‹ Le pantheon Canadien (choix de biographie)Chapitre 3 sur 6 · I. W. Ryland · texte numérisé non relu

I. W. Ryland

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le d’un archevêché à Québec, et d'évêchés a Montréal, Kingston &. il put avoir des éréques régionnaires à Kingston, à la Rivière Rouge, dans les provinces du Golfe &; leurs bulles ne les dénommaient point seulement auæiliaires, mais suffragans de l’évêque de Québec, qui fut ainsi assimilé aux évêques Métropolit: ins des premiers siècles de l’Eglise, avant qu’on ne connût le titre d’archévêque. Quant à la Nouvelle-Ecosse, le souverain poutife y avait placé un Vicaire-Apostolique. Ce fat Monseigneur Edmond Burke, ex-grind Vicaire de Plessis, qui Pavait sacré en 1818,, avant son départ pour PEurope. Durant son séjour à Londre:, il se lia d'amitié avec le célèbre docteur Poynter, Vicaire Apostolique de cette capitale, qui lui écrivit en 1823, sur les difficultés de lPadnunistration eclésiastique en Canada, une lettre que notre premier pasteur fit publier et répandre. Il fut de retour à Québec le 16 août 1820, et fut reçu avec de grandes démonstrations de respect et d’affection par les habitans de Québec. Ilétait accompagnè de l’abbé Lartigue, nommé suffragant et auxiliaire pour le District de Montréal, où déjà Monseigneur Hubert avait voulu faire ériger un siége épiscopal. Il lPy sacra dans lancienne église paroissiale en 1821, et le soutint dans ses difficultés avec le Séminaire. Le Mandement d’installation émané par Monseigneur Plessis accordait aux syffragans auxiliaires les mêmes honneurs qu’à lui. “Le séminaire de St. Sulpice,l’abbé Chaboyez firent de lPopposition ; le grand Vicaire Cadieux et un autre jouteur, sous le pseudonyme d’Hospice Bedard, défendirent le bref du pape et le Mandement, qui étaient également attaqués. On sait que cette querelle ecclésiastique alla très lom et qu’elle aurait été digne d’un Lutrin, des hommes ‘anssi -éminens que Monseigneur Plessis, Monseigneur Lartigue, -le supérieur Ronx et M. Le : Saulnier y ayant eu chacun leurs torts. Joseph Octave Plessis mourut à l’'Hôpital- Général de Québec le 4 Décembre 1825, âgé de 62':ans et 9 mois, et fut inhumé le 7 avec tous les honneurs-reli- - gieux et civils, les troupes de la garnisson formant une - double haie sur le passage du convoi, que suivait lord Dalhousie avec son état major et tous les dignitaires de la Colonie. Son'cercueuil fut placé dans le sanctuaire de mi cathédrale au lieu où l’on chante PNR RARES $ (CR

cœur fut déposé le 14 du même mois dans le mur d’une des chapeiles de l’église St. Roch, et un monument de marbre fut élevé auprès de ce lieu. Un marbre tumulaire a aussi été placé le 2 Décembre 1833 dans le sanctuaire de la cathédrale audessous de sa tombe. On conserve la correspondance de ce prélat, qui est des plus importantes, et une série de sermons latins pour les réunions du Clergé. Parmi les pièces curieuses de la bibliographie canadienne, se trouve le sermon à l'occasion de la victoire remportée par les forces navales de S. M. B. dans la Miditerranée les ler et 2 Août 17198 sur la flotte française, prononcé dans l’église cathédrale de Québec le 16 Janvier 1199 par Messire J. O. Plessis, curé de Québec, Coadjuteur élu, et précédé du Mandement de Mgr. Denaut, Québec 1798. On a la gravure du portrait en pied de J. O. Plessis. La figure est belle et imposante. La plus grande gloire de ce grand homme se perpétua dans ses œuvres et les ecclésiastiques éminens qu'il forma,—les Lartigue, les Provencher, les Burke, les McEachern, les McDonell, les Demers, les Maguire et tant d’autres. Voici le jugement que porte sur ce prélat la Revue Canadienne [Canadian Review], journal anglais du temps. “ The death of the protestant Bishop did not long precede that of Mgr. Joseph Octave Plessis, the Roman Catholic Bishop of the Province, who, on the 4th of December, at Quebec, termnated his mortal career. In the decease of this prelute, his church has to lament an able, temperate, yet zealous indefatigable chief ; his flock a human, benevolent and charitable pastor, ever alive io their wants and prompt to administer, and the king a tried and loyal subject ; there was in short among all classes and persuasions but one sentiment of regret for the loss,—and respect, and veneration for the memory of this benevolent christian and truly exemplary character. His remains were conveyed with all the civil and maditary honors from the Hospitul-General, where he had closed his life, to the Chapel of the Hutel-Dieu, and from thence, on the day of interment to the Parish Church of the Upper Town, were he was 1nterred on the right of the altar, in presence of the Governor-in Chief and heads of all the various depariments and an immense concourse of inhabitants, who all wished to express the high opinion they entertained of the zeal, charity and loyalty for which he was not more conspi-

