‹ Le panslavisme et l'intérêt francçaisChapitre 3 sur 56 · LelU'e datée de Pise, 19 février 1355. t · texte numérisé non relu

LelU'e datée de Pise, 19 février 1355. t

COUP d'œil sur l'ensemble des peuples slaves 17

dans lelivredeM.Niéderlé (pp. 109 et suivantes) les progrès effrayants du germanisme en Boiiême et en Moravie. La nationalité slave semble perdue. Puis, à la fin du xvin" siècle, une réaction s'opère: les Tchèques reprennent conscience do leur nationalité et comprennent que pour la défendre il leur faut avant tout s'appuyer sur l'unité de la race. Ils seront donc nécessairement des apôtres du panslavisme intellectuel, en attendant le panslavisme politique.

Les Slovaques eux ont joué dans l'histoire un rôle beaucoup moins considérable; opprimés par les Magyars ils suivent de loin le mouvement tchèque en dépit des injustices et des persécutions dont ils sont l'objet. Dans la première moitié du XIX* siècle ils ont donné à l'idée panslave deux de ses apôtres les plus éminents, le poète Kollar et l'ethnographe Safarik.

Les statistiques officielles de l'Autriche et de la Hongrie font tout ce qu'elles peuvent pour diminuer le nombre des Tchèques et des Slovaques. M. Niéderlé en 1909 arrivait à un total de 7 millions pour les Tchèques proprement dits et pour les Slovaques à 2.600.000. En restituant à la nationalité slave tous ceux qui pour diverses raisons (employés, ouvriers, soldats) sont encore obligés de la dissimuler, nous resterons certainement en dessous de la vérité en présentant comme total général un chiffre de 11 millions.

Au point de vue religieux un grand nombre de Tchèques se rattachent à la tradition hussite ; mais ils sont officiellement catholiques. Les réformés

ne constituent qu'un effectif de 2, 4 %• Chez les Slovaques, les proportions ne sont pas les mêmes; on compte 70, 2 "/o tie catholiques, 23 % de éformôs de la confession d'Augsbourg ; 5 % sont des Uniates, autrement dit des Grecs unis. Dans un pays bilingue les Juifs de tempérament cosmopolite hésitent entre les deux nationalités. Environ 60 7o des Juifs de Bohème et de Moravie se sont déclarés Tchèques. En Hongrie où il constituent 14,8 7o de la population, presque tous se sont déclarés Magyars, depuis que la nationalité magyare est prépondérante. Le jour ou la nationalité slave reprendra le dessus un certain nombre d'entre eux se laisseront aisément slaviser. Les Slovaques depuis environ un siècle ont essayé de constituer dans leur dialecte une littérature indépendante. Le jour où la Tchéquie régénérée constituera un Etat indépendant, ils reviendront très probablement à l'unité de la langue littéraire, tout au moins pour les matières du haut enseignement et de la culture générale.

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