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Neilson (l'honorable John) qu’on a appelé quelquefois le Franklin du. Canada, sans doute parce qu’il commença comme lui par être imprimeur, fut propriétaire de 1x Gazette de Québec publiée en anglais et en français. Il fut élu membre du Parlement pour Québec en 1820, et fut reélu jusqu’en 1830. 1l représenta alors le comté de Québec jusque en 1834. Il appartenait aux rangs populaires ainsi que James Stuaït. L’administration voulut séduire ces deux hommes qui prêtaient le secours de leur nom aux Canadiens-Français. Elle gagna Stuart, et offrit à Neilson pour son journal le titre de Gazette Officielle ou d’organe du gouvernement. Il refusa pour lui-méme, mais accepta pour Samuel Neïlson, son fils. Bientôt quelques articles suspects, attribués au père, s’étant glissés dans la Gazette, lord Dalhousie la rejeta, et fonda Ja Gazette Officielle de Québec, qu’il confia au docteur Charlton Fisher, alors rédacteur de l’Albion de New- York. Neilson combattit l'Union, et alla en Angleterre avec M.Papineau porter la requète des Canadiens. On 4 de ces députés: Letter to His Mapesty’s. under Secretary of State on the subject of the proposed Union of ‘Upper and Lower Canada, London 1824, S8vo. Le 4 Janvier 1832, 1] fut présenté à M. Neiïlson une coupe travaillée en rehefs et en bossages. Dans un compartiment, les agens présentent la requête au Roi, assis sur un Trône. Dans ‘un autre, un militaire déchire d’une main l’acte constituüonnel, et présente de Pautre des chaines au Canada, que ‘le Lion Britannique et un génie protégent, placés entre le militaire et le génie de la Province. Sur un autre compartiment, Cincinnatus laisse la charrue pour prendre la dictature. Sur lé quatrième, deux génies portent d£s palmes autour de l’inscription, qui est ainsi conçue : ‘ À John Neïlson, Ecuier, M. P. P. Député deux fois auprès dù Parlement Impérial, pour défendre les Droits des Canadiens. Ce léger tribut de reconnaissance lui est offert en mémoire des services qu’il a rendus aù pays, et comme hommage à ses vertus civiques, Québec 183277 —Sur le pied, la maison même de M: Neïlson se trouve représentée au naturel, ainsi que plusieurs emblêmes indicatifs des mœurs du pays, tels qu'une traîne attelée et
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chargée de bois, un canot d’écorce et une famille sauvage. “On sait qu’il fut encore député en Angleterre avec Jocelyn Waller en 1834. En 1835, il fut chargé d’aller aux Etats-Unis étudier le régime des Pénitenciers avec M, Mondelet ; 1ls publhièrent leur rapport, Québec in-4to. Sous lord Gosford, il se sépara de Papineau. Il refusa un siége au Conseil Exécutif, mais entra au Conseil Leégislatif. Il fut aussi du Conseil Spécial en 1838. Apres PUnion, il représenta de 1841 à 1844, le comté de Québec au Parlement-Uni, et est mort dans la retraite à un àge fort avancé.
Nelson (le docteur Wolfred) Inspecteur des Prisons et Pénitenciers , et ci-devant maire de Montréal , ancien membre du Parlement pour Williim-Henry ou Sorel de 1827 à 1829, se montra l’homme le plus capable de commander l’insurrection à St. Denis, où il repoussa le colonel Gore. Ilse signala après la victoire par son humanité envers les soldats anglais blessés, auxquels il donna les secours de son art : le major-général improvisé ne put oublier sa profession. Echappé à travers mille dangers et misères, il rentra dans son pays à l'avènement des mécontens au pouvoir, profita fort par le bi d’indemnité, adhéra à leurs nouveaux principes, et lutta pour eux contre M. Papineau, qui n’en fit pas autant. Depuis qu’il est Inspecteur, il a cherché à adoucir le sort des prisonniers par un rapport humanitaire. Il ne faut pas le confondre avec le fameux docteur Robert Nelson, le plus audacieux de tous les chefs de l'insurrection, Cominandant en Chef des Forces de la République, et qui supplanta Papineau à V’ Assemblée de Midlebury dans le Vermont, où il publia une déclaration d'indépendance. Il avait autant de génie qu’il avait peu d'éducation.
Newton (Gilbert Stuart) artiste éminent, né à Halifax, capitale de la Nouvelle-Ecosse, en 1794,'étudia en Italie en 1820, puis à l’Académie Royale d'Angleterre. Il se livra surtout à la miniature et orna les Annuaires et autres publications élégantes. $Ses figures de femmes ont une expression frappante d’innocence et de beauté. Il est mort en 1855.
Nisbet (Frances Herbert) veuve américaine, fille d’un Président de Nevis, épousa en secondes noces en 1787,
Horatio Nelson, commandant de la station navale des
Îles ët depuis si célèbre. Le prince William-Heury, depuis Guillaume IV, leur servit de père. Nelson était venu à Québec, y avait lié amitié avec un marchand nommé Davidson, et avait été sur le point de s’y marier. Elle devint baronne et vicomtesse, mais le ménage füt brouillé par les amours du grand marin avec la fameuse lady Hamilton, ambassadrice de Naples. Josiah Nisbet, beau fils de Nelson, retint longtemps ce héros aveuglé, mais enfin les époux divorcèrent. Lady Nelson fut néanmoins créée comtesse après la bataille de Trafalgar. On sait que son mari à un monument à Montréal.
Noiseux (François-Xavier) père de la biographie en Canada, né à Québec en 1748, décédé curé des Trois-Rivières et Grand-Vicaire le 18 novembre 1834, entra au Séminaire de Québec en 1765 et se distingua dans les mathématiques. Ordonné prêtre en 1774, il fut envoyé à la Pointe aux Trembles et à la Longue Pointe, puis à Belæœil, qu’il desservit pendant 21ans. Il passa aux Trois- Rivières en 1796. II avait assez d’influence dans les affaires ecclésiastiques pour que Craig, écrivant à son seerétaire Ryland, lui dise que Plessis est monté aux Trois- Rivières pour eonsulter Calonne ou Noyseux, (*).. Cet ecclésiastique était un homme très instruit et possédait une belle bibliothèque dans un temps où il était difficile de réunir beaucoup de livres dans cette Province. .Il,a écrit le premier sur la biographie, se bornant au elergé. Son manuserit intitulé : | est d’une belle écriture, mais n’est pas tout-à-fait aussi soigné pour les dates et autres circonstances. On veut même y trouver des personnages imaginaires. Il a été attaqué en effet par le Commandeur Viger,le R. KR. Martin, l’abbé Faiïllon, l’abbé Ferland et Mgr. de Tloa, et défendu, autant qu’il peut l'être, par le Juge Lawet Pauteur de ce volume. :
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(*) He then told me that he was to: go to Three Rivers a : day or two after, and requested to defer entering more. particularly into ittill his return. Whether he consulted Noiseux or Calonne or both, L know not ; but when he returned, 1 found him entirely changed, for his conscience would by no means permit him. even to consent to the Crown nominating to the livings.
Normant du Faradon [Louis] sixième Supérieur de St. Sulpice à Montréal et Grand-Vicaire, né,en 1681 au diocèse de Nantes, entra au Séminaire d'Angers en 1701, et passa à celui de Paris en 1706. Etant passé en Canada en 1722, il succéda dix ans après à M. de Belmont, et mourut en juin 1759. Il fut le premier bienfaiteur et comme le fondateur des Dames Grises, et sous lui le fief Bourchemin fut ajouté aux trois seigneuries de Montréal, de St. Sulpice et du lac des Deux Montagnes.
