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Frazer fut réduit en captivité avec le détachement qu’il conduisait, La douceur réussit mieux ; le gouvernement,
dans la vue de ce l’attacher, lui fit 1 une pension considérable, tout en continuant à le craindre, comme les Romains avaient craint. Annibal. Le major Rogers lui envoya un jour de de l’eau de vie. Quelques guerriers, qui l’entouraient, frémirent à la vue de cette liqueur, qu’ils croyaient empoisonnée, et voulurent le dissuader d’en boire :—“ Non, leur dit Ponthiac, celui qui recherche mon amitié ne peut songer à m'ôter la vie!? et.il prit la boisson avec l’intrépidité, d'Alexandre prenant la
potion de son médecin Philippe. Il finit en 1767, prés. de St. Louis, où1il fut assassiné par un Péoria, corrompu par un Anglais. Le commandant de St. Louis, Lacléde, l’enterra dan le fort avec les honneurs militaires, et ses ‘ guerriers lui firent un terrible holocauste en exterminant presque toutes les tribus des Illinois. Le biographe Thatcher dit qu’il est probable que son influeace et son génie furent sans. précédent dans l’histoire de sa race. L'histoire, ajoute-t-1l,—loin d’ajouter à l’idée, que s’en forment les tribus du Nord, le réduit à. nos yeux à ses justes proportions ; mais la tradition le mesure aux Hercules de la Gréce. (*). Cet incompréhensible. Sauvage chercha à mettre ses sujets en état de manufacturer les draps et les étoffes comme les Anglais, et offrit au major Rogers une partie de son territoire, s’il voulait entretenir AE ANEs Outaouais dans les manufactures d'Angleterre. Il étudia la tactiqne de nos troupes, et en raisonnait avec une sagacité peu audessous de la science. Ce qui est plus étonnant encore, il établit. une sorte de banque à sa façon. Elle donnait des billets de crédit qui portaient l’image de ce qu’il voulait qu’on lui donnât, et son sceau, qui était la figure d’une. loutre. En s’emparant du Détroit, il voulait en faire le siége de sa domination, qui aurait sans doute été redoutable aux nouveaux possesseurs du Canada. L'auteur qui a parlé: le plus au long de Ponthiac est M, Francis Parkman dans La Conspiration de Ponthiac.… Il cite EPS on cr
(3 Et M. Thatcher aurait dû ajouter que la mythologie! a: beaucoup exagéré la puissance des héros,
the Savages of America, a Tragedy, London, Printed for the author, and soid by S. Millan opposite the admiralty, Whitehall 1766, piècew’il attribue à Rogers lui-même.
Potherie ( Leneuf Bacqueville et Le Roy de la) tous trois seigneurs en Canada.—Jacques Leneuf de La Potherie gouverneur des Trois-Rivières et Lieutenant de M. de Mesy, fut commandant-général du pays à sa mort, jusque à l’arrivée du marquis de Tracy et de M. de Courcelle, et eut de grandes difficultés avec le Conseil Supé: rieur, qui voulut ne le regarder que comme comma ndant des troupes et non comme gouverneur ad-interim.— Bacqueville de la Potherie, né oux Antilles, est bien connu comme historien de la Nouvelie-France.—Le Roy de La Potherie, Commissaire Ordonnateur à Montréal, se distingua comme administrateur par deux Mémoires au ministre de la Marine au sujet du gouvernement et de l’industrie.
