‹ Le pangermanisme, ses plans d'expansion allemande dans le mondeChapitre 12 sur 41 · PROJETS SUR LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

PROJETS SUR LA HOLLANDE

« Un petit peuple côtier est en situation d'influencer le trafic sur le Rhin inférieur et d'y prendre des mesures qui ne sont pas dans l'intérêt de VHinterland, mais seulement dans le sien propre. Il faut à l'avenir que l'Empire allemand puisse établir et appuyer ses lignes de défense sur les positions les plus favorables. Une Hollande trop faible sur terre est un danger permanent pour les régions industrielles les plus importantes de l'Allemagne » (1).

Tout le monde sait que les Allemands ont construit le canal de l'Ems à la Jahde, et le canal qui joint l'embouchure de la Ruhr à l'Ems, par Dorlmund, afin de détourner le plus gros tonnage des marchandises qui descendaient le Rhin jusqu'en Hollande. L'opération n'a pas donné tout à fait ce qu'on attendait. Il est encore plus difficile de détourner de la ligne plus courte du Rhin les transports hollandais qui font la route inverse par le Vieux-Rhin ou le Waal. Voilà donc le moment de séduire ou de contraindre.

L'importante revue die Grenzbolen, dans un de ces articles anonymes, qu'elle demande communément à de hauts fonctionnaires allemands, usait surtout de séduction en 1901. Elle faisait craindre à la Hollande un débarquement anglais.

< La force de l'Allemagne est aussi l'appui de la Hollande. Mais toutes les assurances données par l'Angleterre, et par lesquelles elle promet de respecter la neutralité et l'intégrité territoriale de la Belgique, ne laissent pas un moment de doute aux Néerlandais. Ils savent que, pour leur sécurité entière, il faut des garanties plus solides que celles qui résultent des traités sanctionnés même par les serments les plus sacrés » (2).

La Relgique a pu juger, en 1914, ce qui vaut le mieux, comme garantie, de la parole donnée par la Grande-Rretagne ou de celle donnée par l'Allemagne, sous la foi c des serments les plus sacrés ».

(1) Ernst von Halle. Ibid., t. H, 3-4; 47-48.

(2) Holland und Deutschland. (Grenzboten, 60* année, 1901, p. 146.)

Politique de l'Allemagne sur sa frontière orientale.

/ieux courants anti-russes. — Bismarck avait pu craindre que la politique traditionnellement prussienne, suivie par lui, avec un peu de mélancolie, mais avec prudence, et qui consistait à s'appuyer sur la Russie, ne fiU pas continuée par Guillaume II.

Le traité, par lequel l'Allemagne et l'Aulriche-IIongrie se promettaient l'appui mutuel de leurs forces en cas d'agression russe sur l'un d'eux, s'était complété par un e traité de réassurance » conclu entre l'Allemagne et la Russie, depuis 1881. Bismarck avait obtenu du tsar une convention valable six ans, qui stipulait la neutralité russe, pour le cas d'une attaque de la France contre l'Allemagne, et la neutralité allemande, pour le cas d'une attaque de l'Autriche contre la Russie. Caprivi n'avait pas renouvelé ce traité en 1890. Hohenlohe et Marschall von Bieberstein ont dit au Reichstag, le IG novembre 1896, pourquoi la diplomatie allemande n'avait pas fait ce renouvellement. Dans l'explosion soudaine d'une crise de guerre, il est difficile de décider sur l'heure à qui incombent les responsabilités de l'agression. En cas de conilit austrorusse, comment savoir instantanément si \ecasus fœderis ii\ec l'Autriche ou le traité de neutralité avec la Russie devait jouer? L'Allemagne voulait être libre de suivre ses intérêts.

De forts courants d'opinion poussaient à une guerre contre la Russie. Le successeur de iMoltke nu grand état-major, un général brillant et ambitieux, lecomtedeWaldersce, préparait depuis longtemps une campagne contre la Russie. 11 a été le vrai maître en stratégie do Guillaume IL L'amitié avait été intime entre le fougueux kronprinz Guillaume et le général impolient de gloire. Kn février I8S1), Bismarck savait et lit publier dans les llainbmtjer Nachrichlen (|u"on songcoit, pour sa succession, au comte deWaldersee. La Gazette da la Croix, loul le printem[ s, nvail élô pleine d'articles de

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