LB C0NGR&3 SLAVE DE PRAGUE EN
des baVoDDettes et des espions, au doi peuple reclame sa part de i'h6ritage i mouvemeot nous a mis en marche et i
« Le gouverDemeDt des baionneltes el est d^sormais impossible. Si ce go ^tait possible, il n'aurait pas ^chapp( de ceux qui )e teoaieDt, car i)s 6taienl d'une intelligeace rare, d'une audace i Dieu n'6tait pas dans leur coeur.
'< Leg cations sont rentr^es dans leui se sont pennies, elles d^lib^rent sur le et sur les ndtres, leur avenir et le ndt:
fort et A Pesth, chez nous et au deho monarch ie.
<i Ehbien ! puisque les autres nation:
de nous et pr^tendent rfegler notre av{ rons nous aussi sur cet avenir. Nous caissons cerlainementmieuxque les au CODoaissent, nous connaissons mieui besoins, nos tendances, nos aspirations
B Quel est le jugement que portent ; autres peuples, nos voisins allemand italiens? Sachons le reconnaitre, si d de le proclamer. lis d^clareQt que noui pas capables de la pleine Ubertfe, \ d'une ' vie politique sup^rigure i parce que nous sommes des s\a'^* d'aprfis eux, est destine par l^ i^v^ peuples glus, mieux dou^s at ^ «<
n Or qui sont-ils, ceui q Vk\\J Ceui qui ont fait peser, qui^V o'*^ nous une main de fer, cen^ ^ V
178 LS PANSLAVISUE
de 1108 brebis et qui se sont engraiss^s de la moelle de DOS OS, ceux qui out y6cu de la Bueur de nos laboureurs, ceux pour qui dos fils out vers^ leur sang, ceux qui^ sous pr^texte de nous civiiiser et de nous prot^ger, nous d^pouilleot de noire caraciere slave. Geux-la, nous les appelons nosoppresseurs, les assassins de nos &mesl
« Si nous refusons de nous civiliser a leur mani6re, c'est-a-dire de nous germaniser, de nous magyariser, de nous italianiser, iis nous iraitent de barbares et d'esclaves. Si nous voulons r^ellement nous civiliser, c'est-a-dire nous slaviser a fond, ils nous traitent de mauvais fils de la patrie, de traitres, d'ennemis de leur liberty.
« Cette situation ne pent plus durer. Le sort en est jete. L'beure decisive a sonne pour nous plus t6t que nous ne pensions. Montrons que nous sommes dignes de la liberty. Mettons-nous en 6tat de pouvoir dire ayec orgueil devant les nations : » Je suis Slave )>, ou cessons d'etre Slayes. La mort morale est pire que la pire mort.
« La mort morale est pire que la pire mort, mais la vie morale est la vie la plus haute. Done, avant de nous mettre k la merci des autres nations, pen^trons dans le fond de nos 4mes, examinona ce qu'elles renferment de force morale. Constatons si nous sommes en ^tat d' Clever la voix dans le conseil des nations, si nous sommes en ^tat de discuter avec elles de T^galit^ de nos droits. Tout ce qu'il y a sous le ciel ob^it k la force morale.
« Chers fr^res, ce n'est pas le moment defaire de longs discours. Ce qui importe avant tout, c'est
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retard s'61eva a 363 dont 42 pour le groupe jougor sljive, 61 pour le groupe polonais et petit-russe, 237 pour le groupe Ich^que-slovaque.
