‹ Le panslavisme et l'intérêt françaisChapitre 39 sur 67 · LE CONGRES SLAVE DE PRAGUE EN · texte numérisé non relu

LE CONGRES SLAVE DE PRAGUE EN

des nations les pratiquent encore vis-^-vis d'autres nations ; elles revendiquent Tautorit^ au nom de la liberty sans savoir les distiDguer. Ainsi le libre citoyen de la Grande-Bretagne se refuse a reconnaitre Tlrlandais comme ^tant compl^tement son 6gal. Ainsi TAllemand men|]ice maint peuple slave de violence, s'il ne veut pas contribuer a la grandeur politique de TAlIemagne ; aiosi ie Magyar n'a pas honte de ne r6clamer que pour lui seul le droit de nationality en Hongrie. Nous, Slaves, nous fl^trissons radicalementtoutesces pretentions, nous les repoussons d'autant plus ^nergiquement qu'elles se couvrent a tort du manteau de la liberty. Cependant, fiddles k 'notre caract^re propre, et repoussant toute id6e de vengeance pour les torts du pass^, nous tendons une main fraternelle aux nations voisines qui sont prMes a reconnaitre comme nous, k d^fendre s^rieusement T^ga-* lite de toutes les natiohalit^s, quelle que soit leur puissance politique, quel que soit leur nombre.

« Nous fietrissons ^galement et nous r^primons cette politique qui dispose impudemmeut des pays et des nations comme d'une mati^re livr6ea I'arbitraire du souverain, qui permet de les prendre, de les modifier, de les partager a sa fantaisie, sans tenir compte de leur solidarity naturelle, de leur legitime independance. La force brutale du sabre a decide arbitrairement de la destinee de peuples qui n'ayaient pas m^me paru dans le combat et dont habituellement on ne redamait que des soldats et de Targent pour etayer un pouvoir arbitraire, et quelque flatterie hypocrite pour Texploiteur.

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' a Gonsid^raht que r^tatdcsespritsn noire sttek r^clamte de nouTelles combinaisoiis politiquesy <|«e I'Elat doit s'^tablir, sinon dans de DOUTelles. firoor ii&res, au moins sur de nouTelles bases:, nous avou propose k Fempereur d'Autriehe^ sous Fautoni^ eonstitutioimdle duq^sel nous formons la majorHii de ses sujets, de transformer sou Empire en ufie eoQf^d6ration de naiionalit^s jouissant des m^ises droits, de fagon k tenir compte des besoins de ees nalionalites et de Funitd de FEtail. Nous Toyons dans cette fid^ration non seulemeat notre sai^nt i Dous^ mais aussi Le salufc de 1a liberty, de la ciTitH sation et de Fhumanit^ et nous ne doutons pas 4e ki bonne Tolont^ de FEurope h en aider la r^alisa* lion. En tout 6tat de eause, nons soBOimes r^sokus i acqu^rir, par tous les moyens possibles, poor notre nationality, en Autricbe, les m^mes droits qw poss^dent d^ja les Allemands et les Mag]rars. Nonis cemptons sur le puissant appui que le bon droit a toujours trouT^ dans les coeurs Tratment lib^raux « Les ennemis de notre nationalild ont rfossi k troubler FEurope par F^pourantail d'un Paiisbe visme politique qui menace, parait-iU de d6truiri lout ce qui a ^t^ acquis jusqu'iei par la liberty, la eiriHsation et Fhumanit^. Mais nous saYons le mot magique qui suffit k conjurer ce faatdme^ et dans Fint6r6t de la liberty, de la civilisation, de Fhu* manit6, nous ne devons pas le dissimuler dATaot des nations tourmenitees par les remords de lear propre conscienee. €e mot, c'est ju^iice : jusUcsi pour la nation slave et peirrchacun desesgroepes en particulier. L'AUemand se v«iite d^^tje^ ptais

