CARILLON
Célébrons tous du grand Vaudreuil
La sagesse et la gloire, Toute l'Angleterre est en deuil,
Au bruit de sa victoire.
Chouagen n'est plus nos soldats
L'ont forcé de se rendre Et ses murs ne sont plus qu'un tas
De poussière et de cendre.
En vain Loudon de ses guerriers
Rassemble l'élite, Montcalm avide de lauriers
N'y vole que plus vite.
Bellone lui prête son char
Et sûr de la fortune, Des trois choses que fit César
Il n'en omet aucune (*)
Déjà je vois de nos héros
Une troupe intrépide S'avancer au travers des flots
D'un périlleux rapide.
Plein d'ardeur, le fer à la main,
Rigaud marche à leur tête ; L'ennemi tremble et Chouaguen
Devient notre conquête.
Enfin les voila dans nos fers
Ces hommes redoutables ; Ces braves qui domptent les mers,
Sur terre sont traitables, Leur bravoure imbécile
S'acharne et vient dans nos prisons Demauder un azile
Dès le premier coup de canon.
A Carillon l'on dit pourtant
Qu'ils auront leur revanche ; Autant en emporte le vent
Les Canadiens leur font peur,
Et Loudon est trop sage Pour ôser contre leur valeur
Mesurer son courage.
C) Vmi, Fidi, Ftc>,
Mais de lous ces exploits brillans.
Quelle est l'âme secrète î On la connaît par ses talents,
Faut-il d'autre intreprète ?
Oui c'est elle qui des vainqueurs
Soutient le bras terrible Et fait circuler dans les cœurs
Cette force invincible.