LES MOINEAUX PLAIDEURS
leur ordonna de convoquer dans son palais une assemblée générale de toifc les oiseaux pour juger le procès.
Les plaideurs, ne voyant pas d’autre voie pour obtenir justice, assemblèrent tous les oiseaux du voisinage, et lorsqu’ils furent tous rendus dans l’appartement que le roi leur avait assigné, celuici s’y rendit aussi, et Son premier soin fut de saisir les deux moineaux plaideurs, de leur tordre le cou, de les faire rôtir et de les manger. En même temps il enferma tous les autres oiseaux dans l’appartement où ils . se trouvaient rassemblés, de manière qu’aucun ne put échapper. Chaque jour il en envoyait chercher le nombre et les espèces qu’il désirait pour sa nourriture, jusqu’à ce qu’ils fussent tous mangés jusqu’au dernier. -i
Ceci nous prouve, ajouta Carataca en finissant son récit, qu’il faut toujours proportionner les moyens à la fin qu’on se propose , et nous voyons en même temps que là où nous cherchons notre avantage, les Dieux ej notre destin nous font quelquefois trouver notre ruine. . y
Le lion, Le bouc et le renard.
Caratara et Bamanaca persistent îians le dessein • i»e faire périr San^roaca.
A ces divers exemples les deux renards avaient opposé successivement des réflexions pour ou contre le projet de faire périr leur rival.
A la fin Damanaca reprit la parole : Quelque spécieux que soient tés. exemples et tes raiSonnemens , dit-il , je persiste à croire qu’il' est de notre intérêt de poursuivre notre projet. Quand une en Reprise est formée., ce ne sont pas les dangers et les difficultés dont elle paraît environnée qui doivent en détourner : l’audace et la ruse employées à propos surmontent tous les obstacles, et ce qui d’abord semblait devoir causer nefre ruine tourne à la fin à notre avantage. • * * . ’ '
te Ciotr, le 0our et le Hrttarîi. ' • '•
Un troupeau de boucs, ajouta-t-il, paissait paisiblement dans le désert Curala-Vanantra.
| oo * LE LION, LE. BOUC
Un soir, comme ils retournaient à leur étable, un vieux bouc, n’ayant pu suivre ses compagnons, demeura seid dans les bois et chercha un asile dans une caverne qu’il trouva par hasard au milieu de la forêt. En y entrant , il aperçut un lion monstrueux qui y était couché; il fut d’abord saisi de frayeur à la vue de ce terrible animal. Cependant, réfléchissant que s’il essayait de fuir, le lion l’aurait bientôt atteint, il vit qu’il ne lui restait qu’une chance de salut : c’était de payer d’effronterie et de faire bonne contenance. Dans cette idée, il s’avança vers le lion d’un pas grave et assuré, sans témoigner la moindre frayeur. Étonné de voir ce bouc s’approcher de lui avec tant de hardiesse : Quelle espèce d’animal est -ce donc là, se dit le lion en lui-même, pour oser m’approcher avec tant d’assurance ? Tous les autres animaux évitent ma rencontre , ou , lorsqu’ils m’aperçoivent, saisis de frayeur, ils cherchent leur salut dans une. prompte fuite, et celui-ci vient à moi comme s’il avait dessein de m’attaquer !
En disant ces mots, il s’approche du bouc, et le fixant d’un air un peu déconcerté : Qui estu, avec ta longue barbe? lui demanda-t-il. Je suis le seigneur bouc, répond celui-ci d’un ton ferme; je suis un dévot de Siva. J’ai promis à