MAC
génie politique pour s'assurer la victoire électorale ; il sait si bien tourner à son avantage les événements en apparence les plus défavorables, qu'on s’est habitué à ne voir en lui qu’un Canadien dont le pays a droit de s'enorgueillir. S'il n’est pas Canadien, se dit-on, il devrait l'être, et il l’est en effet, au point qu’on ne se souvient plus de «on origine étrangère. Il n’y a pas moins de cinquante-cinq ans que M. Macdonald porte le titre d'avocat et de quarante-quatre qu’il joue un rôle marquant dans la politique canadienne. Déjà en 1847, il était membre du Conseil exécutif des Canadas-Unis, dans l’administration de Morin ; en 18654, il est entré dans le cabinet MacNab et depuis il a figuré à la première place de toutes les administrations tories, La liste desemplois supérieurs qu’il a occupés pendant quarante-quatre ans est intéressante à lire. Procureur général du 21 mai au 7 décembre 1847 ; commissaire des terres de la couronne, du 7 décembre 1847 au 10 mars 1848 ; procureur général du Haut-Canada, du 11 septembre 1854 au 29 juillet 1858, avec le rang de premier ministre ; procureur général du 7 août 1858 au mois de mai 1862 ; procureur général du 30 mars 1864 à l’organisation de la Confédération en 1867 ; premier ministre de la confédération et ministre de la justice, du ler juillet 1867 au 6 novembre 1873 ; ministre de l’intérieur, et chef du cabinet, du mois d'octobre 1878 jusqu’à nos jours, période pendant laquelle il a changé plusieurs fois de portefeuilles, Entre temps, M. Macdonald a eu les portefeuilles de la milice, des terres publiques et des chemins de fer. De sorte qu'on peut dire qu’il a touché à tous les détails de l'administration publique dans le cours de ces différents ministères, dont la durée totale est exactement de trente années, Trente ans de service administratif ! M. Macdonald a pris la part la plus active à l’organisation de la Confédération. C'est lui qui l’a mise au jour. Il a fait également partie de la haute commission qui, en 1871, fut envoyée par le gouvernement britannique à Washington pour régler l'affaire de l’Alabama et diverses autres questions pendantes entre les deux gouvernements. C'était sous l’administration du président Grant, l’aimable M. Hamilton Fisk était le secrétaire d'Etat, Les collègues britanniques de M. Macdonald étaient le comte de Gray, aujourd’hui marquis de Ripon, sir Stafford