Ce prénom correspond à l'allemand Adalberi
Stulc; Michel Panic; Charles-Marie, baron Villani-, Charles-Iaromir Erben; François Miklosich (Slovène).
Quelques-uns de ces noms sont déjà connus du lecteur, d'autres réclament un bref commentaire.
Le comteVojtiechDeym appartenait à une famille nobiliaire qui a des branches en Bavière et en Prusse. Il était né en 1812. Il était l'un des bailleurs de fonds de la Gazette nationale et joua un rôle tort actif dans les événements de 1848. En 1849, il fut nommé député au parlement autrichien de Kromeriz (Kremsier) et rentra ensuite dans la vie privée. Ludvit Stur, dont nous avons déjà parlé, fut un publiciste et un agitateur slovaque qui a joué dans la vie de sa nation un rôle considérable!. Pierre Jordan (1818-1891) était un Serbe de la Lusace saxonne. Il avait étudié à Prague et le tchèque lui était aussi familier que sa langue maternelle; il avait été professeur de littérature *lave à l'Université de Leipzig et avait du se retirer devant rhoslilité de ses collègues allemands. Il avait créé dans cette ville, en 1843, un précieux recueil Jahrbûcher fur slavische Litterntur, Kunst^ Wissenschaft (Annales de littérature, d'art et de science slave) qui fut repris depuis par son compatriote Schmaler (Smolarj (1818-1903). Rieger devait jouer dans l'histoire de la nation tchèciue un rôle très considérable et je ne puis que renvoyer à la notice détaillée que je lui ai consacrée dans la
1. 11 a été récemment l'objet d'une thèse de doctorat d'Univorsili'', brillamment soutenue à la Sorbonie par une de ses coiiipalriolcs M"" ïurczer.
lienaissance tchèque^. Vacsiav Stulc (18i4-1877) depuis chanoine de la cathédrale de Prague, fut un poète distingué. Le baron Villani (1818-1883) appartenait à une famille d'origine évidemment italienne établie en Bohême depuis le xvn* siècle, mais entièrement slavisée. Patriote tchèque très ardent, il a pris part plus tard au congrès slave de Moscou en 1867 et a publié plusieurs recueils de poésies dont quelques-unes mises en musique sont devenues populaires. Charles Jaromir-Erben(1811- 1870) tout ensemble érudit et poète, est l'un des hommes les plus sympathiques de la Renaissance tchèque. Nous le retrouverons plus tard à Moscou. François Miklosich (1813-1891) représentait la nationalité Slovène. Il devait faire à Vienne une brillante carrière comme professeur de philologie slave. 11 est mort comblé d'honneurs, membre d'une foule d'académies, y compris la nôtre. Depuis 1850, il avait renoncé complètement à la politique pour devenir — comme l'appelait dédaigneusement Palacky — le slaviste de la cour (der Hofslavist). Klacel (1800-1882) eut une destinée douloureuse. Il était prêtre et patriote. Professeur au séminaire de Brno (Brttnn) il écrivait dans les journaux de Prague et était en rapport avec les patriotes que l'on appelait dans les régions officielles les panslavistes. Par-dessus le marché, il était professeur de philosophie et en cette qualité il fut accusé de panthéisme. Découragé, il quitta son pays en 1869 et alla vivre en Amérique.
La liste publiée le 7 juin dans \^ Gazette nationale