Noyan [Payen, Chavoy &c. de] illustre famille répandue dans toutes les colonies françaises, et allié à celle de Daïillebout, de Repentigny, de Longueuil et de Beaujeu.—En Canada, Pierre Jacques Payen, Ecuier, Sieur de Noyan, capitaine des troupes de la marine, épousa en premières noces Demoiselle Catherine Le Moine de Longueuil , sœur de MM. d’Iberville et de Bienville, puis en secondes, au château de Longueuil le 17 novembre 1731, Demoiselle Louise Catherine Daiïllebout de Mantet. Il se signala par la défense du mauvais fort de Frontenac contre le général Bradstreet, qui fut obligé de le bombarder. Il fut impliqué dans le procès de Bigot et est désigné Pierre Jacques Payen de Noyan, Chevalier de St. Louis, Lieutenant de Roi des Trois-Rivières. Pierre de Chavoy, Ecuier, Sieur de Noyan, né à Montréal le 7 Avril 1731, Major de ia ville le 7 janvier 1754, était sans doute son fils ; quoiqu'il en soit, de son premier mariage avec Demoiselle De Longueuil, il eut des fils connus sous les noms de Chavoy l’aîné et cadet ; Chavoy l’aîné, guillotiné sous Robespierre, avait un fils dans la légion de . Bourbon en Espagne en 1797, et un autre qui périt à 22 ans à Quiberon, parcequ’il ne voulut pas faire un mensonge et dire qu'il n’était pas majeur. Chavoy cadet ou Hughes Payen de Chavoy, s'était sauvé par lémigration étant alors Chevalier de St. Louis et Lieutenant-Colonel du régiment de Béarn. Il était à Londres le 7 Décembre 1797 à Southampton Court, d’où il écrivait au colonel De Longueuil. Il avait été page de Louis XVI en 1763. IL fit la campagne de 1792 avec les princes, commanda en Angleterre un corps de gentilshommes cadets et fut chargé par Monsieur, en 1799, d’une mission en France {laquelle lui ayant réussi, il fat nommé Colonel au nom du Roi. Il vivait encore en 1820 à son château de Chavoy, dé-
partement de la Manche. Sa sœur épousa le comte de Mallet. Le général Christie Burton était devenu acquèreur des seigneuries des Noyan, qui paraissent avoir tous
quitté le Canada à la conquête ; cependant une Payen de Noyan était encore Supérieure de l’'Hôpitalk-Général de Québec en 1802 : elle avait un cousin germain qui, après avoir été officier de cavalerie, était prêtre à Londres. Charly de Noyan, qui avait épousé une Demoiselle de Beaujeu, fille du héros de Mononghahela, fut. Gou-
verneur de la Guianne. A la Louisianne un Payen de Noyan, gendre du malheureux Hertel de La Frenière, fut victime du dévouement qu’il lui Fmontra, et arquebusé par ordre du Capitaine-Général O’Reilly. Un autre Payen de Noyan, périt dans la révolution de St. Domingue avec Madame de Repentigny, fille de M. de Noyan du Canada.
Odelin (Jacques) nétaphysicion canadien, né à St. Constant et ordonné prêtre le 4 février 1816, professa la philosophie à Nicolet. Il est surtout connu par sa polénique avec les ecclésiastiques du nouveau séminaire de St. Hyacint he au sujet des doctrines de Lammenais. À une époqu e où une grande partie du Clergé canadien s’engouait, comme celui de France, pour les nouvelles idées, 1l lutta avec une grande force contre plusieurs adversaires habiles, entre autres M. M. Prince et Raymond, et l’opinion lui donnait déjà la victoire, quand V encyclique de Grégoire XVI vint finir la cause. L’abhé O delin mettait le sceau à sa réputation par ses pensées théologico-philosophiques, publiées dans les Mélanges R eligieux, quand Ja mort l’enleva à son pays le 8 juin 1841. |
O’Donell (Jacques Louis) premier Vicaire Apostolique de Terre-Neuve en 1796, fut nommé évêque de Thyatire par le pape Pie VI, et sacré à Québec par Monseigneur Hubert. Promu à l’évèché de Der ry, en Irlande, en 1817, il eut pour successeur Monseigneur Thomas Gillow.
L'architecte de la basilique paroissiale de Montréal, dont la façade est si remarquable, est un O’Donell, qui vint en Canada en 1824 , et qui se convert it avant demourir
en 1829. Ce fut Messire Richards, converti lui-mème, qui ladministra. Il fut inhumé dans le temple qu’il avait construit, près de la première des grandes colonnes qui soutiennent le dôme, et l’on a us sur sa tombe une épitaphe convenable.
Olier (Jean Jacques) Abbé de Pébrac, fondateur de la société de St. Sulpice à Paris et à Montréal, de la Compagnie de laquelle île il était aussi un des membres fondateurs, fut Pamide St. Vincent de Paul, et mourut en odeur de sainteté. Ilavait refusé l’évêché de Châlons sur Marne, que lui offrait le cardinal De Richelieu. Sa vie écrite par l’abbé Faiïllon a fait oublier l’abrègé du Ba Gary.
Oroboa héroïne algonquine de la tribu des Muscogules. Prisonnière de guerre chez les Iroquois, elle fut déposée dans une cabane pieds et mains liés, et demeura dix jours dans cette position, sans prendre de nourriture que ce qu’il fallait pour empêcher de mourrir. La douzième nuit, pendant que ses gardes dormaient äuprès d'elle, elle parvint à dégager un de ses amis, et bientôt après à se détacher tout-à-fait elle-même. Son premier som fut d'assurer sa liberté par la fuite ; mais elle ne put se resourdre à laisser ainsi s'échapper l’occasion de la venseance. Elle rentra dans le wigwam qu’elie venait de quitter, saisit un tomahawk, 2ssomma celui des guerriers iroquois qui se trouvait le plus à sa portée, s’élança dehors et s’alla cacher dans le creux d’un arbre qu’elle avait remarqué. Elle attendit ià que la police du Canton fût passée et, dirigeant sa course d’un autre côté, elle s’enfonça dans les bois. Elle y errait depuis deux jours, quand elle s’aperçut que ses ennemis suivaient ses traces. Elle se plongea aussitôt dans un étang couvert de roseaux et y demeura dans une attitude qui lui permettait de respirer sans être aperçue. Durant trentecinq jours elle parcourut les forêts et les déserts, vivant de racines et de fruits sauvages. Parvenue à une rivière large et rapide, elle fit avec des osiers une espèce de radeau qui lui servit à la traverser. Enfin rencontrée par des guerriers de sa nation, elle fut reconduite en triomphe dans son village au milieu des chants de guerre.
