‹ Le pansement plâtré dans les plaies de guerreChapitre 34 sur 48 · B) LE PANSEMENT · texte numérisé non relu

B) LE PANSEMENT

Nous arrivons maintenant à l’étude du pansement, question très importante. |

Le rôle d’un pansement banal est de protéger la plaie et d’apporter à son contact des agents thérapeutiques. ;

Ici le but du pansement est très différent, c’est surtout d’assurer le drainage des secrétions. On sait qu'il est constant d’avoir les premiers jours un suintement séro-hématique abondant. Si la plaie suppure, le pus doit pouvoir s’écouler dans le pansement, être absorbé par lui. On évite ainsi presque complètement les phénomènes de macération dans la plaie et à son voisinage, on évite les résorptions toxiques. Le pansement laisse passer l’air nécessaire à la plaie.

Cette double perméabilité est indispensable à l’inocuité de la méthode plâtrée. Sans elle, la plaie serait presque aussi menacée par le plâtre que par la suture,

él de el ne 2 DEN

2 D AE pe on Hu tout broder. est la mé- Fe Cr la plus simple, le plâtre étant appliqué direc- EMA sur la plaie (Boehler, Soulié et Linares). C’est la ure occlusive proprement dite. No s € sudats de la plaie s’infiltrent entre le plàla peau du voisinage, et ils sont absorbés par capillarité sur. toute la surface du plâtre avec la-

quelle ils viennent ainsi en contact.

(0 n supprime le danger de surinfection de Le plaie par le plâtre en utilisant une solution formolée faible : dilution à 5/1000 de la solution ordinaire

En fait, la suppression de tout pansement absorbant interposé entre la plaie et le plâtre ne nous semble nullement avantageuse. Le plâtre ne peut : “ pas, comme le pansement, épouser la forme de la is plaie, la drainer à plat, et surtout dans les cas de plaie profonde et relativement étroite.

Cette méthode ne peut qu’aggraver la macération.

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2° Le pansement usuel est fait de simples compresses stériles et d’une couche légère de coton hydrophile stérile.

Pour être absorbant au maximum, le pansement doit être formé de compresses peu tassées. On n’uti-

#2 OS | lise jamais de coton cardé, imperméable aux sécrétions.

Avant la pose du plâtre, le pansement est fixé, sans être serré, par quelques tours d’une bande, stérile ainsi que le jersey qui enveloppera le membre. On n'utilise guère les énormes pansements autrefois en usage. Ollier, après une résection de la hanche, prenait dans le pansement toute la cuisse, et tout le bassin.

3° L’usage de produits médicamenteux peut-il

être utile? Il est rejeté par beaucoup. Nous avons assez parlé du rôle des antiseptiques sur les plaies pour ne plus y revenir. On renoncera à tout ee qui serait un caustique pour les tissus.

Il peut être bon cependant d’aseptiser le pansement pour y empêcher la pullulation microbienne dans les exsudats provenant de la plaie. On emploiera pour cela la gaze iodoformée, excellent désodorisant, ou le Baume du Pérou qui ne rend

pas les compresses imperméables, et diminue leur adhérence à la plaie.

La pulvérisation de sulfamides est peut-être une méthode d’avenir.

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4° L'usage de compresses vaselinées, inspiré du traitement de l’ostéomyélite, s’est répandu en Espa-

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gne, et nous est revenu sous le nom de méthode de Orr.

Leveuf insiste sur cette méthode pour la condamner : « Le tamponnement de la plaie avec de la gaze vaselinée peut être défendu à la rigueur dans l’ostéomyélite chronique, où les tissus avoisinant le foyer opératoire sont depuis longtemps en état de défense contre l’infection. Lorsqu'il ‘’agit d’une plaie de guerre récente, la présence de corps étransers volumineux dans le foyer opératoire me paraît redoutable. Que penser en effet d’un tamponnement plus ou moins imperméable qui empêche l'oxygène d'arriver dans la plaie et qui, d’autre part, s'oppose à l’écoulement facile des sécrétions inévitables. » Cette méthode expliquerait pour l’auteur une partie des échecs de l’immobilisation en plâtre fermé pendant la guerre d’Espagne.

9° L'utilisation de drains est le dernier point à discuter. En principe, on doit supprimer tout drainage, aussi bien mèche que tube ou lame de caoutchouc, puisque la plaie mise à plat ne présente plus de cul-de-sac, ni de décollement.

Si la plaie est profonde, nous ne renonçons pas cependant à l’usage de lames de caoutchouc. Par leur souplesse, elles sont moins traumatisantes pour les tissus qu’un gros drain, en même temps que,

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d'recs pe a toute leur surface, cles Don mieux. Si

l'infection est déclarée, on fait au besoin 1 une contre- sat

incision en suivant une voie anatomique déclive. Il est difficile de concevoir la mise à plat com-

plète d’une plaie étroite et profonde, par exemple

un séton traversant une région musculaire. On doit alors choisir entre l’abstention chirurgicale, parfois possible dans les meilleurs cas, et le débridement des deux orifices, et du trajet, avec son drainage par des mèches et des lames de caoutchouc. Rappelons à ce propos l’inconvénient d'utiliser des mèches traversant la plaie de part en part; leur ablation ultérieure serait en effet plus douloureuse pour le malade, et supprimerait le drainage d’un des orifices au lieu de laisser la plaie se fermer par le fond.

Bien qu’elles ne soient pas pansées à plat, ces plaies doivent bénéficier d’une immobilisation.

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