IL — ÉVOLUTION BACTÉRIOLOGIQUE DE LA PLAIE
Autre caractère de gravité : la plaie est en général souillée de façon importante. |
La plaie de guerre contient le ou les projectiles, des fragments de terre, des débris de vêtements dont la septicité est manifeste; et le blessé est d’au-
tant plus exposé que les fatigues, le froid, les con-
ditions d'hygiène défectueuse, le retard à la relève dans bien des cas, avec persistance de l’hémorragie et du schock, ont bien souvent diminué sa résistance., Bien des plaies de la pratique civile (accidents de la rue) réalisent d’ailleurs les mêmes conditions de septicité.
Un fait est cependant important : c’est que l’infection reste virtuelle pendant les premières heures, que la pullulation microbienne ne commence
qu'après six heures environ, parfois dès la quatrième, ou. seulement à la huitième. Les anaérobies
apparaissent d’abord, puis les pyogènes.
| PL ‘importance capitale d’une intervention prési coce en découle. L'infection est d’autant moins à
craindre que la plaie a été traitée plus tôt, et qu’elle a subi un épluchage plus complet. Il faut supprimer non seulement les corps étrangers et les tissus souillés, mais aussi tous les tissus contus, et surtout le tissu musculaire dévitalisé. Il est bien connu que la gangrène gazeuse trouve son terrain d'élection dans les foyers de nécrose musculaire, et ceci a une grosse importance dans la conduite à AAODISE par le chirurgien.
Tous ces faits sont trop classiques pour que nous insistions plus longtemps. Ils ne semblent pas se rattacher directement à notre sujet; nous avons cru cependant indispensable de les rappeler. La plaie qui pourra être traitée par le pansement plâtré est précisément la plaie profonde, avec délabrements musculaires, celle où les phénomènes de nécrose sont au maximum. Plus encore que dans tout autre cas, il sera donc indispensable, avant le plâtrage, de pratiquer l’excision de la plaie et l’ablation des corps étrangers. Cette notion est pleinement confirmée par la pratique. La contré-expérience nous a été fournie par les blessés d’Espagne. Les nôtres ne doivent pas subir les mêmes fautes, ou plutôt les mêmes insuffisances.
ENS y Des III. —— ACTION DES ANTISEPTIQUES.
Telles sont les données essentielles concernant la plaie récente, menacée d'infection. Comment agissent les antiseptiques?
Dass la plupart des cas, leur action s’est montrée médiocre, nullement comparable à ce qu’elle est in vitre. C’est qu’en effet, la pullulation microbienne dans la plaie s'accompagne de leur pénétration dans les tissus qui la bordent, et tout spécialement dans les tissus sphacélés; dans la plaie, ou dans les tissus de voisinage, nombre de microbes sont phagocytés, et ainsi protégés contre les agents thérapeutiques, sans qu’ils perdent leur virulence.
D'autre part, l’action d’antiseptiques forts est à double tranchant; en entraînant une nécrose superficielle de la plaie, ils risqueraient de diminuer sa vitalité, sa résistance à l’infection : suivant la formule de Delbet, « les antiseptiques paraïssent avoir plus d’inconvénients que d’avantages; ils visent les microbes, mais tuent les cellules ».
Nous ne pouvons étudier l’action de chacun d’eux, et devons nous contenter de résumer sur les principaux, l’opimion de Delbet et de Leriche. L’usage de la plupart des antiseptiques est d’ailleurs incompatible avec la méthode du pansemeni rare sous plâtre.
ss.
14 Dune Hdoiheue a été très love et lo enre. Ollier l’utilisait après les resections, et lui | attribuait un rôle important, rôle antiseptique, et rôle sur la régénération osseuse par irritation aseptique, produisant une hyperplasie des éléments ossifiables. Pour Delbet, cependant, l’iodoforme n’a aucune action sur la flore microbienne; comme la poudre de lactose, il n’a guère qu’une action désodorisante, ce qui n’est d’ailleurs pas négligeable.
— Nous ne retiendrons pas l’usage du sérum calé physiologique, des solutions hypertoniques de chlorure de sodium, ou de magnésium, de l’eau \ oxygénée, du permanganate à 2 0/00 qui semble actif, s’il est appliqué précocement, ni même l'irrigation continue de Carrel, méthode délicate mais active. Ces procédés sont en effet inutilisables sur un blessé plâtré. #1
— L'usage du baume du Pérou est au contraire
à envisager. Il agit en effet sur les tissus nécrosés
pour les préserver de l’infection, de même que le
Dakin agit sur eux pour les détruire. Une plaie
qui est stérile reste ainsi préservée de l'infection,
mais une plaie infectée n’est pas modifiée, et la
pullulation microbienne n’y disparaîtra pas plus vite
que sous un simple pansement aseptique. Un
avantage certain du baume est d’empêcher les com-
presses d’adhérer à la plaie, sans cependant leur
sans dires ‘utilité pratique (Leriche).
enlever la perméabilité ‘indispensable, pt que le tissu soit lache 22e DENT
LE 4% 23% LL 543 Et
tue ction des colorants semble superficielle ‘et
en Er artériothérapie n’a pass “encore fait. ‘se preuves. F
L'idée en est due à à Fiolle et Dos Santos.
De F ourmestraux en rapporte plus de 300 cas, sans accident. Cette série comportait 14 fractures ouvertes. Deux amputations ont été nécessaires. Le merecurochrome à 2 % en solution aqueuse (moins de 20 cc), est le plus employé. Ont été également
essayés, la gonocrine, l'argent colloïdal, le violet de
gentiane, le prontosil (sulfamide allemande, qu'il est possible de remplacer par la soluseptazine), avec deux beaux succès de Cunha Lamas, de Lisbonne, (un phlegmon de la main et de lavant- bras, et une arthrite du genou à streptocoque, guérie sans
arthotomie).
Citons encore un procédé moderne, et peut- “être d’avenir : les pansements aux sulfamidés. ‘
Au total, aucun antiseptique ne supprimera Ja nécessité d’un épluchage parfait, et nous pouvons conclure avec Leriche : « La substance idéale à trouver ne réussira jamais à désinfecter une plaie dans laquelle des débris sphacéliques, inattingibles pour elle, sont autant de foyers microbiens abrités, protégés par la mort tissulaire. »