CHAPITRE III LES POLONAIS ET LES RUSSES
Les Polonais, éliminés à l'Ouest par les Allemands, s'efforcent de se dédommager du côté des Russes. — Statistiques. — Les Russes. — Leur expansion vers l'Est et le Sud. — DilTérentes formes de leur nom. — Grands-Russes et Petits-Russes. — Unité des deux groupes.
Les Polonais
De tous les peuples slaves, le polonais établi de temps immémorial entre l'Oder, les Carpathes et la mer, est probablement celui qui s'est le moins éloigné de son berceau. Les Polonais occupent une situation centrale parmi leurs congénères. Malheureusement ils ne surent pas comprendre l'intérêt majeur qu'ils avaient à défendre leurs voisins les Slaves de l'Elbe contre les ambitions des Allemands. Ils ne surent pas défendre la ligne de l'Elbe, ils ne surent pas convertir les Slaves païens que la conversion leur eût sans doute assimilés. Ils eurent le tort d'appeler les cbevaiiors teutoniqucs pour convertir les Prussiens païens et, sous le coup do l'invasion tatare (1241), ils durent abandonner la Silébic aux Allemands. Toutefois, il reste encore dans cette province un élément polonais assez
considérable qu'une Pologne reconstituée devra s'appliquer à récupérer.
Ce qu'ils avaient perdu du côté de l'ouest, les Polonais essayèrent de le regagner du côté de l'est, autrement dit du côté du monde russe. Ils pénétrèrent en Lithuanie, dans la Russie galicienne, en Podolie, en Volynie et s'efforcèrent de s'assimiler les populations russes de religion orthodoxe
— autrement dite grecque — en leur imposant l'Union avec l'Église de Rome. Moscou, centre du monde russe et do la foi orthodoxe, devait nécessairement entrer en lutte avec la Pologne. Ce que nous appelons les partages de la Pologne, ce fut en grande partie la réannexion au monde russe des provinces qui en avaient été distraites. Non seulement l'empire russe reprit ses provinces, mais encore l'Europe lui permit d'annexer des contrées purement polonaises et l'on sait comment la Prusse et l'Autriche s'annexèrent Tune la PosnanJe, l'autre la Galicie.
Tandis que les Polonais — surtout depuis 1860
— jouissaient d'une situation enviable en Galicie, la Prusse s'efforçait per fas et nefas do germaniser le territoire qu'elle occupait.
Aujourd'hui •— sauf bien entendu l'Allemagne et l'Autriche — tout le monde est d'accord pour corriger l'injustice commise on 1815 et restaurer un Etat poloiiai::» dans les limites de la nationalité polonaise.
Quel est le chiffre exact dos Polonais? Pour des raisons faciles à deviner, les adversaires et les eïpIoiteji'P de leur nationalité tendent à le dimi-