Le programme des questions dont le Congr^s devait s'occuper avait. ^t6 r^sum^ dans un memorandum r6dig6 par Francois Zach dont la vie aventureuse m6rile d'etre rappel^e ici. II fut k sa faQon un panslaviste en action. II 6tait n6 en 1807 en Moravie et commenga par 6tre un petit employ^ dans son pays natal. En 1830, il se rendit en Pologne et prit part k Tinsurrection polonaise. II se r^fugia en France apr6s T^chec de Tinsurrection et, consid^r^ comme 6migr6 polonais, il obtint un emploi a ia biblioth^que du cMteau de Fontainebleau. Bien vu du prince Adam Czartoryski, il fut envoys par lui a Belgrade. De Belgrade il se rendit k Prague ou il figura dans notre Gongr^s. En 1849, il passa chez les Slovaques et combattit avec eux contre les Magyars, puis il revint a Belgrade oil il attira Tattention du ministre Garachanine qui le fit nommer capitaine et lui donna la direction d'une acad^mie de guerre qu'il Tavait charge d'organiser. II fit d^sormais sa carri^re militaire en Serbie. II prit part^ la campagne de 1877-78 contre les Turcs, y perdit une jambe et fut pensionn^ avec le titre de g^n^ral. II est mort en 1889.
Le programme qu'il avait r6dig^ r^clamait la transformation de TAutriche en un Etat f^d^ratif. II insistait surtout sur T^mancipation des Slaves de Hongrie que Ton s'efForQait de magyariser. L'Autriche ^tant un Etat polyglotte il exigeait de
LB CONGRlfeS SLAVE DB PRAGUE EN 1848 181
ses repr^sentants ofiiciels la connaissance de diverses langues et n'admettait la priority d'aucune.
D^passunt le programme officiel du congr^s et les limites de rEmpire il demandait T^galit^ complete entre les Polonais et les Rasses, T^mancipation des Serbes opprim6s par les Turcs; Tenseignement des diterses langues slaves, dans tous les pays slaves, r^tablissement de congr^s sciejitiiiques slaves annuels, la tolerance religieuse absolue.
II protestait 6nergiquement contre Tincorporation k la Confederation germanique de n'ianporte quelle partie des pays slaves. « Nous autrjes Slaves, disait-il, nous n^ pouvons consentir a sacrifier rind^pendance de TEtat autrichien en nous laissant incorporer k un Etat stranger. Jamais, jamais nous ne reconnaltrons la supr^matie de TAllemagne... Jamais nous ne reconnaltrons la decision de FraTicfort.., Nous esp^rons que tous les Slaves seront d'accord pour leur denier toute validity dans les regions slaves de TAutriche. Ge que nous proposons, c'est la transformation de TAutriche en Etat f^d^ratif. »
Les commissions pr^par^rent un manifeste aux ^ peuples de TEurope qui fut ddfinitivement r^dig^ par Palacky et que je traduis en entier :
« Le congr^s slave de Prague est un 6venement nouveau, non seulement pour TEurope. mais pour les Slaves eux-m6mes. Pour la premiere fois depi^is que notre nom est apparu dans Thistoire, les membres disperses d'une grande race se sont
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r^xini^, venus de- pays loinitaiias, pcmr se roconttaitre en taut qoe frdres et d^lib^rer paciiique* men! sur leurs int6rMs communs. Nous n^^s sommes entendus, non seulemeiit daes noire belle Ungueparleeparquatre-vingtsmiilionsd'hommes^, mais par le batlement harmonique de nos ccBurs et Tegalit^ de nos int^r^ts nouveaux. La v6rit^ et la franchise qui ont preside a toutes nos d^lib^ations nous ont decide a declarer aus&i devaiit Dieu et devant les hommes, ce que nous voulioiis et quels principes nous ont diriges.
« Les peuples romans et germaniques, nagu^re c^lebres en Europe comme de puissants conq<oerants, ont depuis des si^cles 6tabli par la force du glaive lour puissance politique et su satisfaire leur besoin de domination. Leur constitution, reposant principalement sur I'idee de la force, n'a garanti la liberie qu'aux classes sup^rieures qui ont doming grace aux privileges, en nlmposantau peaple que des charges. Aujourd'hui seulejnent, gr4oe 4 la force de I'opinion publique, qui, comme Tesprit de Dieu, s'est r^pandue soudain sur tons Jes pays, on a reussi a briser les chaines de la feodalit6, t rendre aux individus les droits imprescriptibles, eternels, de Thomme et de rhumanil6. Les Slaves, eux, aimaient d'autant plus ardemment la liberte qu*ils avaient moins le d6sir de conqu^rir et de Siubjuguer. Chez eux la passion de rind^pendance em|>^chait toujours Tetablissement d'une autorit^ oentrale sup6rieure; peu 4 peu les diverses tribus