éuous than he o7s for the talents which adorned the high, -and important office he had so ably discharged since 1806. L'abbé Raïmbault lui a consacré uue oraison funèbre.

Pontbriand (Henri Marie Dubre ul de) sixième évêque de Québec, d’une des grandes familles nobiliaires de Bretagne, naquit à Vannes et fut d’abord Abbé de Maubec. Sa mère avait une grande réputation de sainteté. Ayant été choisi pour succéder à Mgr. de PAube-Rivière, il obtint ses bulles de Benoit XIV le 6 Mars 1541, prèta serment au Roi entre les maius du cardinal prince de Rohan, et fut sacré à Paris par archevêque Gaspard de Vintimille. Arrivé à Québec le 17 août, il prit possession de son siége le 30. L’auteur des Mémoires publiés par la Société Littéraire et Historique prétend qu’il prêchait et chantait mal, q vil était d’un commerce peu agréable, et qu’il était enclin à des brusqueries messéantes à son caractère. Quoi qu’il eù soit, ces défauts, s’il les eut, étaient rachetés par de grandes vertus. Il édifia toute la Colonie en 1755 par son dévouement héroïque auprès des pestiferés. Dans la dernière campague de Montcalm, les ravages du bombardement, qui abattirent la cathédrale et son palais, l’obligèrent de se réfugier au Séminaire de Montréal, où toutes les autorités se rendaient d’ailleurs. Il émana en cette occasion un Mandement plein d’onction et de patriotisme. Il mourut dans les bras dss Sulpiciens le 8 Juin 1760, et fut inhumé le 10, dans Péglise paroissiale. L’abbé Jolivet, prononça son oraison funèbre. La translation de ses restes dans la grande église paroissiale d'aujourd'hui a été faite, il y a déjà un nombre d’années, par les évêques de Telmesse.et de Juliopolis.

Ponthiac, fameux chef de guerre Outaouais que le géographe Balbi appèle le plus formidable Sauvage que lon connaisse, et que le xénophane Beltrami surnomme le Spartacus moderne, commandait sa tribu à la défaite du général Braddock, l’an 1755. Dans une autre occasion, il secourut le Détroit ménacé. Ami sincère des Français il ne put voir d’un œil tranquille la conquête de 1760, et commença dès lors à déployer toute l’énergie de son caractère. Les lacs venaient d’être livrés au major Rogers, fameux partisan et délégué de lord Amherst. Pontiac conçut le vaste projet de réunir les. tribus de l’Ouest et du Sud Ouest dans une irruption qui devait expulser les