Quikka, l'Ecole des Exquimaux, fait naître les tempêtes, renverse les pirogues et rend inutiles les plus gé-
néreux efforts de leurs conducteurs. Ceux qui déconvrirent les premiers l'Amérique, n’avaient point avec eux de -Camoëns. Dans la Lusiade, par ce grand poëte, quaud Vasco de Gama est près de doubler le Cap des Tempêtes, tout-à-coup l’on aperçoit un personnage formidable qui s'élève du fond des mers ; sa tête touche aux nues, les vents, les tonnerres sont autour de lui, ses bras s’étendent sur la surface des eaux ; le génie est le gardien de cet Océan, dont nul vaisseau n’a encore fendu les ondes, il menace la flotte, il se plaint de l’audace des Portugais, qui viennent lui disputer lémpire de ces mers, et il leur annonce toutes les calamités qui doivent ‘traverser leur entreprise. Cette fiction est une des plus belles qu’on ait à opposer aux anciens.’
Ouréhouaré, chef de guerre Iroquois, fut attiré à Catarocoui avec les autres chefs par René de Brisay, Marquis de Denonville, saisi traitreusement, et envoyé en France pour servir sur les galères. Louis XIV eut le bon sens de le renvoyer en Canada avec Frontenac, qui se l’attacha et l’admit même à son conseil. Il devint un homme aussi poli que valeureux, et bien qu’il combattit plusieurs fois contre les siens, il put encore être utile auprès d’eux pour les relations diplomatiques. I] fut àla tête de deux ambassades du Canton des Goyogouins et de celui des Onneyouths en 1694 et en 1695. Lors de la seconde, il mourut d’une pleuresie à Québec. Un père Jésuite lui parlant des opprobres et des ignorhinies de la passion de Jésus-Christ, il entra dit-on dans un si grand mouvement d’indignation contre les Juifs, qu’il s’écria : ‘ Que n’étais-je là? je les aurais bien empêchés de traiter ainsi mon sauveur.” Il fut enterré avec les honneurs militaires.
Oureouati, fameux chef de guerre et Orateur Iroquois vulgairement appelé en Canada La grande Gueule à cause même de son éloquence, fut la terreur des Outaouais et de Ville-Marie naissante, humilia M. de Labarre et participa au massacre de Lachine. Le gouverneur Colden nous a conservé la mâle et fière harangue qu’il prononça à l’Anse de la Famine. C’est un beau morceau d’éloquence. Dans sa vieillesse, en 1712, il conclut un traité de neutralité.
Painchaud (Charles François) philosophe et ami de l'éducation, né à l’Ile aux Grues le 9 Septembre 1783, étudia les mathématiques sous l’abbé Raimbaud au presbytère de L’Ange-Gardien avec Henry Hardinge, depuis pair d'Angleterre et Commandant des Forces à la mort du duc de Wellington. Après avoir fait son cours de théologie au Séminaire, il fut ordonné le 21 Septembre 1805 et fut employé comme Vicaire à N. D. de Québec. Ensuite, il fut envoyé dans les missions de la Baie des Chaleurs, où il desservit des Acadiens, des Irlandais et les Sauvages de Ristigouche. Nommé à la cure de Ste. Anne La Pocatière par Monseigneur ‘Plessis en 1814, il y fonda un beau collége, qui fut ouvert aux élèves en 1829. Il dut s'imposer bien des sacrifices pour doter l’établissement d’une bibliothèque et d’un cabinet de physique. Il mourut à Ste. Anne le 9 février 1838. TI! y à plusieurs cantiques de Ini dans le Cantique à l’usage des Missions de l’abbé Boucher-Belleville, entre autres ‘ Enfans, la jeunesse,” “ Nouvelle agréable,” et il a laissé en manuscrit des remarques sur la philosophie du comte de Bonald, des observations sur les théories du comte de Maistre et des recherches sur le magnétisme animal.
Panet, maison canadienne qui s’est élevée depuis la conquête.—Elle a produit un Gardien des Archives du Gouvernement de Québec et Greffier-en-Chef du Conseil de Guerre ou Conseil Supérieur sous Murray. (Jean Claude Panet, auteur d’une relation du siége de Québec) quatre Juges, un Grand-Voyer, un Coronaire, un Orateur de la Chambre des Communes, un évêque et un membre de PExécutif. |
Jean Antoine Panet, né en 1751, entra au barreau aussitôt que PAngleterre leva la proseription qui pesait sur les Canadiens, ainsi que Pierre Panet qui, avant d’être ‘juge, exerça à Montréal les deux professions de notaire et d'avocat. Il se fit une très grande clientelle. Elu député par la haute ville de Québec en 1792, après Poctroi de la constitution, il eut l'honneur d’être le premier Président des Communes, où il présenta une requête des citoyens de Québec pour l'abolition de l'esclavage. Lord Dorchester, ayant résolu de l’élever à la magistrature, re-
<ommanda aux Communes d’élire un autre Orateur en 1793, et la Chambre choisit M. de Lotbinière ; mais M. Panet résigna bientôt son siége à la Cour des Playdoyers Communs pour ne pas venir résider à Montréal; il fut reélu et toujours porté au fauteuil, jusqu’en 1815, qu’il fut sommé à la Chambre Haute. Son élection à la Présidence en 1792 avait été un véritable triomphe pour la nationalité canadienne française, car M. Richardson prétendait que les Canadiens étaient liés par la reconnaissance à adopter la langue anglaise, et il était appuyé, le croirait-on ! par Pierre Louis Panet, qui fut juge en 1794. Son élection à cette époque et à chaque Parlement postérieur prouve le mérite extraordinaire de ce grand citoyen. Il mourut la même année, 1815, le 17 Mai, et fut inhumé dans la cathédrale par Mgr. Plessis. Il avait été Commissaire du Roi pour le cadastre des biens des Jésuites, et adressa alors à lord Dorchester un protet en forme de Mémoire contre la partialité des Commissaires anglais et l’illégalité de leurs procédés. Une pension fut accordée à sa veuve par ia Législature. Craig, qui ne s’accordait avec personne, lui avait ôté son grade de Lieutenant-Colonel de la Milice parcequ’il était un des fondateurs du Canadien, s’imaginant que dans un gouvernement constitutionnel la majorité de la population ne devait point avoir de journal !—Voyez l’article suivant. Bernard Claude Panet, né à Québec le 9 Janvier 1753, ordonné prêtre en 1778, fut élu Coadjuteur de Plessis en 1806. Le pape Pie VII le nomma évêque de Salde en Mauritanie la même année, et il fut sacré l’année suivante. Evêque de Québec en 1825, il prit possession le 12 Décembre et gouverna jusqu’en 1832, qu'il se retira à l’Hôtel-Dieu de Québec, où il mourut en 1833, âgé de plus de 80 ans. Il fut inhumé à côté de Monseigreur Plessis. Un employé du gouvernement disait de ce prélat, qu’il était le seul Canadien qu’il connût qui eût conservé son innocence baptismale, que sa physionomie annonçait en effet. Mais celà même, dans un Canadien, ne suffisait point pour satisfaire le Secrétaire Herman Witrius Ryland, qui écrivait au lord évêque de Québec au sujet de Papprobation royale donnée à Mgr. Flessis par le Président Duun : “ Z'informed your lordship, that in consequence of the death of Mr. Denaud, the President had deter-
miined to admit the Rev. Mr. Plessis to take the oath of allegiance in Council as R. C. Bishop of Quebec, and I have now to mention that he is on like manner determined to admit the Rev. Mr. Panet to take the oath as Coadjutor, without either waiting for His Majesty's pleasure, or for any other sanction 1vhatsoever ! This step, let whoever might be the object of his choîce, I cannot but consider as in the highest degree injudicious, particularly as the knowledge which Mr. Plessis had of the meusures that are in contemplation, affords so fair a pretext for delay, and for referring the appointment to His Majesty's decision. But where is the layman suficiently free from vanity, who at seventy three years of age would let slip an opportunity of making a Bishop ? In the present instance I am truly sorry to observe that the impolicy of the choice is almost equal to that of filling up the appointment at all. Mr. Panet, Tam told, ts brother to the Speaker, (*) and your lordship knows enough of this mans character to judge of the consequence which may naturally be expected from giving such great additonal influence to him and his connexions. Ifon the 24th June 1792, according to an affidavit made in December 1794, avhich I have ever since had in my possession, he felt hirnself bold enough publicly to declare at the Church door of Charlebourg, “ que s’il pouvait faire entrer Monsieur Berthelot dans la Chambre d’Assemblée, il foulerait les Anglais sous les pieds,” what may be not ventured on, when he sees the whole patronage of the Romish Church throughout the Province, and the prodigious influence attending it, eventually vested in his own family! But is said his brother is & mighty good sort of a man !—Oh'! those mishty good men, those very loyal subjects, so devoiea to His Mafesty's service, make my contempt and' indignation rise to & height that almost chokes me ! Your lordship knows very well there is not a man to be found, from Mr. Speuker himself down to the fellow who holds a lucraïive office in the Court 9f K. B., (*) and'who has lately sent hi, son to join the banditties of Mr. Bonaparte, who is not ?
