‹ Le pangermanisme, ses plans d'expansion allemande dans le mondeChapitre 10 sur 41 · PROJETS SUR LES PAYS FLAMANDS · texte numérisé non relu

PROJETS SUR LES PAYS FLAMANDS

dtms l'histoire des leçons salutaires.... Que l'Empire allemand ne soit pas la fin, mais le début de notre développement national: voilà une véi'ité manifeste qui n'est pas du tout encore devenue le bien commun des Allemands. Elle n'est reconnue que d'un petit nombre d'hommes cultivés» (1).

Ce petit nombre d'hommes cultivés, ce sont les pangermanistes; et ils déploient aussitôt une activité acharnée pour faire entrer dans les esprits cette « vérité manifeste » que le peuple allemand, le « peuple des meilleurs guerriers » du monde, avait à prendre la « part d'héritage » qui lui appartient dans le monde. Ils lui en désignent les morceaux :

1" La Flandre française.

€ Les Flamands du Nord-Ouest occupent, de beaucoup, le niveau le plus élevé de toute la population rurale française, et leur fusion avec la race française {Franzosentutn), physiquement et intellectuellement inférieure (minderwertig), signifierait une dégénérescence de leur espèce. Mais quand, tôt ou tard, on réunira la Flandre maritime à la Flandre de l'Ouest, et qliand on enlèvera aux Français, comme c'est le bon droit, ce qu'ils ont pris aux Flamands par l'immonde rapine de Turenne, il faudra entendre les clameurs qui s'élèveront dans toute la France » (2).

La France ne se laissera pas dépouiller sans protester; et il n'est pas probable que la Belgique fasse seule la conquête de Lille et de Calais, mais elle aura une alliée; on devine laquelle. L'Allemagne est la grande redresseuse des torts séculaires de l'histoire. N'en a-t-elle pas commis qui soient plus récents que les torts de Louis XIV? Des clameurs, non de protestation cette fois, mais de délivrance, ne s'élèveront-elles pas de Pologne et du Schleswig et d'Alsace-Lorraine, quand on reprendra aux Allemands ce que les Polonais, les Danois, les Alsaciens-Lorrains considèrent aussi comme une « immonde rapine »? C'est une question qu'aucun Allemand n'admet qu'on pose.

(1) Fritz Bley, Die Weltstellung des Deuischlumt, 1897, p. 21-22. ('2) Fritz Bley, Die alldeuUche Bewegung und die Niederlande, 1897, p. 61.

La Belgique wallonne elle-même, pour les Allemands, est terre allemande. Voyez les noms de Luig, de Waremme, de Bassenge, d'Ordange, de Boulange, de Fouron; on y reconnaît Ludeke, Borgworm, Bitsingen, Ordingen, Bukkelingen, Foeren, N'objectez pas que ces noms mêmes sont visiblement francs. Us sont Saxons, pour les pangermanistes. Charlemagne n'a pas massacré tous les Saxons dans ses guerres de conquêtes. Il en a déporté des troupes, dont les descendants aujourd'hui sont en Belgique (1). Il y a de l'Ardenne à la Meuse une ii^edenta saxonne sur laquelle l'Allemagne un jour fera valoir des droits.

2° La Hollande.

Fritz Bley poursuit :

€ Nous avons besoin de ces terres nouvelles hollandaises, déjà fertilisées par le sang allemand, pour l'indispensable élargissement de notre domaine économique. Nous avons besoin, sur un Rhin devenu allemand jusqu'à rembonchure, du libre trafic que la silencieuse résistance de la Hollande nous rend plus difficile.

€ Une union douanière, une organisation commune de la défense militaire et navale, — la langue de coniniamlement étant le haut-allemand dans l'armée, le bas-allemand dans la Hotte; — une gestion commune de nos possessions d'outremer, conduite dans un esprit de prudence néerlandaise et d'utilité pratique : tel est l'objet de l'alliance germano-néerlandaise.

c Si la Hollande était une simple puissance continentale, cette alliance ne se constituerait que le jour où l'Allemagne imposerait par la force ses justes prétentions. Mais comme le vaste domaine des possessions trans océaniques de la Hollande s'elTrite tous les jours sous une menace croissante, les hauts seigneurs commerçants sur l'Amslel et sur la Meuse sont poussés de notre côté par des considérations d'intérêt personnel » (2).

On suit le raisonneniont. Les Hollandais seront rattachés à rAllemagne à coup sûr. L'AUemagno est la force au service

(i) E. Sbelmann, Die Wiederauffindung der von Karl dem Orosienver' êchiekttn Sachitn, 1805. — • On Knit qiio, pour d'autres Allemands, ces StKUMM intruiivables ae trouvent en Uuiigric.

(%) Fkitz Ulky. ibid., p. 7.

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