1. Geci, je le r^pMe, est faux. Voir plus haut, p. 172. La r^alit^ «8t qu'on s'eDtendit sartout en allemand.
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«ont iomb^ea daii3 la dependanee du YOisiQ. Une politiqijiie' depms lQO!gte]iip& e«>sidamQ^e, a hni par d^|K)i]riUejr le^ b^rc^eques Poianais^ nos Bohlses freres^ de leur existence Qalionale. Le vaste monde;, 4m. eti dit qu'il ^taift pour taujours asservi, et les stii>p6ts de la tyraanie n'h^sitaieat poiQ>t 4 afflr^ i&er qu'il ^tait incapable de liberty, mais esette Q^tiiikm t^m^raire s'^TaDOnii eufin deTant la parote -de Dieu qui se fai! aetteQuent enitendre dans tous L«8 ctDBnrs au milieu des boulerersements elTroyar blea de cette ^poqoe. L'esprit a eaQn remportd k TidQire;. r&Bcbantement de la vieille mal^dictiiOA est coDJur(§, T^diixee mill6ii»aire qu'avait constvuit el. d^fendu la force bnitale, d'aceard arec le EaensoDge ei riniquit^, s'^roule devant nos yenx. L'esprtt. f^cond d'uo« ¥i& nonVelie souffle et cv^ ^ nou'veaux laondes; la liberty de la parole, la liberty de ractioQ: soot demesnes enfin une r^ritd. Le Slave longientps opprim^ relive la t^te^ secooe ie joug de la yrolence et reclame d'une toIx pnissaate son amlique bien^ ta liberty. Fort par le nombre qu'il repr^sente, prlns encore par sa Tolont^ et par la r^cente union IratemeLle de tans ses peuples^ il n'en reste pas moins fidMa k son iiaract^re natnrel, aux principes de ses anc^tres. II BAr demande ni domination, ni conqu4te; U reclame la liberty, tant pour lui que pour toiks, il demande qu'elle soit reconnue comme le droit ie pln& sacr6 de Fbonune.
« G'est pourquoi, nous Slaves, nous rejetons, nous abominons toute domination de la force seule qui pretend faire la loi; aooa r^pudions tons ies ptvn-
l^ges, tous les droits exceptionnels, toutes les distinctions politiques de castes. Nous demandons sans exception F^galit^ deyant la loi, les droits et les devoirs 6gaux pour tons. L^ ou parmi des millions d'hommes nait un seul esclave, I^ on ne connait pas encore la vraie liberty. LiberU^ egaliliy fraierniti de tous ceux qui vivent dans TEtat, aujourd'hui, comme il y a mille ans,yoiI^ notre devise.
« Mais ce n'est pas seulement en favour des individus que nous ^levons la voix, que nous r^cla- ' mons. Pour nous, la nation avec Tensemble de ses int^r^ts moraux n'est pas chose moins sainte que rindividu avec son droit naturel. Si Thistoire nous montre un d^veloppement plus parfait chez certaines nations que chez pertaines autres, elle nous montre aussi que la facility de se d^velopper n'est pas limit^e chez ces derni^res. La nature ne connait ni nations nobles ni nations vilaines; elle n'a appel6aucune d'elles a r^gner sur les autres; elle n'a oblig6 aucune d'elles k servir d'instrument k Tautre pour satisfaire son ^goi'sme. Toutes ont un droit ^gal au d6veloppement humain : c'est U une loi divine que personne ne pent tTansgresser sans 6tre chMi^.
« Malheureusement, il semble que cette loi de nos jours, m^me chez les nations, n'est pas encore observ^e et pratiqu6e, comme il conviendrait. Les abus auxquels on a renonc6 volontairement vis-a-vis des personnes^, Tassujettissement et le servage,
1. Que dirait Palacky s'il vivait aujourd'hui, s'il avait M \ t^moin des abominations commises sur les personnes en \ Belgique et dans le Nord de la France ?