(*) Nos Orateurs semblaïent faire les évêques, car Mgr. Larti-
gue, était, sinon frère, du moins cousin de M. Papineau (*}-£° honorable P. A. De Bonne.
when he thinkes it will suit his purposes brim full and running over with loyalty : but your lordship ts too. clear-sighte and too well acquainted with the reai sentiments of these people to be cajoled by their fair speeches ; would to heaven that this were the case with every man who may have it. in his power either to support, or ta compromise the interests of the Crown in this Province. TL.
Papineau, famille canadienne dans laquelle les grands talens ont été héréditaires comme dans celle de Bedard. Joseph Papineau, un de nos patriarches constitutionnels, a exercé la profession de notaire à Montréal depuis 1780 jusque à 1841, année de sa mort. Il était si profond en loi, que ses opinions étaient citées au Palais, et que le Supérieur Roux cite sa maniére de penser au sujet de la propriété des seigneuries de St. Sulpice, à côté de celle du baron Masères, de M. D’Outremont, magistrat à Londres, et de M. Dupin. “ Telle est aussi, dit-il, l’opinion de M. Papineau, qui fient le premier rang parmi ses compatriotes, et qui connait parfaitement lorganisation de St. Sulpice.” Propriétaire de seigneuries, il protesta en 1790, par des motifs généreux et désinteressés, contre le projet de commutation du chevalier Charles de Lanaudière, Elu membre du Parlement Provincial pour Montréal lors de Poctroi de la constitution, il fut reëlu en 1797. Il présenta une requête. des citoyens de Montréal pour labolition de lesclavage. Un des chefs de l’opposition, il souffrit sous Craig avec Pierre Bedard, et le défendit, ayant eu plusieurs entrevues avec cet ombrageux capitaine. Le gouverneur Paccuse de ruse, en parlant d’une adresse de la Chambre : It was the cunning of the elder Papineau, who worded it in the manner in which it was presented.. I\ ajoute de ses efforts pour obtenir la liberté de Bedard : Bourdages, Borgia and that set were as violent as ever, but Papineau had somehow contrived to get the direction of the business in his own hands. Viger joined Papineau. The latter, before he would venture to present the Resolutions, requested a conference with me, which TI readily granted. It lasted an hour and a half. Nothing could be more correct than every opinion that he uttered ; but I soon saw that his whole aim was to get the release of Bedard, by any means by which tt avas possible to attain it, knowing full well what the im-
pression upon the Province would always be, and that they would take carz to represent, that it was an act to whichthe
had compelled me. I gave him to understand that, 1f the Resolutions were presented to me, there was much of botk sophistry and of ambiguity in them, upon which I should think myself obliged to animadvert. Wath respect to Bedarä T'told him very plainty that no consideration should induce me, as far as Tam concerned,to consent to his release during the sitting of Parliament ; and I did not hesitate totell him that the grounds:of my resolution in this respect were, that T considered the state of the Province to be such that 1t was become indispensably necessary .for the dignity, and even the security of the King’s Government, that it should be distinctly made manifest, it was not the House of Assembly that was to govern . We parted very good friends, though saw he was much struck with my observations on the Resolutions, which T believe he had himself suggested,though I do not lnoic whether it was him or Bourdages dreiv them up. On a imprimé ce parallèle de Bedard et de Papineau nos premières grandes figures parlementaires : “ Une stature élévée et imposante, une voix pleine et sonore, une éloquence plus véhémente encore qu’argumentative, telles étaient les qualités dont Joseph Papineau était doué, qualités nécessaires pour faire de l'effet dans les assemblées populaires. Il conserva jusque à la fin de ses jours un patriotisme pur et la confiance de ses concitoyens, qui aimaient à entourer de leur respect, ce respectable vieillard, dont la tête droite et couverte d’une longue chevelure blanche, qui flottäit sur ses larges épaules, conservait encore le caractère de l’énergie et de la force. M. Bédard était loin d’offrir les mêmes avantages physiques. À une figure dont les traits, fortement prononcées, étaient irréguliers et durs, 1l joignait une pause peu gracieuse et une tenue très négligée. Bizarre et insouciant, il prenait peu d’intérêt à la plupart des sujets qui se discutaient dans la Chambre, il parlait en général assez mal; mais lorsqu'une grande question attirait son attention et l’intéressait vivement, il sortait de cet état d’indifférence apparante avec une agitation presque fiévreuse, et embrassait d’un coup d’æœil toute la profondeur de son sujet ; il entamait par des paroles qui sortaient d’abord de sa bouche comme en s’entrecho-
ijuant et avec effort; mais bientôt, sa voix devenait plus assurée et plus forte, —ses idées prenaient de l’ordre dans a tête ; il abordait ses adversaires avec une puissance irrésistible de logique : rien alors n’était capable d’intimider son courage ou de vaincre son opiniâtreté.” Joseph Papineau mourut avec la douleur de voir son fils proscrit et dans l'exil. On lit sur sa pierre tumulaire une inscription latine remarquable. Isidore Lebrun, dans le Tableau Politique et Statistique des deux Canadas, lui attribue à tort une brochure sur les droits des Canadiens à la conservation de leurs institutions, qui est de M. Viger. ;
II-—(lhonorable Louis Joseph) son fils, né en 1786, étudia au collège de Montréal, où il ne fut pas un des meilleurs élèves ; mais il apprit en son particulier l’histoire, * On raconte de son enfance, qu’un Jour, son père lmayant interdit la table, attendu qu’il n’avait point encore de barbe au menton, il dit au chat de Ia maison: vaste placer à côté de papa, toi qui en as. Admis au barreau, il entra très jeune encore au Parlement en 1809, ayant été élu pare collége électoral de Huntingdon qui le conserva jusqu’en 1815. Il accepta la charge de jugeavocat de la milice en 1812. Elu pour Montréal en 1815, 1l fut porté à la présidence en conséqueuce de la retraite de M. Panet, sommé à la chambre haute. Il était re- “commandé, dit mon père, par ses talens oratoires naissans, et. plus encore, peut-être, par le nom et la réputation de son père. Comme Panet, il devait être toujours reélu, si ce n’est en quelques circonstances où il ne put agir lui-même en cette qualité. Il était à l’époque dont nous parlons admirateur anthousiaste de la constitution de son pays ; aussi fut-il appelé au Conseil Exécutif en 1820. (Voir la vie de lord Sydenham et le volume inédit de Bibaud, où on le montre tour-à-tour admirateur.et improbateur outré de cette charte.) Le biographe de lord Poulett Thorapson et Montgommery Martin citent sa harrangue de 1820 aux électeurs de Montréal comme preuve de sa bienveillance envers l’Angleterre. Plus tard encore, il disrit : “ Notre excellente constitution fut, à l’époque de sa promulgation en cette Province, présentée à ses habitans comme l’œuvre du génie et de la bienveillance, —elle fat accucillie par eux comme um
