‹ Le Pantcha-TantraChapitre 11 sur 114 · LE CORREAU, LE SERPENT · texte numérisé non relu

LE CORREAU, LE SERPENT

Cf Corbeau, U Serpent , €at)la-ôarma et l’Crnamr.

Sons l’arbre à l’ombre duquel le brahme' Cahla-Sarma dormait sans défiance, un serpent monstrueux avait établi sa demeure dans un de ces monceaux de terre élevés par les cariah ( ou fourmis blanches), tandis qu’un corbeau avait construit son nid au milieu de ce même arbre. Le corbeau et le serpent, en vivant dans le voisinage l’un de l’autre, avaient contracté ensemble une étroite alliance; et lorsque quelque voyageur fatigué venait se reposer à l’ombre de l’arbre, le corbeau avait soin d’en avertir le serpent par un cri convenu, et le reptile, sortant de son trou, s’approchait en silence du voyageur, le mordait et lui insinuait son venin dans les veines. Ce venin était si subtil, que la personne mordue mourait à l’instant même, le corbeau rassemblait alors sa parenté, ils se jetaient tous sur le cadavre et se rassasiaient de sa chair.

Ce corbeau n’eut pasplutôtaperçu Cahla-Sarma plongé dans le sommeil qu’il donna au serpent le signal ordinaire; celui-ci sortit incontinent de ‘ son trou , s’approcha du brahme endormi , le mor-

LE BRAIIMK ET l’ÉCREVISSE. \*j

«lit et le tua par son venin. Le brahme mort, le corbeau rassembla toute sa race, et ils descendirent tous auprès du cadavre. Pendant qu’ils se disposaient à le dévorer , le chef des corbeaux aperçoit quelque chose remuer dans le sac de voyage du mort; il s’approche et met la tète dans ce sac pour voir ce qui peut remuer ainsi. A l’instant même, il est saisi par l’écrevisse , qui , le tenant par le cou avec ses bras, le serrait au point de l’étouffer. Le corbeau* lui demanda grâce ; mais l’écrevisse refusa de le lâcher, à moins qu’il ne rendît la vie au brahme dont il venait d’occasionner la mort. Le corbeau était à la merci de l’écrevisse, il n’y avait plus à balancer ; il appelle ses parens, leur fait connaître l’extrémité où il se trouve réduit et les conditions auxquelles l’écrevisse consentait à lui épargner la vie, et les conjure d’aller vite informer son ami le serpent de sa situation critique, et de l’engager à rendre au plus tôt la vie au brahme.

Les parens du corbeau allèrent sans délai trouver le serpent , et celui-ci instruit du malheur arrivé à son ami, s’approcha du brahme mort, et posant la gueule à l’endroit même où il l’avait mordu, suça tout le venin qu’il lui avait introduit dans le corps, et lui rendit la vie.

Dès que le brahme eût recouvré l’usage de ses .

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