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^e toute antre iMilioD^ e»pabte d'appr^eier ayec justice tons les traifis prineipaiix du carael^e des aartres nations. Nous soubailans ei nodis demandons que, poor ce qui nous eoneerae, il ne soil point ' conTaincu do mensoage. Nons 6leYons 6nergiqne^ moDt la ipoix est faveur de nos inalbeureux fr^res polonais qui, par ia perfidle et la violence, ont ^M priy^ de tear inddpendance. Nous inTitons les puissances k r^parer enlin le i^ieyx p6ch6, a coQJvrer eette malediction h^r^ditaire qui p^se sur la politique des cabinets. Nous comptons en ce point SOT la sympatbia de toute TEurope. Nous alien- 4<Kiis des gouYernements de Prusse et de Saxe qu^ls cessent eniin de d^oationaliseF syst^matiqnement les Slares de la Lusace, de la Posnanie, de la Pmsse orientale et occidentale. Nous demaodons ail minist^re hongrois de cesser immediatement Templai de proc6d^ inhumains yis-4-vis des Slaves de Hongrie, des Serbes, des Groates, des Siovaques, des Petits-Russes, et d'assurer lagarantie immediate de leurs droits. Nous esp^roDS qn'iiiie politique ^golFste n'emp^cbera pas plus longtempsnos fr^res de Turquie de constituer leurs Balionalit^s sous forme d'Etats et de les d^velop^ per par les moyens naturels.

« Enprotestant solennellement centre tant d^actes indigDes; nous proelamons notre foi dans Pin* fiuenee bienfaisantede la liberty. La liberie rendra plus justes les nations qui ont jusqu'ici doming, et leur fera comprendre que Tinjustice et Torgueil Q'apporient pas de boste a ceiui qui en souffire, nais 4 cehii qui les d^ploie.

« Nous Dous pr^sentons de nouveau sur le th^d,tre politique de TEurope comme les plus jeunes, mais non comme les moins nombreui. Nous proposons d'organiser un congr^s g^n^ral des nations europ^ennes pour r^gler toutes les questions internationales. Nous sommes conyaincus que des nations libres s'entendront mieux que des diplomates salaries. Puisse ce projet 6tre pris en consideration avant que la politique r^actionnaire des cours am^ne de nouveau h en yenir aux mains des nations excit6es par la haine et la jalousie. »

Ce manifeste aux pays europ^ens est le seul acte du congr^s, dont Texistence fut courte, comme nous le verrons tout k Theure. Le congr6s avait d'abord declare qu'il ne s'occuperait que des Slaves autrichiens ; mais il avait 6te, malgr^ lui^ deborde. II avait admis k ses deliberations un Polonais de Prusse, Libelt, un socialiste russe, ^akounine. Dans le document que nous venous de voir, il depassait de beaucoup les limites de I'Etat autrichien. II redamait, comme nous la redamons aujourd'hui, la reconstitution de la Pologne. On a remarque cette phrase, ou Ton reconnait le style austere de Palacky — une sorte de Guizot slave — qui fut tout ensemble un historien et un moraliste : « Nous invitons les puissances'd riparer le vieux pichi^ a conjurer cette malediction h^riditaire qui pese sur la politique des cabinets ». Vers 1863, mes contemporains polonophiles se plaisaient k repeter une phrase du pfere Gratry : « Depuis le partage de la Pologne, I'Europe est en etat de peche mortel ». Cette noble idee, le

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protestant Palacky Tavait exprim^e avant notre compatriote.

On femarquera aussi dans ce manifeste les phrases relatives 4 r^mancipation des Slaves de Turquie. On salt comment ce programme a 616 r^alis^. En livrant la Bosnie et THerz^govine k rAiitriche-Hongrie, sous pr^texte de les pacifier et d'y r^tablir' I'ordre, les diplomates de 1878 ont tout simplement pr^par6 la guerre efTroyable qui s'est d^chain^e au cours de Tannic 1914.

A c6t6 de ce document, qui garde aujourd'hui toute son importance et qui pent encore servir de base pour la. constitution d'une Europe nouvelle, le congr^s avait pr^par^ un projet d^adresse k Tempereur-roi. Ce document fut r^dig^, sur les indications d'une commission nomm^e ad hoc^ par un c61^bre jurisconsulte polonais, Antoine-Sigismond Helcel (1800-1870), qui ^tait en m6me temps un phiiosophe distingu^ et qui, depuis, fut membre de la Di6te de Kromeriz et du Reichsrat de Vienne.