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Anglais, et.croyait-il peut-être ramener les Français dans son voisinage. Le plan qu'il adopta suppose chez ce Sauvage un génie extraordinaire et un courage de première force. C’était une attaque sémultanée et soudaine contre tous les postes que les Anglais occupaient autour des tribus, aux deux extrémités du lac Ontario, au midi et à l'occident de PErie, autour du Michigan, sur l’Ohio, POuabache et l'Illinois. On tenait sur cette immence étendué Frontenac, Pittsburg, Buffalo, Niagara, Sandoske le Détroit, Michillime akinac &c. La plupart de ces ostes étaient des entrepôts de commerce plutôt que des: Mers og mais ils étaient encore formidables contre des Sauvages. is commandaient les grandes avenues, aux eaux du nord et de l’ouest. Ponthiac, instruit qu’il était de la géographie de ces régions, comprit que leur conquête Jui ouvrirait tous les passages. Le drapeau britannique devait être abbattu au même instant, et pour assurer l’ensemble nécessaire, le Sachem ne se prépara qu’en secret. Ilouvrit d’abord son plan aux Outaouais et le developpa avec toute l’éloquence sauvage. Il fit jouer le ressort de l’ambition et de la crainte,—de l’espoir et de la cuyidité, et rappela le souvenir des Français. Des Outaouais lardeur se communiqua aux autres. peuples, qui se réunirent dans un grand Conseil. Ponthiac y pénétra dans tous les replis de leur caractére, et il les fixa tous en démêlant leurs intérêts divers,—en donnant surtout son projet comme inspiré à un Chef Lenni- Lénape. Chipeouais, Vendats, Poutéouatamis, Sakis, : Ménomènes, Lenni-Lènapes, Mississaguès, Outuouais, Chaouanis et Miamis marchèrent sous un même drapeau. —les plumes attachées à la chevelure de Ponthiac ! L’alliance des Cantons Iroquois acheva le chef-d'œuvre de la politique sauvage, qui combina ce gigantesque plan de fédération et d’ attaque embrassant tout jusques à la rivière Potomac. L’œuvre de ia destruction commença èn même temps sur tous les points, et de onze, postes, neuf succombéèrent, entre autres Presquile et Milchillimakimae. La Pensylvanie, la Virginie, la Nouvelle-York firent cruellement saccagées. Le terrible Chef mit le siège devant le Détroit, où le major Gladwin commandait 300 soldats, le. 10 Mai 1764, et. logea ses guerriers. dans les faubourgs. Gladwin, innacoutumé à Ja , :guerre.

des sauvages et craignant un assaut, vonlait se retirer à Niagara et n’en fut empêché que par les Canadiens. Cependant Sir B. Devers fut battu en voulant secourir la place. Une flotille parut ensuite à la vue du fort. La garnison monta aussitôt sur les bastions et l’on entendit en même temps le sassakoue’ ou cri de guerre des Outaouais. Ponthiac s’était allé poster à la Pointe Pelée. Trente bâteaux chargés de troupes furent attaqués et pris à la vue du fort. Les guerriers remontèrent la rivière en triomphe, contraignant les Anglais de ramer, et passèrent devant la place. La garnison fut plus heureuse au mois de juin. Un vaisseau de guerre ayant paru devant le fort, Ponthiac arma ses canots et crut le prendre à l’abordage ; mais le capitaine, qui avait fait cacher les soldats à fond de cale, les envoya tout-à-coup sur le pont et jeta d’une seule décharge, les assaillans sur le carreau. Le Sachem, surpris, n’abandonna pas cependant encore l’espoir du triomphe. Il fit faire des radeaux avec des débris de maisons, et les chargea de matières combustibles en guise de brulôts; mais ses guerriers ne comprirent rien à cette nouvelle invention, qui n’eut pas d'effet, et le Détroit fut ravitaillé et secouru. Le 22 juin, 300 hommes arrivèrent et on se résolut à une attaque générale sur le campement de Ponthiac. Celui-ci mit en sûreté les femmes et les enfans, et dressa deux ambuscades. Il laissa les Anglais s’avancer jusques au pont qui a retenu le nom de Bloody Bridge ; mais la petite armée n’y fut pas plus tôt arrivée, qu’elle se vit assaillie par un feu bien nourri et masqué. Le commandant tomba frappé à mort et les troupes, furent mises en désordre : elles se rallièrent, et toutes les ambuscades furent balayées à la bayonnette. Ponthiac revint néamoins à la charge et les Anglais rentrèrent avec une perte énorme de cent-dix hommes tués ou blessés. Il resta sous les murs du Détroit jusqre au 18 août, mais le vieux général Bradstrect marchait à la tête de 3000 hommes, le brigadier Bouquet remportait une victoire et 600 hommes venaient du Canada. Ponthiac retraita furieux et en combattant avec le major Wilkins, jusque aux Illinois. Il conserva dans son alliance les Miamis et les Mascoutins, et demeura redoutable. Le major Loftus envoyé, pour le soumettre, fut Pere le leutenent

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