Power (Michel) premier évêque de Toronto, né à Halifax en 1803, fit ses études classiques à Montréal , et ses études théologiques au Séminaire de Québec. Ordonné prêtre au mois d'août 1827, il fut employé successivement à Drummondville, à la Petite Nation et à La Prairie, où il fut créé chanoine honoraire et Grand-Vicaire par Mgr. Bourget. La partie la plus à l’ouest du Canada Supérieur qui avait fait partie du diocèse de Kingston, ayant été érigée en évêché par Grégoire XVI le 17 Décembre 1811, Michel Power fut nommé premier évêque du nouveau diocèse avec le pouvoir d’en désigner les limites, de fixer son siége dans le lieu qui lui paraîtrait le plus convenable, et de prendre son titre de la ville où il s’établirait. Ce prélat fut sacré le 8 Mai 1842, et marqua le même jour les limites du nouveau diocèse, qui comprend toute cette partie du Haut-Canada située à l’ouest du District de Newcastle et au nord-ouest des lacs et riviè-
res connus sous le nom de Moon et Muskogo. Il prit aussi le même jour son titre de la ville de Toronto où il fixa son siège, [dont il prit possession le 26 juin de la mêmé année,| avant de quitter La Prairie, où il fut sacré, et Montréal, où il bénit la première pierre du monastère de la Providence. Le 15 Septembre, Sir Charles Bagot .fit, au nom de la Reine, et eñ vertu d’une dépêche du ‘ministre des Colonies, la reconnaissance civile du nouvel
évêque. Le 20 du même mois, le souverain pontife confirma tout ce qui avait été fait par ce prélat pour l’établissement du nouveau diocèse &t reconnut son titre d’évêque de Toronto. Monseigneur Power régia son dioeèse dans un synode : il construisit une cathédrale et un palais épiscopal, et appela à lui les Jésuites, qui Paidèrent puissamment. Après avoir fait un voyage en Europe dans l’intérêt de son église, l’actif et zélé pontife succomba, victime de son dévouement auprès des pestiférés Irlandais, le 1er Octobre 1847.
Pressard (Colomban Sébastien) dixième Supérieur du Séminaire des Missions Etrangères à Québec et Grand- Vicaire, était de la famille d’un Conseiller au Conseil Supérieur, et se rendit lui-même habile dans la jurisprudence. Né en 1713, il vint en Canada en 1741 avec quatre autres prêtres, entre autres, Jean Olivier Briand, et fut élu Supérieur après François Sorbier de Villars. Lord Dorchester l’associa à Cugnet pour la rédaction d’un code de lois qu’il voulait que l’Angleterre sanctionnât pour cette Colonie en 1773. Il mourut à l’'Hôpital-Général le 27 Octobre 1777. M. Gravé de La Rive lui succéda dans la supériorité.—Voyez Cugnet.
Prevost (Sir Austin) né en Suisse, d’abord Major dans l’armée conquérante du Canada puis membre du Conseil Supérieur, devint ensuite général et chevalier, s’immortalisa par ses conquêtes dans le Sud et sa défense de Savannah contre les 8000 Américains du général Lincoln et la flotte de vingt vaisseaux de ligne de l’amiral comte D’Estaing, soutenue par 3000 soldats français de débarquement.
II (Sir George) fils du. précédent, Lieutenant-Général et Baronet, habile capitaine et gouvernant aimable, né à New-York le 19 Janvier 1767, épousa le 19 mai 1789, Catherine, fille de John Phipps, Ecuier. Il défenditavec succés la Dominique contre l’amiral Missiessy, et conquit la Martinique et la Guadeloupe sur Napoléon. Sa récompense fut le titre de Baronet, en 1805, puis la lieutenance de la Nouvelle-Ecosse. A l’approche de la guerre. avec les Etats-Unis, en 1811, il remplaça l’odieux Sir, James Craig, sous lequel les Canadiens auraient refusé de marcher à la défense du pays, et qui ne songeait qu’à