Ce document explique les circonstances dans lesquelles le congr^s a di!^ se r^unir et les requMes qu'il entend presenter au souverain. II lui ditfranchement comment le regime ant^rieur de I'Autriche n'a pu 6tre entretenu que par la bureaucratie et Tabsolutisme.

« La nation passe soudainement, sans transi* tion, d'une obscurity complete a la lumi^re ^blouissante de la liberty, de I'dge de la minority k un ^tat qui exige une complete maturity poli*

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tiqve. i>es natknalit^s ^ioign^es Fuae de I'asEbre se dressent en ennemies Tune contre ranteeu La €oniiaiice et le credit sent disparas^ les tevonas soDt compFomis, le commerce et I'mdustrie p(sBi»- «ent; les Vieta^ de FEtat antru^hien se lelaiebciii i Tue d'oeil.

M La puissance de fAvtri^he repose, sor le Mtee d^eloppement de ses natiohalit^s, partieuh^Te* ment des natioaalitte - slaves, qui welI ^i& gravement, m^me morteliemcnt 16s^es par la poiLit2s^u» du regime disparu. La justice envers toutes lesnations si loogtemps opprim^es est le moyea le plus ^nergiqae de faire ediapper rAutrieJae aox tem^petes actuelles. Nous, fils de«la grande ra£» slaTC, nous voulons contriibaer a la renaissaaee de I'Etat autrichien. Les nations d'ua>e laaiaim laeei^ en fratemisant sous le seeptre de Yotre Majesli^ seront la garantie de T^aht^ jnridiqve dss diverses nationalit^s qui feront de FAutriche trMKSTrfonn^e un Etat f^deralif. »

Suit Texpos^ des desiderata ^es diffdrenis; pen.ples slaves :

Les Tcheques remercieat des. garantiies^ qui leur ont H^ donn^^es par la patemle du 8 arrril poor les droits de leur nationality.

Les Moraves, fn^res des Tcb^ques, r^clankeafc les mtoies droits ; ils demandent que lea dil^gabioBfi de leur Di^te puissent se r^unir k la d^l^gatioii: de la DiMe de BoMme pooj? disenter sur Les isil^v^ts coaxLM'uns.

Les G^liciens r^dament lee garanMesqua ont 416 assnr^es aux Tcb^ques;. ils dsemandent qae^ Urn

LE CONORES SU^l^TE SB PRJkGUE EN 1848 IM

fdnotieiraKires qui ignorent Ibb deux languefi de la proirince — le polonais et le petit-russe — fitoieot remplac^s par des fonctionnaires qui les coonaissfloiti que les langues polonaise et petit-russe de- Tiennent d'uu emploi ofiiciel dans radmioistralion; que les deux nationalities de la province ^et les di^erses confessions religieuses soient misea sur im pied absolu d'^galit^.

Les Slovaques et les Petits-Russes de la Hon- ^je deraandent 4 ^tre reconnus com me nation par ies Magyars et k aroir les m6mes droits, 4 tenir des congr^s nationaux charges de veiller snr tours int^r^ts. lis demandent k poss^der dan& leur langue tous les organes de Tenseignement, depuis r^cole primaire jusqy'a rUniverait6. lis d^niandent qu'aucune nation dans le royaume ne 90it consid^r^e commedominante, mais que toutnes »oient mises sur un pied d'^galite ; que le droit d'association leur soit garanti comme il Test aox Magyars.

Les Croates r^clament le maintien de leur auio- Domie. Ceux-la ^taient, par rapport aux autres Bationalit^s, un peupie privil^gi6.

Les Slovenes de la Styrie et du royaume d'lUyrie demasdeDt k former un groupe unique qui prendrait le nom de Slov^nie et dont la capitale serait Liil)lania (Laybach). La langue Slovene sera la aenle lan^e de I'administration; une University sera ^rig6e k Lnblania.

D'autre part, la Boh6me, la Maravie et les Sk>- ¥^nes protestent centre toute incorporation A la GoiifM^imtion germaniqne.

