement actpiise par le bea.i livre de Woltmann sur les Germains et la Renaissance en Italie i i()o5) (i ). ., On va voir <lans les passages qui suivent, ce que ces savants considérables appellent une « détermination anal vli( nie .. el une .. tins sérieuse investigation ».

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