F.T LE SERPENT
Un des suivans du roi qui avait aperçu ce qui venait de se passer, en avertit son maître dès qu’il fut éveillé. Celui-ci appela aussitôt ses gens et ordonna qu’on creusât la terre à l’endroit où son collier d’or avait été introduit par le corbeau. Pendant qu’on exécutait ses ordres, le serpent, qui était caché dans le trou, se sentant pressé, sortit en fureur et fit mine de s’élancer sur ceux qui troublaient son repos ; mais les personnes qui étaient à l’entour se tinrent sur leurs gardes, firent pleuvoir sur lui une grêle de pierres et l’écrasèrent ; puis , continuant de creuser la terre , ils recouvrèrent le collier d’or du roi.
Après que le corbeau eut ainsi assouvi sa haine en causant par ruse la mort de son ennemi, il vécut tranquille et heureux sur son arbre, au sein de sa famille.
C’est ainsi, ajouta Damanaca après avoir fini son récit , qu’on se défait par la ruse de ceux dont on ne peut se défaire par la force.
« Ce n’est pas .dans le corps que réside la force, c’est dans l’esprit, et celui-là est le plus
fort qui est le plus rusé. »
8a LF. LION , LES ANIMAUX
Si tu doutais de la vérité de cette ancienne maxime, l'exemple suivant suffirait pour te convaincre. . - . .
Cf Cton , 1rs 2lnimaujr ft le 3arkal.
Dans le désert appelé Mado nnaht a- Fanant ra , vivait un lion nommé Pondarica , la terreur et le fléau de toutes les autres espèces d’animaux qui avaient établi leur demeure dans le même lieu. Ces derniers, craignant de voir bientôt leurs races entièrement exterminées, formèrent le dessein de quitter cette contrée et de se reti rer dans quelque forêt éloignée hors de la portée d’un si cruel ennemi : ils étaient sur le point d’exécutef cette résolution désespérée , lorsqu’un vieux jackal les arrêta par ses conseils.
Pourquoi , leur dit-il , quitter ainsi précipitamment le lieu de notre naissance, la terre où nos pères ont vu le jour? Avant d’en venir à une pareille extrémité, voyons au moins d’abord s’il n’y a pas quelque moyen de composer avec notre ennemi et de vivre en paix avec lui.
Les animaux approuvèrent l’a\à# du jackal , et le députèrent aussitôt powr proposer au lion
Digitizec
quelque voie d’accommodement, ou du moins pour diminuer l'acharnement qu’il mettait à les poursuivre, et pour savoir de lui à quelles conditions il voulait consentir à les laisser vivre en paix. . '
Le jackal partit sans délai , et s’étant présenté devant le lion : Pourquoi cherches-tu donc à détruire inutilement nos espèces? lui dit-il. Du train dont tu vas , il ne restera bientôt plus un seul animal dans cqtte vaste forêt, et tu finiras toi- même par mourir de faim. Consens à vivre en bonne intelligence avec nous, nous nous engageons de notre côté à pourvoir abondamment £ tous tes besoins , et à te nourrir sans rien faire.
Comment cela ? répondit d’un air fier le lion, étonné du langage que venait de lui tenir le jackal.
Oui, reprit le jackal, $i tu véux nous laisser vivre tranquilles, nous te promettons de t’amenpr tous les jours un animal pour assouvir ta faim.
Le lion accepta ces conditions, et les animaux de leur côté furent exacts à remplir leurs engagemens, et ne manquèrent pas de lui amener chaque jour up animal pour être dévoré.
Chaque espèce en foùrnissait un à son tour, et