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Le comity avait d6qid6 que ces difif^rents articles devaient 6tre soumis aux Dietes comp^tentes de Boh6me, de Moravie, de Galicie, de Croatie. Mais les ^v6neiiients se pr^cipitaiebt, et tous les voBux du congr^s devaient, jusqu'a nouvel ordre, rester k T^tat de pia desideria,

Le 10 juin 6tait le jour de la Pentec6te. Ce jour- 1^, le Congr^s suspendit ses travaux, mais non pas ses manifestations. Sur la place Saint-Vacslav — que Ton appelait aussi le March^ aux chevaux — s'^levait une statue 6questre assez mediocre de ce saint, statue qui, dans ces derni^res ann^es, a et^ transport^e sur la colline du Vysehrad. Devant cette statue, un pr6tre serbe de I'Eglise orthodoxe, Tarchipretre de la ville de Novi Sad, Paul Stamatovitch, avait c^l^br6, huit jours auparavant, une messe orthodoxe en plein air. Le spectacle ^tait nouveau a Prague. Une foule immense 6tait venue assister a la liturgie. La messe se termina par des pri^res pour le patriarche serbe, pour Tempereur Ferdinand, pour les peuples slaves, pour les ^crivains tch^ues d6c6d^s. A la fin de Foffice, le pr^tre b6nit, en langue serbe, Tensemble des nations slaves. Le jour de la Pentec<5te, ce fut un chanoine de Lwow (Lemberg), un pretre russe de TEglise uniate, Gr^goire Ginilovitch, qui c^l^bra a son tour la messe suivant les rites de son Eglise. Ainsi, les trois religions dominantes du monde slave, la catholique, Torthodoxe, Tuniale avaient, tour k tour, pris part k cette reunion solennelle. On n*avait laiss^ de c6i6 que la religion protestante, celle de la minority, mais d'une minority a

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iaquetlle appartenaient Palacky, Koilar et Schafarik.

Le lundi 12 juin, les Commissions du Congr6s se rassembl^rent de nouveau ; elles d^ciderent que le Congr^s se r^unirait le 14, pour adopter ie lexle ddfinilif des deux Documents que nous venous de traduire et d'analyser.

Malheureusement, tandis queleCongr^s poursuivait ses paciiiques deliberations, une ^meute, dont les causes sont encore difficiles a determiner, 6clata i Prague. II se glisse, dans toutes les revolutions, de mauvaises teies qui, selon Texpression populaire, ne cherchent que plaies et bosses.

11 ne manquait pas d'ailleurs d'eiements reactionnaires — allemands ou magyars — qui avaient tout interet a faire echouer Toeuvre du Congr^s. Le 12 juin, des coups defeu furent ^changes entre des etudiants et des soldats de lagarnison. La femme du commandant de la garnison, Windischgraelz, fut tuee dans son h6tel, par une balle egar^e ; des barricades s'eiev6rent.

La Vltava divise Prague en deux parties, la ville basse qui s'etend sur la rive droite, la ville haute qui s'eieve sur la rive gaucbe et qui est surmontee par le chateau royal. Ge chateau est protege par une batterie dont les canons ont vue sur la ville bas^e. Ce fut cette batterie qui, durant trois jours, bombarda la ville basse ou, d'ailleurs, elle fit pen de dommages. Un Gongr^s ne pent gu^re se lenir sous le feu de rarlillerie et les stances se trouv^rent, de fait, suspendues. On se rassembla de nouveau le 16 juin. Mais un grand nombre de

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membres avaieot d6']k quitt^ l^agne. On ne put

d6lib6rer. Le 28 juin, le Cpngr^s fut d^finitiveineiit ajoum6 sine die. Les mejBbres strangers se dispers^reat et retourn^rent dans leur pays oii plusieurs jou^rent dans la vie intellectuelle et politique nn r61e considerable. Nous allons voir tout k rheure que le Congr^s des Cercles politiques appel^s les Tilieuls Slaves (Lipa slovanska), eut Tid^e de coQYoquer un nouyeau Congr^s ; mais cette id6e ne put se r^aliser. En 1851, Kukulievic Sakcinski, dont nous avons parl6 plus haut, congut la pens^e de convoquer un Gongr^s des litti^ratures slaves k Belgrade ou a Varsovie, mais il ne put aboutir.