bienfait inestimable. Depuis ce temps jusque à ce jour, les gouverneurs de la. colonie, le conseil législatif, la. Chambre d'Assemblée, les tribunaux de Justice, les grands jurés, toutes les autorités constituées, tout le Clergé, tous les corps, tout le peuple avaient uniformément professé le plus fort attachement pour cetfe cons: titution, Qui sont donc les hommes #20destes, qui viennent nous révéler en 1823, que tous nous avons été dans l'erreur ? Nous avions cru que ce don nous engageait à la reconnaissance envers la Grande Bretagne ; écoutez les, ils vont nous détromper sans doute. En 1822, des pygmées ont prétendu attaquer {a magnifique fabrique élevée en 1191 par la main des géans.”’ Mais les successeurs de Sherbrooke et le bureau colonial firent de grandes fautes, ils dénièrent à la chambre basse ses attributions financières les plis essentielles, et complottèrent même Punion des Canadas. M. Papineau se mit dès lors et avec raison en entagonisme avec l’exécutif, qui ne l’avait appelé dans son sein que pour le nullifier, et porta en Angleterre en 1823, la requête de 60.000 Canadiens contre l’Union. Vallières de St. Réal le remplaca en cette occasion au fauteuil présidentiel. Il avait dans cette députation pour collègue, John Neïlson ; ils publièrent à Londres en 1824: À letter to His Majesty s under Secretary of State on the subjert of the proposed union. of Upper and Lower Canada, by L. J. Papineau and John Neilson. Lord Dalhousie, qui était le plus chaud partisan de l’Union, entra alors dans une lutte personnelle avec l’ex-orateur, et voulut l'empêcher d’être reélu à la Présidence. Il fit une harangue incisive et acrimonieuse à laquelle Papineau répliqua, avec MM. Heney, Cuvillier et Quesnel, dans une adresse au peuple. Les élections leur furent favorables. Dalhousie voulut désapprouver lOrateur: la chambre se refusa à en élire un autre et le gouverneur voulut se passer de Parlement ; mais un comité du Parlement Impérial inculpa toute son adminis-. tration, et le duc de Weilington, qui venait au pouvoir, dut le rappeler pour l’envoyer commander dans l’Inde, les troupes et non les peuples. Sir James Kempt. approuva M. Papineau comme Orateur et, non content. de l’inviter à sa table, il accepta de lui un déjeuner. : Le ‘rôle de ce citoyen était beau alors. Mais, les nouvelles 14 |
fautes des Anglais aidant, ces triomphes firent bientôt de lui, non plus un Orateur ou Président de la chambre, mais un tribun populaire sans cesse haranguant, puis un dictateur omnipotent pour le malheur de ses compatriotes. (*) 11 futsans doute un orateur,—crateur populaire si l’on veut, car sans celà, comment eût-il remué les masses et maitrisé ses collaborateurs ?
Un grand modèle
Je vois en Papinean Quand, dans son zèle, Par du neuf et du beau, I] tonne, il grêle
Contre le plan nouveau.
dit la chanson Les Orateurs Canadiens, à propos de PUnion. Il eut du nerf dans ses paroles, et ne perdait point le fil de ses pensées complexes: cependant,sises harangues furent telles que reproduites par M. Garneau,elles ne sauraient supporter l’impression.—Les choses s’envenimérent jusque à Lord Gosford, qui promit tout et qui avait bonne volonté. M, Papineau, qui semblait viser à la puissance souveraine, et qui redoutait un accommodement, continua la lutte quoique abandonné par les Neiïlson, les Cuvillier, les Van Felson, les Debartzch et les Caron. Il se trouva dans une fause position; mais Sir Francis Bond Head le tira d’embarras en publiant ses instructions secrètes et en y mêlant celles de lord Gosford. Maiheureusement aussi, M. Morin et M. Berthelot lui demeurèrent dévoués. Il méprisa alors les conseils de Joseph Hume, organisa le conseil central et permanent et Les fils de la liberté, démoralisa la milice et prétendit faire élire des officiers et des magistrats par le peuple. Sommé, en qualité de major dans la milice, de répondre
(*) Whighs et Torys, par un tacite accord, laissent de côté le dédale d’embarras et d’obstacles où ce qu'ils nomment la fatalité a poussé l'Angleterre, Ils ne disent pas que Papineau, Villustre agitateur de l’Amérique du Nord, préside la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, et combat victorieusement leur domination sur une contrée aussi grande que l’Europe.—Charles
Trolbopp.
de ses actes, il fit une réponse incivile autant qu’audacieuse. L’Assemblée des Cinq Comtés le précipita dans a révolte. Lord Gosford ayant proclamé la loi martiale après une longue léthargie, et émané des mandats d’arrestation, Papineau changeant de ton, écrivit à l’autorité qu’il espérait qu’on ne le rendrait point responsable des troubles qui éclataient dans la l'rovince, que le peuple seul s’était décidé à maintenir ses droits, qu’il ne pouvait rien sur la volonté du peuple; mais il gagna en même temps le foyer de linsurrection et se trouva avec le docteur Wolfred Nelson à St. Denis avant la lutte; de là néanmoins, 1l gagna les Etats-Unis sans combattre, et sut se soustraire ainsi à l’orage qu’il avait amoncelé sur les chauines de son pays. Ilchercha à engager le gouvernement américain dans'la lutte, mais sans succès, et fut supplanté à l’assemblée de Midlebury, dans le Vermont, par le docteur Robert Nelson, dont il ne voulut pas signer l’acte d'indépendance parceque, a-t-on dit, il contenait une clause contre le système féodal. Il paraît qu'il avait eu jusque-là le titre de Président de la République Canadienne, que son collègue assuma alors. Il gagna la France, où il vit Lammenais, Benjamin Constant et d’autres démagogues ; mais les radicaux anglais qui allèrent passer la belle saison à Paris, 2t entre autres M. Hume, s’abstinrent de le voir. Il publia dans le recueuil parisien, La Revue du Progrès la première partie de son Histoire de l’Insurrection Canadienne, qui n’a rien d'historique, mais qui se laisse lire comme pamphlet politique. Quand il n’avait pas encore quitté l’Amérique, il reçut de lord Durham des ouvertures par le canal de son agent Wakeñfeld, mais il les accueillit avec fierté. À l’avènement de ses anciens partisans au pouvoir, il fut fort caressé et recherché par l’administration La Fontaine ; il lui fut passé de l’argent pour faire à Paris des recherches de manuscrits sur le Canada, il put rentrer dans sa patrie en 1844, et on lui fit payer tous les arrérages de son salaire en qualité d’Orateur. Sous M. Viger, une chaire de botanique fut improvisée au collége McGill pour un de ses fils, qui avait fait de fortes études dans les pays étrangers ; un autre fut protonotaire. Il prit tout et ne s’ouvrit point ; mais ensuite, il se mit à lancer au vent des manifestes et à appeler la République. On
disait alors de lui comme des Bourbons, qu’ii n’avait rie oublié nirien appris : ilavait appris pourtant que la constitution ang/aise n’est point une magnifique fabrique élévée par des mains de geans. S’en suivit une polémique retentissante entre le docteur Wolfred Nelson, son ancien coilégue, et lui, au sujet de sa fuite, au moment du danger en 1837. M, Papineau vaincu dans le collége électoral de Montréal, s’est depuis retiré de la
vie politique et a eu pour successeur en 1854, M: A. A.