se renfermer dans Québec. Il en fut bien autrement avec Prevost. Ce général, qui trouva le pays divisé en deux factions au dedans avec une guerre imminente au dehors, gagna de suite les cœurs des Canadiens. Il n’avait point de troupes, les légions britanniques étaient occupées sous Wellington. Il crut les Canadiens capables de défendre leur pays, et les Canadiens se rangèrent avec dévouement sous ses drapeaux et sous la conduite des mêmes hommes qui avaient paru des traîtres à son prédécesseur. Son Parlement lautorisa à incorporer et à mettre sur pied, en cas d’invasion, toute la milice canadienne, et ainsi, la Législature fit ce que n'avait pu faire Carleton lui-même ,—de tous les Canadiens autant de soldats. Elle fit plus....elle autorisa le général à émettre des billets d'armée au montant de £250,000 pour subvenir aux frais de la guerre, et les déclara monnaie courante et légale. Dans ses attaques de Sackett’s Harbour et de Plattsburg, où il marcha avec une armée de 14,000 hommes, Sir George Prevost se montra pour l’offensive capitaine indécis et inepte,—tout-à-fait incapable en un mot dans cette ligne. Mais l’organisation et la physionomie des divers corps canadiens qu’il créa, —Voltigeurs, Guides &c. et la manière dont il échellona ces troupes pour prévenir ou repousser à deux reprises l'invasion des armées américaines, prêtes à percer de trois côtés à la fois, le mettent au premier rang comme organisateur et général propre à la défensive. Il avait certainement une spécialité précieuse en ce genre. Bien différent des Braddock et des Dieskau, on doit le regarder comme le capitainefqui a le mieux compris le système de guerre que suggère la nature du terrain en Amérique. Organiser, savoir occuper le terrain n’étaient pas encore des gages suffisans de succès ; il fallait souffler dans les cœurs de soldats improvisés le feu de la guerre, ou ranimer du moins l’ancienne ardeur martiale des Canadiens. Personne ne s’y montra plus propre que Sir George Prévost, dont les ordres-généraux sont des modèles après ceux de Bonaparte et de l’archiduc Charles. En un mot, le concours inoui de tout un peuple d’origine française avec lui pour une défense qui eut un aussi étonnant succès, est une époque grande et mémorable dans notre histoire et dans l’histoire militaire. Si donc Sir James Lucas Yeo,
son lieutenant à la tête des forces navales, (*) l’accusa plausiblement de la perte de la flotille du lac Charnplain et le fit rappeler pour aller se disculper en Angleterre, il semble qu’il y avait des raisons d’état assez puissantes pour la Grande-Bretagne de sursecir à l'examen de l’accusation, et pour ne pas arracher à un peuple qui venait de bien mériter d’elle, un gouverneur chéri, auquel Bourdages proposa même de voter une statue équestre. Mais le danger était à peine passé, que lord Bathurst recommença à maltraiter les Canadiens. Le Parlement, le Clergé et les citoyens s’adressèrent à l’envi au prince régent pour faire la louange du bien-aimé gouverneur qu’on nous ravissait et pour affaiblir le poids des accusations portées contre lui. (f) Mais Prevost avait régné dans les cœurs de tout un peuple ;—il avait défendu victorieusement ses foyers et s’était attendu à vivre en conséquence dans la postérité. Le passage trop soudain des espérances de gloire aux appréhensions de la flétrissure que pouvaient lui infliger ses ennemis, le mit au tombeau avant que la Cour Martiale ne se fût assemblée. Les lieutenans et les vieux soldats de Wellington, qu’il conduisit à la défaite, mettant en contraste leur honte avec les gloires des jeunes miliciens Canadiens, s’exclamaient unanimement contre lui, et plusieurs avaient brisé leurs armes d’indignation dans la retraite de Plattsburg. Il était donc probable qu’en Angleterre, l’opinion lui serait contraire. Il est cependant digne de remarque que le jugement de Wellington ne lui était point défavorable, si même il n’était pas en sa faveur. Quoi qu’il en soit, cette mort sera toujours un évènement tragique aux yeux des Canadiens ; mais ils apprendront avec joie qu’elle désarma ses accusateurs et que la mémoire de l’illustre soldat qui leur était cher ne fut point flétrie. Au contraire, le prince régent honora ses services en accordant,
(*) Le Gouverneur-Général joint à la qualité de Capitaine-Gé. néral celle de Vice-Amiral.
(t) Sir George Prevost reconnut à Plessis non-seulement laqualité de Surintendant de l'Eglise Catholique Romaine, mais aussi celle d’Evéque Catholique de Québec...