‹ Le panslavisme et l'intérêt francçaisChapitre 42 sur 56 · LES SLAVES D AUTRICHE-HONGRIE · texte numérisé non relu

LES SLAVES D AUTRICHE-HONGRIE

« Nous déclarons que nous défendrons et préserverons notre patrie suivant nos forces. » Le prince Lobkowitz ferma la séance sur cette phrase : « Je suis convaincu que — en dépit de tous les obstacles — viendra le jour où le royaume de Bohême rentrera dans ses droits. »

Si j'ai insisté sur cet épisode, c'est qu'il peint dans toute son horreur la misère morale de François-Joseph et l'immonde égoïsme des Allemands et des Magyars.

Ce qu'il y eut de plus singulier dans cet iml^roglio, c'est que M. de Beust, au lendemain de sa victoire sur les Tchèques, dut donner sa démission et fut romplaié par le comte Andrassy. La victoire des Magyars sur les Slaves était complète, mais était-ce bien eux qui avaient définitivement triomphé? N'était-ce pas Berlin plutôt que Budapest?

En tout cas ce n'était pas François-Joseph. Jamais souverain reniant sa propre parole n'était descendu à un pareil degré d'humiliation. Les Tchèques se vengèrent ingénieusement. L'un de leurs éditeurs avait fait magnifiquement imprimer en trois couleurs le manifeste impérial et royal dont nous avons plus haut donné le texte, et on l'avait exposé encadré dans tous les lieux publics, cercles, cafés, brasseries, etc. Le successeur de M. Hohenwart, le comte Auershcrg fit tout simplement saisir le document gênant par les agents de police! La parole d'un roi — d'un roi parjure, il est vrai — saisie par les argousins de son propre gouvernement, c'est là un phénomène assurément sans exemple dans l'histoire!

Un grand journal de Prague, la Gazette nationale prononça le mot décisif. Un homme de lettres venait alors de publier un volume sur Louis XV sous ce titre Un misérable roi. Le lendemain de la trahison de François-Joseph on put lire en tète des annonces en caractères gigantesques.

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