Dorion, qui a été en état de faire une opposition qui eût
plus verdeur, car M. Papineau n’avait plus*de parti dans
la, Législature :1l était presque complètement isolé. IL s’est trouvé à linstallation du Président Buchanan. M. Papineau a été un grand talent sans être en rien. spécial ; iln’aété niun homme d'état ni un politique habile. Sans avoir la bonhomie de Lafayette, il a été aussi inepte dans les momens de:crise et toutes les fois qu’il s’est agi de reconstituer, sa philosophie politique ne consistant également que dans la décheanes des pouvoir : leur rôle
a, été purement négatif, mais il a eu de prodigieuses
conséquences. M. Papineau triompha de lord Dalhou-
sie ettua l'Union en 1823, et en 1837, il nous la préparée involontairement ; des révolutions et des remanie- “mens plus déplorables encore vont sans doute achever d'accomplir Les destins qu’il nous a faits. Il a une notice biographique dans le Dictionnaire de la Conversation, ouvrage publié à Paris par une, société d'hommes de Lettres... L’honorable Denis Benjamin Papineau, son!frère, “’ycecepta le portefeuille de ministre des Terres de la Courônne dans le cabinet de M, Viger.
! Paguin (Jacques) né à Deschambault, en son vivant curé de St. Eustache de la Rivière du Chène et archi-
‘prêtre.fut ordonné le 24 Septembre 1814. Il montra beaucoup de courage civique durant les troubles politiques de
+37 et.38, et a laissé un journal des événemens arrivés à St. Eustache, une oraison funébre de Monseigneur de
+ Korbin-Janson et la première histoire ecclésiastique de
son. pays, qu'on à déplorablement perdue.
} 'Patisnson (le major Richard) Gouverneur d’'Heligoland dans l'Océan Germanique, est fils de Richard P. Pattinson de Sandwhich dans le Canada Supérieur. Il fit ses ‘études aux Universités de Glasgow et de Cambridge, puis
ot —
-“ervit quinze ans aux Indes. Il était Adjutant-Généra) de la cavalerie à A//iwal, se trouva à la bataille de Makragepour en 1843, fit la campagne du Suttledge, eut un cheval tué sous lui aucombat de Buddewall, et se trouva à Sobraon. Il eut trois médailles. “Few officers of his standing have had the good fortune to have seen so much hard fighting with such brilliant results,” dit le colonel: Lockyar. Il est revenu en Canada en 1850, a servi en Orient, où il a été un des organisateurs du contingent anglo-turc, et a été fait gouverneur d’'Heligoland en 1857.
Parent (Etienne) depuis nombre d'années Assistant- Secrétaire-Provineial, situation où il a mérité des employés du gouvernement un tribut de reconnaissance et d'estime, est né à Beauport le 2 Mai 1801. Ila été membre du Parlement, et rétablit le Canadien, dont il a été durant quatorze ans rédacteur. Au Canadien, M. Parent a fait deux choses : 1l s’est accoutumé à écrire très purement, et bien que très vif de caractère, il abandonna à temps M. Papineau, et retint le District de Québec sur le penchant du précipice. Ses séries de lectures sur lPéconomie politique, le travail, le progrès, doivent le faire regarder comme un des plus beaux esprits de l'Amérique. 11 y a un excellent portrait de lui par Hamel. M. Parent a été membre du Comité Exécutif de l'Exposition Canadienne à Paris.
Parkman (Francis) de Boston, littérateur contemporain -t associé étranger de l’Institut Polytechnique de Montréal, auteur de la Conspiration de Ponthiac, livre qui réunit le mérite des recherches au mérite littéraire. M. Parkman s’occupe de recherches sur l’histoire de la colonisation française en Amérique, et est venu en Canada -pour s’y procurer des documens.
Périnault (Pierre- -Joseph) mort à Montréal le 29 Juin 1821, était natif de la même ville. Il alla étudier à Tours en France, chez un de ses oncles, Chanoine Grand-Chantre de cette métropole, et fit avec succèssa théologie dans la même ville. A la nouvelle de la révolution, son père Palla chercher et ils se trouvèrent tous deux à Paris le jour du martyre de Louis XVI De retour en Canada, il fut ordonné prêtre au mois d’août 1794. Homme pourvu des dons de la naturé, de grands talents et de biens patrimoniaux qui lui donnaient £500 de revenus, l’évêque de
Québec l’envoyait partout où il y avait des constructions à faire, et ce bon ecclésiastique se prêtait aux vues de ses supérieurs malgré les réclamations de la nature et de faux amis, qui lui conseillaient une vie de repos et de jouissances. De la Rivière des Prairies, il fut envoyé à Kingston, et est mort curé de St. Roch de l’Achigan ÿ mais il demanda à être inhumé à la Rivière des Praïries.
Perrault (Joseph François) père de l’agronomie en Canada, en son vivant protonotaire du District de Québec, un des plus beaux caractères auxquels Québec ait donné le jour, était fils d’un traitant puissant dont les affaires s’'étendaient aux colonies avglaises et à St. Domingue. Il fut commis de son père et voyagea avant d’étudier. Quand il se livra à Pétude, il y avait peu de livres dans le pays ; il en copia ou fit copier, en traduisit ou compila d’autres. Il traduisit Burn’s Practice et la Lex Parliamentaria de George Petyt, donna un Dictionnaire Portatif des Règles Parlementaires, des Extraits des Répîtres du Conseil Supérieur et de la Prévôté de Québec, dédiés à Sir Francis Nathaniel Burton, un Abrégée de l'Histoire du Canada, plusieurs traités d'agriculture et un Système d'Education, sans parler de son Autobiographie, dédiée & lord Aylmer, et de grand nombre de manuscrits reliés. Il fonda des écoles d’après le système de Laneaster et des fermes modèles. Malheureusement, les livres de M. Perrault sont écrits sans aucune pureté ou correction de langage. Il paraît cependant qu’ii faut faire une exception pour son traité de la grande et de la petite culture couronné par la Société d’Horticulture de New-York, car le savant Pascalis dit dans son Rapport : Il paraît tirer la philosophie de son art d’une grande expérience ; il enseigne une pratique judicieuse et une théorie saine. IH traite son sujet avec une charmante simplicité ; il joint une méthode claire à une telle pureté de langage, que son ouvrage mérite d’être mis au rang des livres classiques. Son esprit d'humanité ne se borne pas à son seul pays ; il entretient une correspondance avec les agronomes américains qui, pensons-nous, seront charmés de s’unir à lui dans ses travaux philosophiques, et qui seront heureux de répandre parmi nos fermiers les instructions de cet auteur.” Quoi qu’il en soit, si l’on fait la part des tems et.
des circonstances dans lesquels Joseph François Perrault a travaillé pour son pays, on peut certainement répéter ce que dit mon père à la fin de l'éloge qu’il a consacré à ee patriarche canadien dans l'Encyclopédie, cahier d’octobre 1842 : fortunate senex, certe tua facta manebunt.. Il reste surtout le père de l’agronomie en Canada et un des grands zélateurs de l'éducation. Ses œuvres se continuent dans sa postérité. Joseph Perrault, son petit-fils, Secrétaire du Bureau d'Agriculture et rédacteur du journal depuis la mort de M. Evans, est élève du collége Royal de Cirencester et de l’Ecole Impériale de Grignon. Il a été Commissaire-Adjoint pour le grand concours agricole de 1856, à Paris, et chargé de l’achat des animaux pour l’École Impériale.
