LES POLONAIS ET LES RISSES
nuer. Eux-mêmes, d'autre part, tendent à l'augmenter en y faisant entrer des éléments allogènes. Dans son travail souvent cité, M. Niederlé, au cours do l'année 1900, l'évaluait ainsi :
Pour l'Empire russe (avec l'Asie).
Pour l'Autriche
Pour l'Allemagne
Pour le reste de l'Europe. . . . Pour l'Amérique
Total
Ce nombre est approximatif, ajoute M. Niederlé en note. D'après une rectification qu'il m'a fournie de lui-même, j'ai au § 40 (p. 217 de la traduction de l'ouvrage) relevé le chiffre à vingt millions.
Au chapitre I^de ce volume j'ai donné un chiffre hypothétique de 22 millions.
Depuis, les évaluations de l'Agence polonaise de Paris l'ont porté jusqu'à 25 millions. Mais, quoi que soit le total auqiiol on s'arrête, les Polonais ne forment pas une masse compacte ; ils ne couvraient pas le territoire historique de l'ancienne Pologne dans sa plus grande étendue. Par exemple, ils forment 10 p. 100 dans le gouvernement de Grodno, 8,2 p. 100 dans celui de Vilna, 6,2 p. 100 dans la Vulhynie, 9 p. 100 dans celui de Kowno. Il y a des colonies considérables dans les grandes villes, à .Moscou, Pélersbourg, Kiev. Il s'est formé récomment d'importantes colonies ouvrières dans l'Allemagne ocridontale, h Huhrurt, à Esscn, h hortmund, à Bochum, à (ielsonkirchen, etc. Il faut
espérer que si la Pologne obtient son indépendance, tous ces groupes épars se rejoindront au foyer central.
L'immense majorité des Polonais est catholique; les protestants ne constituent guère que 1 p. 100 de la population. En revanche, les Juifs sont fort nombreux. Ils constituent plus de 14 p. 100 de la population. Cependant un certain nombre d'entre eux se déclarent sionistes et ne sont peut-être p«,s des Polonais définitifs. D'autres se donnent comme complètement russifiés.
Le groupe russe
De tous les peuples slaves le peuple russe est le' plus considérable. La région où il apparaît au début de l'histoire est comprise entre Novgorod-la-Grande et Kiev. Les Slaves de ces contrées, peuple anarchique, comme tous leurs congénères, auraient été organisés par une tribu Scandinave appelée la Rous qui lui donna son nom. Très prolifiques ils lancent de bonne heure des colonies chez les voisins du nord et de l'est, les Lithuaniens, les Tchoudes (ou Finnois), les Mouromiens, les Mordvines ; ils se les assimilent et les convertissent à la religion grecque orthodoxe qui leur est commune avec les Serbes et les Bulgares. Ils ont au Moyen Age de longues luttes à soutenir contre lesTatares, luttes qui laisseront des traces dans leurs institutions et dans leur langue. Contenus du côté de l'est par les Polonais qui s'efforcent^ saème par