L'oeuvre que le Gongr^s de Prague ^vait tent^e fut poursuivie pendant quelque temps par la Soci6t6 du Tilleul Slave (Lipa slovanska) . Pour comprendre celte denomination, il faut savoir que eel arbre est consid6r6 comme Farbre national des Slaves, de mSme que le ch^ne en Allemagne est consider^ comme Tarbre symbolique des Germains. Gette Society s'^tait donn^ pour objet^ retablissement du regime constitutionnel et de Tegalite absolue entre les elements allemands et slaves du royaume, la defense de Tind^pendance politique contre les pretentions de la Gonfed^ration germanique et du Parlement de Francfort, la consolidation de la solidarite slave, Tunion frateriielle de tons les peuples slaves. Parmi ses membres, (igurent la plupart des initiateurs du Gongr^s (Mathias Thun, Neuperg, Erben, Hanka, Jordan, Palacky, Rieger, Stulc, Yillani, Vocel, Zap, etc.).

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La Soci^t^ dH TillewL Slave cr6a en province an certain nambre de Soei^t^sr affili^es. Elle sur- Ttoit aux sanglantes jiourn^e^ d& j'nin. An moi^s d^aout elle interrmt anpr^s de laDi^tede FEmpire par un memorandum oii elle exposal! les cruaut^s eommises inutilement a propos des journ^es de jain et r^clamait eh faveur des victimes; ellfe demandait la garantie du droit d'.association, Vorganisation d^Onitire d'une garde nationale. Quand les nations slaves dn royaume de Hongrie s'insurg^rcnt contra les Magyars, la Lipa piiblia, le 11 septembre 1848^ une proclamation a la nation tch^que poor rinviter a venir en aide aux fr^res slaves « afin d'attester que la nation tch^ue comprenait toute rimportance de la,premi^re lutte slave daQ:S les temps actaels »• Lorsque Finsurrection slo- Taqne fut etouffee dans le sang, la Lipa adressa, le l**^ octobre, une petition aux d6put6s slaves de la Di^te pour les inviter a intervenir en faveur de leurs fr^res, a Teffct de leur garaotir leurs droits aationanx.

Quand le ban croate Jellacich, vainqueur des Magyars, s'approchait de Vienne, quelques esprits «e demandaient s'il ^tait Finstrament du slavisme on de la reaction autrichienne. Le ban adressa k la Lipa unelettre, ou il d^clarait qu'il 6tait enthousiaste de rid^e slave et que r6l6ment slave 6tait I'appui \e plus saMe de TAirtriche.

Le 28 d^embre 1848, fut convoqu^, a Prague, un CoDgr^ gi^m^ral de tontes les Lipas. II fut d^cidd qu'elles se constitueraient en federation et qu'elles auraient un Congr^s taas les ans aji raols

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de mai. Cette decision fut le chant du cygne. La Zipa, durantsa courte existence, fut done unorgane de la solidarity slave, autrement dit du Panslavisme. EUe disparut naturellement avec la p^riode de reaction.

Avant de clore ce chapitre, nous devons encore au lecteur quelques details sur certains membres du Congr^s qui ont jou6 un r6le dans la vie politique ou litt^raire de leur nation. A c6t6 du prince Georges Lubomirski, le vice-president du Congrfts etait le po6te create Stanko Vraz. II ^tait d'origine Slovene, 6tant u6 k Cerovec, en Styrie, en 1810 (il mourut en 1850). II avait rencontr^ des Croates k rUniversit6 de Gratz, s'^tait familiarise avec leur langue et c'est en croate^u'il publia ses poesies. II avait traduit en cette langue quelques sonnets de Kollar ; il avait fait les honneurs de sa patrie create aux jeunes slavistes russes,^ Sreinevsky et Preis. II etait en correspondance avec le Tch6que Erben. II avait entreprisune revue, A'o/o^ 4 laquelle collaborait son ami Erben et ou il s'efTorQait de tenir ses compatriotes au courant des Iitt6rature6 slaves. Dans une lettre k Erben, dat^e du 5 aout 1842, je trouve un curieux t^moignage de Tinfluence des Iravaux de Schafarik auxquels j'ai fait allusion plus haut. Vraz lui commande 20 exemplaires de VEthnographie Slave. « Si Schafarik ne pent m'envi)yer les volumes, qu'il m'envoie du moins la carte. J'ai constate que depuis le livre de Kollar sur La Mutualite des Langues Slaves^ aucun

1. Le kolo est une danse des Slaves m^ridionaux. Voyez plus baut la note de la p. 41 .

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