Perrot (Nicolas) célèbre voyageur canadien d’une famille honorable, (qu’il ne faut point confondre avec Perrot, neveu par mariage de l’Intendant Talon, gouverneur de Montréal en 1672 et de l’Acadie en 1684, seigneur de l’Ile Perrot, et fameux par son duel avec M. de Ste. Hélène et ses démêlés avec le comte de Frontenac, puis avec les Sulpiciens, et qui alla finalement se faire tuer à la Martiuique),—avait une intelligence remarquable et dut un bon fonds d’éducation aux Jésuites. Il amena beaucoup de guerriers sauvages à M. de La Barre revenant de sa malheureuse expédition contre les Cantons Jroquois. Après avoir cru participer à la victoire, il ne lui resta plus qu’à persuader à ces hordes d’observer la paix, et ce n’était point chose faciie. Il n’avait pas peu contribué à les ranger sous l’obéissance du gouvernement de la Nouvelle-France et avait été le précurseur de M. de St. Lusson, subdélégué de l’Intendant Talon pour prendre possession du pays ; il lui avait préparé les voies. Il fit le premier connaissance avec les Miamis et Tetinchoua, leur chef, qui le reçut en guerrier, envoya au devant de lui et lui donna le spectacle d’un combat simulé. Perrot rapporte que ce Sachem avait 4000 hommes de guerre disponibles et une garde personnelle de 40 guerriers. Il faillit périr chez ce peuple, en 1696, et ne fut sauvé que par les Outagamis. Homme d’esprit et doué de grands talents naturels, il rendit de grands services à la Nouvelle-France comme voyageur et comme diplomate. On le retrouve interprète à la paix de 1701. Il
adressa au marquis de Vaudreuil un Mémoire relativément aux intérêts des Français dans l’ouest et laissa un manuscrit intitulé : Maœurs, Coutumes et Religion des Sauvages dans l'Amérique Septentrionale, qui a été utile à M. de ‘Là Potherie et même à Charlevoix. On lui doit la découverte des mines de ja Rivière des Moines dans l’Iowa. Perrot avait un fort au lac Pepin. Un Canadien, redevenu Français, le général Perrot, était colonel de cavalerie en 1848, s’est avancé durant la deuxième révolution, ‘ét était Commandant-Général de la Garde Nationale de Paris en 1851. Il vient de repousser un collége électoral de France qui voulait l’élire dans la croyance qu’il s’engagerait à se ranger sur les bancs de l’opposition à Napo- Jléon III.
Phelan (Patrick) troisième évêque de Kingston, n’a été titulaire qu’environ un mois, étañt mort d’une maladie contractée aux obsèques de Monseigneur Gaulin, son prédécesseur. Né en Irlande en 1793, il suivit ses parens aux Etats-Unis, et Monseigneur Cheverus, depuis archevêque de Bordeaux et cardinal, mais alors évêque de Boston, l’envoya étudier au Collése de Montréal. Ordonné prêtre en 1825, au lieu de retourner à Boston, il s’agrégea à la Communauté de St. Sulpice. Nommé d’abord évêque de Carrhæ et Coadjuteur de Mgr. Gaulin, il fut créé Administrateur Apostolique en conséquence des infirmités de ce prélat par bref du pape Pie IX (1852) et signa en cette qualité les actes du concile de Québec, deuxième. Il a éte le fondateur ou le bienfaiteur du collége de Regiopolis.
Pierron ou plutôt Péarron (*) (André) de la Compagnie de Jésus, le premier peintre connu en Canada, y ‘arriva le 12 Juillet 1663. Il alla évangéliser les Iroquois. La Mère de l’Incarnation dit de lui dans ses Lettres : “ Le père Pierron fait merveille chez les Agniers avec ses tableaux. Il est bon peintre ;—les Sauvages sont ravis de ses tableaux.” En 1668, il vint à Québec à pied à Za raqueite. T’année suivante, on écrit qu’il gouverne le pays des Agniers, où il passe pour le plus grand génie du monde,—qu’il a écrit aux gouverneurs anglais contre les abus
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(*) Voir la liste Ecclés'astique.
de la traite de Peau de vie et que se bon Pèré prèche le jour et peint la nuit. La liste dit qu’il fut tué au mois de Mars 1673, d’où l’on peut conclure qu’il souffrit le martyre.
Pigeon (François) ami dés arts et de l'éducation, fat ordonné prêtre le 16 Janvier 1803. Après avoir été Directeur du Séminaire de Québec, il devint euré de St Philippe et fonda dans sa paroisse en 1826, une gazette appelée le journal de St. Philippe, qui se soutint six mois ou peut-être une année. On lui doit diverses autres publications, telles que des livres de prières, ses drames de Berquin à l’usage des enfans des Ecoles et sa réponse à Deshons Montbrun, avanturier français qui, pressé de se marier en Canada, et ne pouvant obtenir de dispenses de bans de M. Roux, se fit marier par un ministre protestant en tenant le Supérieur responsable de son acte. Cet ecclésiastique estimable est mort le 4 octobre 1#38.
Picquet [François] de la Société de St. Sulpice et Docteur de Sorbonne, fondateur d’Ogdensburg dans le Canada Supérieur, né à Bourg en Bresse le 6 Decembre 1708, vint en Cunada en 1733 et fut envoyé sept ans après à Ja mission du lac des Deux Montagnes, où 1l coastrusit un fort, dont on voit encore les restes. Il y réunit les tribus errantes des Alsgonquins et des Nipissingues. Ce fut en 1749 qu’il établit une nouvelle mission pour les Troquois à La Présentation, aujourd’hui Ogdensburg, et M. Hodgins le signaie comme ie fondateur de cette ville. En 1752, il rassemblait 400 Sauvages qui se donnaient à la France et au christianisme par son entrernise, dans un traité figuré par les dames canadiennes sur un guidon qui se conserve encore à la mission du Lac, le baron de Longueuil étant Commandaut-Général de la Colonie, M. Boucher de LaPérière, Gouverneur de Montréal Gubernator, et le chevalier de Lacorne, interprète. L’Intendant Hocquart lappèle l’apôtre des [roquois, Duquesne disait que sa personne valait dix régimens, et les chroniqueurs des colonies anglaises l’appèlent erronément le Jésuite de l'Ouest. IL passa à la Louisianne en 1760 et y séjourna deux ans. De retour en France, il reçut du Clergé, en 1766,une gratification qui lui fut renouvelée en 1770. Il alla à Rome en 1777, et travailla jusque à sa mort pour le bien de Phumanité. Aussi le pape lui fit-1l compter 5000 francs ; et
Ra
le roi de France rémunéra de même ses services. C’était faire la charité au père des pauvres et des affligés de toute sorte, car 1l n’en était pas plus riche. Il mourut le 15 Juillet 1781, chez sa sœur, à Venjou, petit bourg du département de l'Ain. I paraît que Lalande, Pincrédule, fit son éloge à l’Académie. Voir de plus, les Lettres Edijiantes.
Piskaret, surnommé lAchille du Canada, le plus grand chef connu des Algonquins où même de son temps parmi les tribus du Nord selon le biographe Thatcher, n'ayant pu, à la tête de 700 guerriers attirer les Iroquois au combat, se mit à la tête de petits partis, et à faire dans les Cantons des expeditions du genre de celles de Dioméède et d'Ulysse dans le camp des Troyens. Dans un combat naval sur la rivière du Nord, il tira des armes à feu plus que les Français n’en savaient faire eux-mêmes, et imita la mitraulle par un expédient ingénieux qu’on trouvera décrit dans Bacqueville de La Potherie ou dans mes Sagamos lustres. TI n'avait qu’un canot contre cinq, qu'il détruisit tous. Logé dans un arbre creux au centre dn pays des [roquois et en plein hiver, il alla trois différentes nuits, faire mains basses sur des Iroquois endormis et échappa à toute poursuite. Les chroniqueurs nous disent qu’il prenait l’élan à la course. Il portait des raquettes et les avait chaussées le devant derrière, ce qui trompa encore ses ennemis. JL: parut aux conférences de 1646, et ratifia la paix en disant : “ Voici une pierre que je mets sur la sépulture des guerriers qui sont morts, durant la guerre, afin que nul n’aille remercier leurs os, ni ne songe à les venger.” Dan: une nouvelle guerre, un jour - qu’il revenait seul de la chasse, il fit rencontre de six éclaireurs 1roquois qui, n’ôsant l’attaquer ouvertement, entonnèrent à son approche le chant de paix. Il ies prit pour des ambassadeurs allant aux Trois-Rivières ou à Québec, et fit route avec eux. Mais il y en eut un qu resta en arrière, sous prétexte de se reposer : le retardataire revint tout-à-coup sur Piskaret, et le renversa mort, d'un grand conp de tomahawk sur le derrière de la tête. Ainsi finit ce terrible Algonquin.
Patt (William) le plus grand ministre qu’ait eu l’Angleterre.-Dans la constitution qu’il donna au Bas-Canada
en 1791, il fut aussi libéral que possible ; mais à com-
mencer par le duc de Portland,on se mit à gâter son ouvrage. Fesant allusion au commerce de bois &. &., il mit pour exergue sur le sceau provincial ces mots latins: 40 2pso ducit opes, animunque ferro.
Plessis (Joseph Octave) le plus grand homme qui ait occupé le siège de Québec depuis François de Laval Montmorency, le premier Pontife canadien qui soit allé à Rome, et le seul qui ait été sommé par le Roi au Conseil Législatif, naquit à Montréal le 3 Mars 1762, d’un forgeron selon Herman Witrius Ry'and, et fut ordonné prêtre à Québec le 11 Mars 1936. IT fut tour à tour professeur d’humanités au collèse de St. Raphaël, employé au Sécrétariat de l’évêché de Québec et curé de la capitale. Le 6 Septembre 1797, il fut élu Coudjuteur de Monseigneur Denaut, et obtint l’agrément royal donné par Sir Robert Prescott ; mais le vénérable pontife Pie VI avait été trainé en captivité par les sans-culottes, et après sa mort, l’église fut quelque temps sans chef. La nominatien de Monseigneur Plessis, qui s'était fait attendre si longterns, fut un des premiers actes du pontificat de Pie VIT, exalté à Venise à la faveur des victoires de Souwarow puis de Melas. Les billes, datées du 26 avril 1800, le nommaient évêque de Canatte en Palesune, avec la succession au siège de Québec. Il prononça . à Québec en 1799, n’étant encore qu’élu, lPallocution à Poccasion de la bataille navale d'Aboukir. Sacré le 25 janvier 1801, il s’interressa durant sa coadjutorerie à la fondation du collège de Nicolet, (au quel 1l obtint plus tard une charte royale) et d’écoles primaires à Québec, et discuta les prétendues prérogatives royales quant au patronage et autres matières avec les officiers de la Couronne. Ryland nous a conservé un entretien à ce sujet entre ce prélat et Sewell, publié dans e sixième volume de Christie. Il succéda à Monseigneur Denaut et prit possession de son siège le 17 janvier 1806. On vit en lui un pontife à la fois loyal, ferme et pohtique, qui eut besoin de toute son habileté dans ses relations avec certains gouvernans. Aussi le gouvernement anglais fut-1il lent à lui ac:order la confiance qu’il acquit plus tard. Craig, qui le travailla beaucoup pour lui faire accepter de grands honneurs et émolumens moyennant la reconnaissance de la suprémacie du Roi, qui nomme-
" dt xait aux bénéfices, le croyait en correspondance avec les. évêques d’Irlaude et le célèbre Milner, évêque de Castabala : il l’écrivait au ministére anglais. Sous Pré vost, Plessis commença à recueillir les fruits de sa constance et.de ses services, et triompha au moins partiellement de l’opposition qu’on avait faite à l’ordonnance provinciale de 1391, puisque Sir George reconnut d’abord son
tre de Surintendant de l’Eglise Catholique Romaine, puis, à sa demande, d’'Evêque Catholique Romain de Québec, se fondant, dit M. Christie, sur une depêche dans laquelle lord Bathurst semblait reconnaître sa qualité.
Quand Pie VII, délivré de captivité, rétablit les jésuites, Plessis voulut former des sujets à Québec, et écrivit en Russie pour se procurer un religieux propre à devenir l’instituteur des Canadiens qui entreraient dans l’ordre, mais ce beau dessein ne réussit pas. Il fut sommé par le Roi au Conseil Législatif en 1818, et l’on trouva en lu un sénateur à la fois patriote et loyal. En 1821, quand Ja majorité du Conseil Législatif enrégistra une résolution de ne concourir à aucun bill de la chambre basse relatif à la liste civile qui contiendrait des items, ce prélat fut d’un avis contraire avec le juge Olivier Perrault ; il jugea cette résolution prématurée ou trop générale et ne contenant pas une spécification précise des objets compris sous le nom de liste civile. L’infatigable pontife méditait l'érection de toutes les colonies anglaises en une province ecclésiastique, dont Québec serait la Meétropole.. Il partit pour l’Angleterre .et pour Rome en 1819. Les services éminens qu’il avait rendus à lPAngleterre durant la révolution française puis durant la guerre de 1812,—sa qualité de Conseiller du Roi, Ini ménageaier,t un accueuil distingué de lord Bathurst, avee qui 1l eut plusieurs conférences à sa maison de campagne. (*) S'il ne put le faire consentir à l’érection formel-
(*} Althouyh His Grace (le duc de Richemond) were to remain entirelv inactive, it's very certain that neither the gentlemen ot the Seminary, northe Vuncio who is now on his way to England, will continue so. ‘The inordinate ambition of the one, and the zeal of bigoiry of both these parties my assurè you of
“bis.